La tour d'environ 18 étages s'est effondrée vendredi à l'heure du déjeuner alors que des commerces occupaient illégalement son rez-de-chaussée. Pendant que les secours creusent les décombres, le Kenya affronte un nouveau réquisitoire contre des tours qui montent plus vite que ses inspections.
Publié le 23 octobre 2026 · 19:47 GMT
La tour d'environ 18 étages s'est effondrée vendredi à l'heure du déjeuner alors que des commerces occupaient illégalement son rez-de-chaussée. Pendant que les secours creusent les décombres, le Kenya affronte un nouveau réquisitoire contre des tours qui montent plus vite que ses inspections. Un immeuble en construction — d'environ 18 étages selon les médias locaux — s'est effondré vers 13h00 heure locale (10h00 GMT) le vendredi 23 octobre 2026, avenue Yusuf Haji à Eastleigh, Nairobi, ne laissant qu'un amas de béton et d'acier.
Le vendredi 23 octobre 2026, vers 13h00 heure locale, un immeuble en construction s'est effondré à Eastleigh, Nairobi ; les opérations de secours sont en cours ; le rez-de-chaussée était occupé par des commerces alors que l'immeuble ne disposait d'aucun certificat d'occupation.
La hauteur exacte du bâtiment (environ 18 étages selon les médias locaux ; plus de 10 étages supérieurs en construction selon le chef de la police) ; le nombre exact de personnes coincées ; la question de savoir si des alertes sur des fissures avaient été formellement signalées.
Le bilan définitif ; la cause structurelle de l'effondrement ; qui a autorisé ou toléré l'occupation du rez-de-chaussée ; la durée des recherches.
Vers 13h00 heure locale, vendredi 23 octobre 2026 — 10h00 GMT —, un immeuble en construction s'est effondré avenue Yusuf Haji, 9e Rue, à Eastleigh, l'un des quartiers commerciaux les plus fréquentés de Nairobi. La structure, d'environ 18 étages selon les médias locaux, s'est abattue dans un immense nuage de poussière que des vidéos diffusées en ligne montrent en train d'engloutir la rue.
Les journalistes de l'Agence France-Presse arrivés sur les lieux ont trouvé l'immeuble réduit à un tas de gravats, ses étages empilés les uns sur les autres comme des crêpes. La Croix-Rouge kényane a annoncé l'envoi de ses équipes et demandé au public de rester à l'écart. Le site, enserré par des immeubles voisins, a compliqué dès la première heure l'accès des engins lourds.
Eastleigh est connue pour ses marchés bondés et comme plaque tournante de la communauté somalienne. L'effondrement s'est produit à l'heure du déjeuner, au moment où de nombreux ouvriers étaient à la prière du vendredi — un détail qui, selon les habitants, a pu limiter le nombre de personnes à l'intérieur.
Les secours ont travaillé toute la soirée de vendredi. Le chef de la police de Nairobi, Issa Mohamud, a déclaré que plus de 10 étages supérieurs étaient encore en construction au moment de l'effondrement, tandis que le rez-de-chaussée abritait un magasin d'électronique, une boucherie et une épicerie — illégalement. Une femme blessée a d'abord été extraite ; un second blessé a ensuite été transporté à l'hôpital Kenyatta, et la Croix-Rouge a confirmé que 26 disparus avaient été retrouvés.
Le chef de la police a aussi indiqué qu'une personne qui appelait au secours sous les décombres s'était tue, et a mis en garde contre un possible second effondrement, les gravats penchant contre un immeuble voisin. Un bureau de recherche a été installé sur place pour les familles, et la Croix-Rouge a invité quiconque cherche des informations à appeler sa ligne gratuite, le 1199.
Les engins lourds ont tardé à arriver. Des heures après l'effondrement, des secouristes casqués sondaient l'amas de béton armé avec des perches taillées dans des arbres ; en soirée, excavatrices et pelles mécaniques étaient à l'œuvre aux côtés de chiens renifleurs, avec le bataillon de secours de l'armée, la police, la Croix-Rouge et le comté. Plus tôt, la police avait tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule — et stopper les pillages — afin de laisser passer les ambulances.
Joseph Kaula, plâtrier travaillant au cinquième étage, a raconté à l'Associated Press qu'il avait été le dernier à sortir avant la chute de l'immeuble. « Toute la zone était remplie de poussière », a-t-il dit. Le gouverneur Johnson Sakaja, sur place : « Notre priorité, c'est de sauver des vies. »
Aucun bilan officiel des décès n'a été publié. Le gouverneur Sakaja a évoqué la possibilité qu'« une ou deux » personnes aient perdu la vie, tout en précisant qu'on en saurait davantage au fil des recherches. Le nombre de personnes encore coincées sous les décombres reste non confirmé.
