Le directeur du renseignement national Jay Clayton a indiqué au secrétaire d'État Marco Rubio, dans un mémorandum du 23 octobre, que l'Iran avait considérablement accru ses efforts visant le personnel américain. Washington a ordonné le départ de personnel d'Arabie saoudite et réduit des missions dans tout le Golfe — mais le mémorandum ne nomme ni cible, ni pays hors du Moyen-Orient, ni échéance.
Publié le 24 octobre 2026 · 16:01 GMT
Le directeur du renseignement national Jay Clayton a indiqué au secrétaire d'État Marco Rubio, dans un mémorandum du 23 octobre, que l'Iran avait considérablement accru ses efforts visant le personnel américain. Washington a ordonné le départ de personnel d'Arabie saoudite et réduit des missions dans tout le Golfe — mais le mémorandum ne nomme ni cible, ni pays hors du Moyen-Orient, ni échéance. Un mémorandum d'une page, non classifié, daté du 23 octobre, du directeur du renseignement national Jay Clayton au secrétaire d'État Marco Rubio, avertit que les complots meurtriers iraniens contre des Américains ont atteint des stades avancés.
Un mémorandum d'une page, non classifié, daté du 23 octobre, du directeur du renseignement national Jay Clayton au secrétaire d'État Marco Rubio, adressé en copie au directeur de la CIA John Ratcliffe, affirme que l'Iran a considérablement accru ses efforts visant le personnel américain et que des complots meurtriers ont atteint des stades avancés au Moyen-Orient et dans certains autres pays ; le mémorandum a été révélé par Axios et son authenticité a été confirmée par un responsable américain.
Si l'avertissement reflète des complots imminents et opérationnels ou un tableau de menace plus large diffusé par précaution et par dissuasion. Les responsables américains cités dans les comptes rendus divergent sur la capacité de l'Iran à agir, et le mémorandum lui-même ne nomme ni cible, ni pays hors du Moyen-Orient, ni méthode, ni échéance, de sorte que le même document autorise une lecture maximale comme une lecture prudente.
Ce que montrent réellement les renseignements sous-jacents, si un complot précis existe et qui il vise, dans quelle mesure la décision sur les effectifs s'explique par l'avertissement sur les complots plutôt que par la campagne des Houthis, si l'Iran répondra au mémorandum lui-même, et si une nouvelle campagne américano-israélienne suivra les élections de mi-mandat.
Les services de renseignement américains ont averti que les efforts iraniens visant le personnel américain à l'étranger avaient atteint un stade avancé, ce qui a poussé Washington à réduire sa présence diplomatique au Moyen-Orient. L'avertissement figure dans un mémorandum d'une page, non classifié, daté du 23 octobre, adressé par le directeur du renseignement national, Jay Clayton, au secrétaire d'État Marco Rubio, qui occupe aussi la fonction de conseiller à la sécurité nationale, avec copie au directeur de la CIA, John Ratcliffe. Axios a révélé le document en premier, puis un responsable américain en a confirmé l'authenticité au New York Times au nom de l'administration, tandis que CNN s'en est procuré sa propre copie et a indiqué que son contenu correspondait largement à l'évaluation de la communauté du renseignement.
Le langage de Clayton était inhabituellement direct pour un document non classifié. « Par divers canaux, nous avons reçu des renseignements selon lesquels l'Iran a considérablement accru ses efforts visant le personnel américain », a-t-il écrit. « Les complots meurtriers des Iraniens contre des citoyens américains ont atteint des stades avancés, tant au Moyen-Orient que dans certains autres pays. » L'objet du mémorandum décrivait la question comme des complots meurtriers contre des Américains au Moyen-Orient et dans certains autres pays, et Clayton a proposé de briefer Rubio et de déclasser autant que possible les renseignements afin qu'ils puissent être partagés plus largement au sein du département d'État.
Vendredi, le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis « pourraient lancer un autre petit Epic Fury », reprenant le nom de code de la guerre américano-israélienne contre l'Iran commencée fin février, tandis que l'avertissement d'un émissaire selon lequel l'Amérique pourrait frapper l'Iran « ce week-end » maintenait la question de nouvelles frappes à la une.
Le document lui-même est bref, et ses limites comptent autant que son avertissement. Il affirme que l'Iran a considérablement accru ses efforts visant le personnel américain et que des complots meurtriers ont atteint des stades avancés au Moyen-Orient et dans certains autres pays. Il ne nomme aucune cible précise, il n'identifie pas les pays hors du Moyen-Orient, il ne décrit pas la nature des complots, et il n'affirme pas qu'une attaque est imminente. Quiconque lit le seul mémorandum ne peut dire qui serait censé être en danger, où hors de la région, ni par quels moyens.
