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La France se prépare à une journée de grève nationale, nouvelle épreuve pour l’autorité de Macron

Syndicats et étudiants paralysent la France jeudi 5 novembre, dans un conflit sur le coût de la vie, les services publics et l’école qui est devenu le test le plus rude des derniers mois de Macron, avec des centaines de milliers de manifestants attendus et 70 000 policiers déployés.

Le résumé

Les syndicats menés par la CGT, soutenus par les étudiants, ont appelé à une grève nationale et à des manifestations partout en France jeudi 5 novembre, pour les salaires, les retraites, les services publics et le coût de la vie. Entre 500 000 et 700 000 personnes sont attendues hors de Paris, selon les services de renseignement, dans ce qui serait l’une des plus grandes mobilisations de l’automne.

Les trois prismes

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Un policier des CRS en service à Paris pendant les manifestations lycéennes du 6 octobre 2026, quelques jours avant la grève nationale
Un policier des CRS à Paris pendant les manifestations lycéennes du 6 octobre 2026. Le même mouvement rassemble désormais syndicats, enseignants, cheminots et étudiants pour la grève nationale de jeudi. (Photo : Jules*, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons) Photo : Jules*, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
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Points clés

  • Les syndicats menés par la CGT, soutenus par les étudiants, ont appelé à une grève nationale et à des manifestations partout en France jeudi 5 novembre, pour les salaires, les retraites, les services publics et le coût de la vie. Reuters (5 Nov 2026)
  • Entre 500 000 et 700 000 personnes sont attendues hors de Paris, selon les services de renseignement, dans ce qui serait l’une des plus grandes mobilisations de l’automne. Reuters (5 Nov 2026)
  • Environ 70 000 policiers et gendarmes sont déployés, et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a promis une réponse très ferme à toute violence. TRT World (5 Nov 2026)
  • Le ministère de l’Éducation prévoit que 17,5 pour cent des enseignants du primaire public feront grève, et ceux du secondaire débrayeront aussi, perturbant les cours dans une grande partie du pays. Reuters (5 Nov 2026)
  • Le président Emmanuel Macron a réuni un conseil de défense nationale à l’Élysée mercredi pour préparer les manifestations prévues les 5 et 7 novembre. ANews (4 Nov 2026)
  • Le gouvernement peine à faire adopter un budget de rigueur par un Parlement divisé, alors que la dette publique approche 120 pour cent de la production. Reuters (5 Nov 2026)

Un pays s’arrête pendant que Paris attend le cortège

La France s’arrête jeudi 5 novembre, alors que les syndicats appellent à une grève nationale et que des cortèges remplissent les centres-villes, dans la confrontation la plus rude entre le gouvernement et un mouvement né dans les écoles et étendu au secteur public. La CGT, l’un des syndicats à l’origine de l’arrêt, est rejointe par d’autres syndicats et par des groupes étudiants, et le mouvement touche hôpitaux, écoles, chemins de fer, ports, contrôle aérien et poste, avec des enseignants du privé aux côtés du public. Les revendications portent sur les salaires et les retraites, davantage de moyens pour les services publics et un budget différent de l’État et de la sécurité sociale, et derrière elles, le grief qui porte le mouvement depuis des semaines : les ménages ne parviennent plus à suivre le coût de la vie, à une ampleur vue pour la dernière fois lors de la journée de grève de septembre.

Ce que disent les chiffres officiels et les ministères

Les chiffres des autorités sont importants. Les services de renseignement attendent entre 500 000 et 700 000 manifestants hors de Paris, tandis que le ministère de l’Intérieur déploie 70 000 policiers et gendarmes, avec le ministre Laurent Nuñez qui promet une réponse très ferme à toute violence. Le ministère de l’Éducation prévoit que 17,5 pour cent des enseignants du primaire public feront grève, et les syndicats avertissent que ceux du secondaire débrayeront aussi, perturbant les cours dans une grande partie du pays. La SNCF a prévenu de perturbations sur les lignes régionales et autour de Paris, les dockers attendent des perturbations dans les ports, et EDF indique que les syndicats de l’énergie rejoindront la grève, quelques semaines après un arrêt de septembre qui avait réduit l’offre et la livraison au terminal de gaz de Dunkerque.

Combien seront-ils dans la rue, et comment finira la journée ?