La cause de l'effondrement est inconnue. Une équipe multi-agences — police, Autorité nationale de la construction, Inspection nationale du bâtiment, Ordre des ingénieurs, autorité environnementale et comté de Nairobi — enquêtera, mais aucune conclusion n'a été rendue.
On ignore aussi qui a permis l'occupation du rez-de-chaussée, et si des alertes avaient été formellement déposées. John Ogallo, de l'Institution des ingénieurs du Kenya, a évoqué des fissures préalables — sans qu'on sache si une autorité y a donné suite. La police affirme que toute personne reconnue négligente répondra devant la loi.
Nairobi vit un boom de la construction, et Eastleigh — avec ses marchés denses et sa demande insatiable d'espace commercial — est l'un des quartiers qui montent le plus vite. Mais les tours montent plus vite que les inspections. Entre 2009 et 2019, le Kenya a enregistré 86 effondrements ayant fait environ 200 morts, selon un rapport de l'Institut kényan de recherche et d'analyse des politiques publiques cité par l'AFP. L'Inspection nationale du bâtiment a par ailleurs constaté que 87 % des bâtiments audités l'an dernier ne respectaient pas les normes ou manquaient d'autorisations.
Les agents chargés des permis sont accusés de bâcler les inspections, rapporte l'Associated Press — ce qui fait de chaque effondrement un événement politique autant qu'humain. « Tout le monde se précipite pour construire dans ce quartier », confie à l'AFP Abdi Aziz, 25 ans.
La catastrophe survient aussi quelques jours après un accident de démolition avenue Moi qui a blessé quatre ouvriers. Pour une ville qui se présente comme la capitale économique de l'Afrique de l'Est, les gravats d'Eastleigh sont aussi une blessure d'image — de la crise qui a frappé une autre capitale africaine cette semaine à la diplomatie africaine à New York. Ailleurs en Afrique, les villes en pleine croissance affrontent la même tension entre construire vite et construire sûr.
La révélation de Sakaja était réglementaire : l'immeuble avait un permis de construire mais aucun certificat d'occupation — le document attestant qu'un bâtiment est apte à être utilisé. Les commerces du rez-de-chaussée étaient donc illégaux. « Cela a potentiellement coûté des vies », a-t-il dit, réclamant des pouvoirs renforcés et qualifiant les sanctions de « tape sur les doigts ».
Cette question est désormais au cœur de l'enquête. Dans le système kényan, les gouvernements de comté évaluent les plans architecturaux et structurels, l'Autorité nationale de la construction enregistre les projets, et le Code national du bâtiment 2024 — publié par l'avis juridique n° 47 — fixe les normes de conception, de matériaux, de sécurité, d'inspection et de démolition. Comme l'a noté le média kényan Pulse, l'autorisation n'est que le début : les règles existent sur le papier, et l'effondrement suggère qu'elles ont cessé d'être appliquées quelque part entre la planche à dessin et le rez-de-chaussée.
Les ingénieurs présents sur place ont pointé des défaillances professionnelles plus profondes. Bibiye Mahmoud, président de l'Institution de technologie de l'ingénierie du Kenya, a déclaré à l'AFP que la plupart des entrepreneurs ne s'assurent pas que les travaux sont suivis par des professionnels : « C'est pour cela que nous voyons ces catastrophes... Il n'y a aucune responsabilité. » Que le promoteur ait rogné sur les matériaux, la supervision ou la conception — ou qu'il ait simplement semé les inspecteurs —, l'enquête doit désormais l'établir.
L'économie de l'effondrement compte autant que son ingénierie. À Eastleigh, l'espace commercial se paie cher, et chaque mois où une tour reste vide est un mois de loyers perdus — une pression qui aide à comprendre pourquoi des boutiques fonctionnaient dans une structure dont les étages supérieurs étaient encore en train d'être coulés. Si l'enquête établit que le promoteur a sciemment occupé un bâtiment non certifié, les responsabilités remonteront du promoteur jusqu'aux agents du comté qui ont validé les plans sans jamais revenir vérifier.
Avec 87 % des bâtiments audités en infraction, la réponse honnête est : personne ne le sait, et c'est là le scandale. L'appel de Sakaja à des pouvoirs d'exécution renforcés sera désormais testé face au lobby du bâtiment et à la machine à recettes du comté. Assureurs, prêteurs et investisseurs de la diaspora intégreront une nouvelle prime de risque si c'est la négligence — et non le malheur — qui est retrouvée au fond des gravats.
