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Histoire · Les tournants

Le Printemps arabe : 2010–2012, quand la rue a parlé

D’un acte de protestation à Sidi Bouzid à la chute de présidents — comment le Printemps arabe de 2010–2012 secoua une région et dispersa ses destins.

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Tournants 2011

Le 17 décembre 2010, dans la ville tunisienne de Sidi Bouzid, Mohamed Bouazizi s’immola par le feu — et la région s’embrasa avec lui. En quelques semaines, les manifestations que son geste avait allumées chassaient un président ; en quelques mois, elles secouaient des capitales de Tunis au Caire, de Tripoli à Damas, de Sanaa à Manama. Le Printemps arabe de 2010–2012 fut le moment où la rue arabe parla — et découvrit que l’histoire ne répond pas à toutes les voix de la même façon.

L'histoire en images

La foule emplit la place Tahrir au Caire pendant la révolution égyptienne, juillet 2011
La place Tahrir, juillet 2011 — dix-huit jours de manifestations ont renversé Hosni Moubarak et embrasé le Printemps arabe.
En bref : décembre 2010 – 2012 · Tunisie, Égypte, Libye, Syrie, Yémen, Bahreïn · La vague qui secoua le monde arabe

Le printemps en images

17 décembre 2010 Sidi Bouzid 14 janvier 2011 Ben Ali s’enfuit 25 janvier 2011 Tahrir 11 février 2011 Moubarak tombe 20 octobre 2011 Kadhafi tué
Une étincelle · une fuite · une place · une chute · une fin

La Tunisie : l’étincelle

Tout commença par l’immolation de Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, en Tunisie. Sa protestation devint celle du pays, puis celle de la région : des semaines de manifestations culminèrent le 14 janvier 2011, quand le président Ben Ali fuit la Tunisie.

L’Égypte : la place

Onze jours plus tard, l’Égypte se soulevait. Les manifestations commencèrent le 25 janvier 2011, remplissant la place Tahrir et les rues du pays, et le 11 février 2011, Hosni Moubarak démissionnait. La place avait gagné.

La Libye et la Syrie : le feu se propage

En février 2011, le soulèvement libyen commença — et il ne s’acheva pas par une démission. Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi fut tué, et l’ordre ancien mourut avec lui.

Les manifestations syriennes commencèrent en mars 2011, à Deraa. Des soulèvements secouèrent aussi le Yémen et Bahreïn. La vague née à Sidi Bouzid était devenue l’événement déterminant de la décennie arabe — partout, et avec une fin différente en chaque lieu.

L’héritage

Le Printemps arabe ne laissa pas de fin unique. Le président tunisien fuit le 14 janvier 2011 ; l’égyptien démissionna le 11 février 2011 ; le dirigeant libyen fut tué le 20 octobre 2011 — trois dirigeants, trois destins, en moins d’un an après une seule protestation à Sidi Bouzid.

La vague née le 17 décembre 2010 refaçonna le sentiment de la région quant au possible — et laissa ouverte, dans chaque capitale touchée, la question de la suite.

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