Malgré tous les préparatifs, les deux questions qui comptent le plus restent sans réponse jusqu’à la fin des cortèges. Personne ne sait combien de personnes manifesteront réellement, puisque les chiffres qui circulent ne sont que des prévisions des services de renseignement et des syndicats, qui ont compté différemment à chaque mobilisation de cet automne, et la vraie mesure n’arrivera que lorsque les deux camps publieront leurs comptes jeudi. Personne ne sait non plus si la journée restera pacifique, car tout le dispositif de sécurité est construit pour éviter une répétition du 17 octobre, quand des émeutes et des pillages ont endommagé des commerces et des bâtiments publics dans tout le pays, et qu’une seule frange violente suffirait à donner au gouvernement les images pour parler d’ordre plutôt que de salaires.

Pourquoi une grève d’un jour dépasse largement le jeudi

Une seule journée de grève compterait peu en elle-même, et pourtant celle-ci tombe où se croisent le budget, la politique et la présidence. Le gouvernement tente de faire adopter un budget de rigueur par un Parlement sans majorité confortable, alors que la dette publique s’approche de 120 pour cent de la production, et l’accusation centrale des syndicats est que les coupes proposées aggraveraient la pauvreté, réduiraient la sécurité sociale, gèleraient les salaires des fonctionnaires et assécheraient l’investissement environnemental. Macron, lui, en est à ses derniers mois de mandat, avec l’élection présidentielle dans environ cinq mois, et chaque décision qu’il prend est désormais lue comme un message adressé à la campagne qui suivra. Pour l’arithmétique de la dette, voir la pression sur les coûts d’emprunt français et notre profil de la France.

La grève née dans un couloir de lycée

Ce qui distingue cette mobilisation des journées de grève ordinaires, c’est l’endroit où elle est née : le mouvement a commencé avec les lycéens, et non avec les syndicats, après que des manifestations ont éclaté dans un lycée de Créteil, au sud-est de Paris, contre le manque de personnel, avant de s’élargir lorsque les élèves ont été rejoints par des travailleurs contre le coût de la vie. Les syndicats sont arrivés ensuite et ont donné à la colère une forme nationale, mais ce sont les élèves qui en ont fixé le ton, et c’est pourquoi le gouvernement a passé autant d’énergie à parler aux lycéens qu’à négocier avec la CGT. Macron a réuni son conseil de défense mercredi, et un proche du président a résumé l’objectif en une seule image : remettre dans son lit la rivière qui a débordé. Pour comprendre comment le mouvement lycéen a grandi, voir notre couverture des manifestations étudiantes d’octobre.

Ce qui change même si personne ne gagne jeudi

Quelle que soit la mobilisation, la grève a déjà modifié l’arithmétique du gouvernement de trois façons qui survivront à la journée. D’abord, le secteur de l’énergie donne aux syndicats un levier qu’ils n’avaient pas en septembre, puisque l’arrêt de l’électricité de la mi-septembre a montré qu’une grève dans le système énergétique peut réduire l’offre et la livraison du plus grand terminal de gaz du pays en quelques jours. Ensuite, le calendrier maintient la pression, car les Gilets jaunes ont appelé à se mobiliser jusqu’au samedi 7 novembre, ce qui fait de jeudi une ouverture plutôt qu’un sommet. Enfin, la course présidentielle passe désormais par la rue, avec Marine Le Pen en forte position dans les sondages pour l’élection du printemps prochain, et chaque image de jeudi sera utilisée par une campagne avant la fin de la semaine.

Que surveiller au fil de la journée

Les premiers chiffres à surveiller sont ceux de la mobilisation, que la police et les syndicats devraient publier plus tard jeudi, et l’écart entre les deux dira comment la journée restera dans les mémoires. Deuxième rendez-vous, samedi 7 novembre, quand les Gilets jaunes devraient rejoindre de nouvelles manifestations, et le gouvernement a déjà annoncé une opération massive pour éviter une répétition des violences du 17 octobre. Troisième rendez-vous, le budget lui-même, car la grève a été appelée contre un plan de dépenses qui doit encore survivre à un Parlement divisé, et les syndicats ont dit clairement que leurs revendications ne disparaîtront pas s’il est adopté sans changement. Si jeudi se passe dans le calme et que les foules sont nombreuses, le gouvernement devra affronter la négociation qu’il évite depuis des semaines ; s’il tourne à la violence, on parlera d’ordre plutôt que de salaires.