Moins d'une semaine après l'accident de démolition de l'avenue Moi, une seconde catastrophe du bâtiment offre des munitions fraîches aux détracteurs du gouverneur — et donne aux réformateurs une rare fenêtre où l'application des normes, pour une fois, a le public derrière elle.
Les recherches devraient se poursuivre vendredi soir et samedi, la Croix-Rouge, l'armée et le comté travaillant par roulement. Le bureau de recherche sur place et la ligne gratuite 1199 restent les deux canaux pour les familles.
L'enquête multi-agences déterminera la cause structurelle et la chaîne des responsabilités — y compris qui a permis, ou omis d'empêcher, l'occupation du rez-de-chaussée. La police affirme que toute personne reconnue négligente répondra devant la loi ; Sakaja a promis une offensive pour des pouvoirs d'exécution renforcés et des sanctions plus lourdes.
Au-delà de ce site, la pression sera à une vague d'inspections sur les chantiers de Nairobi. Qu'elle change quelque chose se mesurera non aux conférences de presse, mais aux certificats : d'occupation, d'inspection, de responsabilité.
Les agences occidentales — Associated Press et Agence France-Presse — ont présenté l’effondrement comme le dernier chapitre de la crise chronique de la sécurité du bâtiment au Kenya : une tour autorisée à être construite mais exploitée sans certificat d’occupation. Le récit s’est attardé sur le déficit d’application — la « tape sur les doigts » de Sakaja, les 86 effondrements entre 2009 et 2019 — et sur les secours : perches d’arbres, gaz lacrymogènes, un immeuble penché sur son voisin. Un cadrage pour lecteurs lointains : une capitale où les gratte-ciel devancent le code.
Les médias asiatiques ont repris l'histoire via les mêmes agences, avec leurs propres angoisses d'urbanisation en toile de fond. Le récit de The Hindu, construit sur du matériau AFP, a insisté sur la texture humaine — l'habitant qui note que la prière du vendredi a peut-être sauvé des vies — tandis que la couverture coréenne reprenait la dépêche AP : une femme extraite, une voix éteinte. Pour les lecteurs de Séoul, Delhi et au-delà, l'effondrement d'Eastleigh se lit comme une parabole familère : le boom de la construction à la fois moteur économique et tragédie récurrente.
Le tableau le plus complet est venu de Nairobi même et de Doha. Al Jazeera a assemblé le briefing du chef de la police, l’aveu du gouverneur sur le certificat manquant, et la tente des familles où les téléphones qui sonnaient l’après-midi étaient muets le soir. Les médias kényans — Eastleigh Voice, People Daily, Pulse, Nairobi News, Tuko — ont fourni les mises à jour : deux blessés à l’hôpital Kenyatta, 26 disparus retrouvés, les permis passés au crible.
Un immeuble en construction — d'environ 18 étages — s'est effondré vers 13h00 heure locale avenue Yusuf Haji à Eastleigh, Nairobi. Le bâtiment s'est affaissé en un amas de béton et d'acier tandis que secouristes, police, équipes de la Croix-Rouge et soldats convergeaient vers les lieux. L'effondrement s'est produit dans une rue commerçante bondée, mais de nombreux ouvriers étaient à la prière du vendredi, ce qui, selon les habitants, a pu limiter les victimes.
Une femme blessée a d'abord été extraite des décombres ; deux blessés ont ensuite été transportés à l'hôpital national Kenyatta. La Croix-Rouge kényane a indiqué que 26 personnes portées disparues avaient été retrouvées. Le gouverneur Johnson Sakaja a évoqué la possibilité qu'« une ou deux » personnes aient perdu la vie. Le nombre final de personnes encore coincées n'était pas confirmé, les recherches se poursuivant ce week-end.
Ils n'auraient pas dû. Le gouverneur Sakaja a déclaré que l'immeuble disposait d'un permis de construire mais d'aucun certificat d'occupation, rendant illégaux le magasin d'électronique, la boucherie et l'épicerie du rez-de-chaussée. Qui les a laissés s'installer — et si des inspecteurs sont jamais venus — est désormais au cœur de l'enquête multi-agences. Sakaja a qualifié les sanctions existantes de « tape sur les doigts » et réclame des pouvoirs renforcés.
Les recherches se poursuivent ce week-end, avec un bureau de recherche sur place et la ligne gratuite 1199 de la Croix-Rouge pour les familles. Une équipe multi-agences enquêtera sur la cause structurelle et la chaîne des responsabilités ; la police affirme que toute personne reconnue négligente répondra devant la loi. Sakaja a promis une offensive pour des pouvoirs d'exécution renforcés et des sanctions plus lourdes contre les promoteurs en infraction.