Clayton a aussi expliqué pourquoi il écrivait à Rubio sous cette forme. Il a indiqué que certains renseignements sur les efforts iraniens visant des responsables américains étaient pertinents pour davantage de personnes que celles actuellement autorisées à les recevoir, que ces éléments avaient déjà été transmis aux cadres dûment habilités de l'équipe de Rubio, et que son bureau ferait tout son possible pour déclasser autant de renseignements que possible afin que Rubio puisse les partager avec le personnel du département d'État à sa discrétion. Le mémorandum était donc autant une décision de diffusion qu'une alarme : selon Clayton, le cercle des personnes autorisées à voir les éléments sous-jacents était trop restreint au regard du risque décrit.
Les comptes rendus autour du mémorandum ajoutent des éléments que le document lui-même ne contient pas. Le New York Times, citant des responsables américains, a rapporté que des menaces contre des responsables américains, y compris des ambassadeurs, avaient été évaluées ces dernières semaines, que l'Iran avait repéré des cibles potentielles en Europe, et que certains renseignements indiquaient que des agents iraniens étaient déjà actifs aux États-Unis. Le même journal a rapporté un contrepoids : un autre responsable a relativisé la capacité de l'Iran à mener des attaques aux États-Unis et ailleurs, estimant que Téhéran n'avait pas les moyens de concrétiser toutes ses ambitions. Le Times a aussi indiqué que la menace contre les Américains au Moyen-Orient était évaluée à son plus haut niveau depuis le début de la guerre contre l'Iran.
L'inconnue la plus importante est aussi la plus élémentaire : les renseignements sous-jacents n'ont pas été rendus publics. Aucune preuve, aucune cible nommée, aucun plan intercepté, aucun suspect arrêté n'a été présenté en lien avec ce mémorandum. Le public sait que les services américains estiment que les complots iraniens ont progressé ; il ne sait pas ce qu'ils ont vu, comment ils l'ont vu, ni avec quelle confiance ils tiennent chaque élément. Tant que ces éléments ne seront pas partagés, même sous une forme déclassée, l'affirmation restera une évaluation d'un gouvernement sur un autre, et non un fait établi au grand jour.
L'Iran n'a pas réagi à la nouvelle du mémorandum lui-même. Ce silence laisse ouverte la question centrale de l'intention : Téhéran dirige-t-il réellement de nouvelles opérations meurtrières, les analystes américains lisent-ils des plans de contingence iraniens comme des complots imminents, ou l'avertissement reflète-t-il un mélange de signalements de menace réels et de signaux de précaution avant une éventuelle nouvelle campagne militaire ? Les responsables iraniens ont toutefois menacé à plusieurs reprises de représailles en cas de nouvelles attaques américano-israéliennes, et les Gardiens de la révolution ont déclaré mercredi que Téhéran adopterait une nouvelle stratégie offensive, plutôt que de se limiter à des frappes de riposte, si les États-Unis renouvelaient leurs attaques.
Les décisions d'effectifs d'ambassade ne sont jamais purement administratives. Ordonner le départ des familles d'Arabie saoudite et réduire les missions dans tout le Golfe indique aux alliés, aux adversaires et aux marchés que Washington juge sérieux le risque pesant sur son propre personnel, et cela se fait en public, à travers des comptes rendus que Téhéran lira certainement. Cette publicité fait partie du propos : un avertissement qui reste classifié ne protège personne hors du cercle classifié, tandis qu'un avertissement qui émerge peut dissuader, rassurer les alliés et préparer le public à des décisions qui pourraient suivre.
Ce n'est pas la première fois que des responsables américains accusent l'Iran de comploter contre des Américains, et c'est l'histoire qui rend le nouvel avertissement à la fois crédible et contestable. En 2022, un membre des Gardiens de la révolution iraniens a été inculpé pour avoir tenté d'organiser l'assassinat de l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, en proposant selon le ministère de la Justice 300 000 dollars pour un meurtre à Washington ou dans le Maryland. En mars de cette année, un ressortissant pakistanais a été condamné par un tribunal américain pour avoir comploté l'assassinat de Trump et d'autres responsables américains sur ordre des Gardiens de la révolution. L'an dernier, la communauté américaine du renseignement a averti que l'Iran continuerait de menacer directement des personnes américaines dans le monde entier, en visant notamment des responsables qu'elle tenait pour impliqués dans l'assassinat en 2020 du commandant de la force Al-Qods, Qassem Soleimani.
Si l'alerte se fige, passant d'un ajustement d'effectifs à une posture permanente, les coûts s'étendront bien au-delà des listes d'ambassades. Les gouvernements du Golfe subiront des pressions pour durcir leurs propres installations et pour choisir, plus ouvertement qu'ils ne le souhaitent, entre leurs partenariats de sécurité américains et leur intérêt à éviter un nouveau cycle de guerre. Les assureurs et les transporteurs chiffrent déjà le risque du Golfe semaine après semaine, et tout signe que le personnel américain est visé, ou que le détroit d'Ormuz pourrait redevenir un théâtre d'affrontement, se répercute directement sur les taux de fret, les prix du pétrole et la planification de chaque entreprise ayant du personnel dans la région.