Les trois prismes

Prisme Occidental:

L’Ouest lit un gouvernement à court de marge La presse occidentale présente la journée comme un problème d’arithmétique autant que comme une manifestation : un gouvernement incapable de faire adopter son budget, un Parlement qui refuse de lui donner une majorité, et un président en fin de mandat qui tente de tenir la ligne jusqu’à l’élection.

Prisme Oriental:

L’Est observe une puissance européenne tester sa propre stabilité En Asie du Sud, l’histoire voyage par la dépêche : AAJ English TV au Pakistan reprend le compte rendu de Reuters sous un titre sur la pression croissante exercée sur Macron, et le cadrage est institutionnel, un président en fin de mandat et un Parlement qui refuse d’adopter son budget. Aucun reportage indépendant des grands médias de la région n’a été trouvé.

Prisme du Sud:

Le Sud voit d’abord le dispositif policier, puis la politique La presse du Sud commence par l’opération de sécurité : TRT World et ANews placent en tête de l’histoire le déploiement de 70 000 policiers et les marches des 5 et 7 novembre, tandis qu’Al Jazeera garde le regard sur les interdictions de manifester et les plus de 2 700 personnes placées en garde à vue. Lue ainsi, la grève est moins un conflit salarial qu’une lutte pour le contrôle de la rue.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Nous sommes d’accord : syndicats et étudiants font grève dans tout le pays ce jeudi 5 novembre, pour le coût de la vie, les services publics et l’éducation, avec des centaines de milliers de manifestants attendus.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Nous sommes d’accord : l’État déploie environ 70 000 policiers et gendarmes, et le gouvernement a présenté la journée comme un test d’ordre public après les émeutes et les pillages du 17 octobre.
Ce que nous savons
Nous ne sommes pas d’accord sur : le point de savoir si la mobilisation est une protestation légitime sur les salaires et les services ou, comme l’affirme Macron, un mouvement capté par des groupes d’ultra-gauche séditieux qui cherchent à renverser la République.
Ce que nous ignorons encore
Nous ne savons pas encore : combien de personnes manifesteront réellement, ni si la journée se déroulera dans le calme; les chiffres de mobilisation de la police et des syndicats sont attendus plus tard dans la journée de jeudi.
Ce que nous anticipons
Nous prévoyons : que l’affrontement se poursuivra jusqu’à la marche des Gilets jaunes de samedi et jusque dans les votes budgétaires, avec l’élection présidentielle, dans environ cinq mois, qui pèsera sur chaque décision.

Questions et réponses

Pourquoi les syndicats français font-ils grève le 5 novembre ?

Les syndicats, menés par la CGT et soutenus par les étudiants, font grève pour les salaires, les retraites, les services publics et le coût de la vie, et contre un budget de rigueur qui, selon eux, aggraverait la pauvreté, réduirait la sécurité sociale, gèleraient les salaires des fonctionnaires et assécherait l’investissement environnemental. Le mouvement fait suite à des semaines de tensions nées à l’école.

Combien de manifestants sont attendus ?

Les services de renseignement attendent entre 500 000 et 700 000 manifestants hors de Paris, avec des dizaines de milliers d’autres dans la capitale, mais ce ne sont que des prévisions. La police et les syndicats comptent les mobilisations différemment, et la vraie mesure de la journée viendra lorsque les deux camps publieront leurs chiffres plus tard jeudi.

Comment le gouvernement répond-il aux manifestations ?

Le gouvernement déploie environ 70 000 policiers et gendarmes, avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez qui promet une réponse très ferme à toute violence. Le président Macron a réuni un conseil de défense mercredi, et le gouvernement se dit extrêmement vigilant car il est hors de question de revivre les émeutes et les pillages du 17 octobre.

Que se passera-t-il après la grève de jeudi ?

La mobilisation se poursuit samedi 7 novembre, quand les Gilets jaunes devraient rejoindre de nouvelles manifestations, et le gouvernement a déjà annoncé une opération de sécurité massive pour le week-end. Au-delà, le budget doit encore passer devant un Parlement divisé, et les syndicats affirment que leurs revendications ne disparaîtront pas s’il est adopté sans changement.

Sources

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