Quatre éléments diront aux lecteurs si cet avertissement était une précaution, un prélude ou un tournant. D'abord, si le département d'État élargit ou resserre ses ajustements d'effectifs, et si un nouvel ordre de départ suit celui de l'Arabie saoudite. Ensuite, si les renseignements déclassés promis par Clayton parviennent à un cercle plus large et, par les comptes rendus, au public, avec suffisamment de détails pour tester l'affirmation. Ensuite, si l'Iran répond au mémorandum lui-même, plutôt qu'à la confrontation dans son ensemble. Enfin, si la campagne des Houthis contre l'Arabie saoudite s'étend au-delà du royaume, comme le craignent les responsables américains, ou si elle s'atténue.
Le calendrier fournit ses propres repères. Les élections de mi-mandat du 3 novembre sont la date avant laquelle, selon les comptes rendus, une nouvelle campagne n'était pas attendue, et la période qui les suit est celle où une décision sur des frappes renouvelées deviendrait la plus visible. Tout mouvement militaire américain ou israélien, toute riposte iranienne contre des bases, des navires ou des câbles, et tout nouveau retrait américain d'une capitale du Golfe changeraient matériellement le tableau. Tant qu'aucun de ces repères ne bouge, le résumé honnête de cette histoire reste étroit : un avertissement sérieux, émanant d'un chef du renseignement nommé, dans un document d'une page, sur des complots dont le public n'a pas encore vu les preuves, dans une guerre qui n'est pas encore terminée.
Le regard occidental : une évaluation de menace traitée comme un document politique Vu de Washington, le mémorandum ressemble moins à une nouvelle qu'à un événement bureaucratique aux conséquences concrètes.
Le regard oriental : l'Asie de l'Ouest paie le prix en premier Vu de New Delhi et de la presse asiatique dans son ensemble, le même mémorandum se lit comme une histoire de sécurité de l'Asie de l'Ouest aux conséquences asiatiques. Le compte rendu du Hindu met en avant la campagne des Houthis contre l'Arabie saoudite, les attaques quasi quotidiennes de ce mois-ci et la frappe contre l'aéroport de Riyad, et il rappelle les retraits antérieurs avant la guerre de février et en juillet, inscrivant le nouvel avertissement dans un cycle d'escalade et de pause plutôt que le présentant comme une révélation isolée.
Le regard du Sud : la région qui vit avec l'avertissement Vu de Doha et de Riyad, l'histoire ne porte pas d'abord sur un mémorandum américain, mais sur une région qui vit déjà avec la guerre. L'explicatif d'Al Jazeera inscrit l'avertissement dans la guerre de février, la nouvelle doctrine offensive des Gardiens de la révolution et les plans détaillés de l'Iran pour frapper les câbles sous-marins du Golfe , tandis qu'Arab News, avec le regard de la capitale saoudienne, centre son récit sur les attaques des Houthis contre les infrastructures civiles saoudiennes qui ont motivé l'ordre de départ.
Le directeur du renseignement national Jay Clayton a écrit au secrétaire d'État Marco Rubio que l'Iran avait considérablement accru ses efforts visant le personnel américain et que des complots meurtriers avaient atteint des stades avancés au Moyen-Orient et dans certains autres pays. Ce mémorandum d'une page, non classifié, a été adressé en copie au directeur de la CIA John Ratcliffe et révélé par Axios.
Non. Le mémorandum ne nomme aucune cible précise, aucun pays hors du Moyen-Orient et aucune méthode, et il n'affirme pas qu'une attaque est imminente. Son avertissement porte sur le stade évalué des complots iraniens, et non sur une attaque datée ou localisée dont le public aurait vu les preuves.
Le département d'État a ordonné le départ du personnel non essentiel et de leurs familles d'Arabie saoudite, y compris Riyad, Djeddah et Dhahran, en invoquant les attaques des Houthis contre les infrastructures saoudiennes. Il a aussi réduit les effectifs, sans ordre de départ, dans les ambassades des Émirats arabes unis, du Liban, du Qatar et de Jordanie, en liant ces mesures à la fois aux attaques des Houthis et aux complots iraniens.
L'Iran n'a pas réagi à la nouvelle du mémorandum lui-même. Les responsables iraniens ont menacé à plusieurs reprises de représailles en cas de nouvelles attaques américano-israéliennes, et les Gardiens de la révolution ont déclaré que Téhéran adopterait une nouvelle stratégie offensive, plutôt que de se limiter à des frappes de riposte, si les États-Unis renouvelaient leurs attaques.