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McAllister : l'Europe, « qui n'est plus en paix » avec la Russie, doit combler d'urgence ses lacunes de défense

Le président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen confie à France 24 que l'UE ne peut pas encore prendre de décisions souveraines dans des domaines clés de la défense « parce que nous sommes trop dépendants des capacités américaines » — le diagnostic de l'écart entre l'argent européen et la puissance européenne.

Un méthanier amarré à un terminal de gaz naturel liquéfié
Un méthanier à un terminal européen : l'Europe a prouvé qu'elle pouvait briser une dépendance stratégique à vitesse de guerre avec le GNL — l'argument de McAllister est que la défense est là où l'énergie était au début de 2022.

Points clés

  • David McAllister, président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen (AFET), a déclaré sur France 24 dans Talking Europe, le 2 octobre 2026, que l'Europe doit combler d'urgence ses lacunes en matière de défense. France 24
  • « Nous ne sommes pas en guerre contre la Fédération de Russie, mais nous ne sommes plus en paix avec la Russie », a-t-il dit — nommant la zone grise de pression hybride dans laquelle l'Europe vit désormais. France 24
  • McAllister a estimé que l'UE n'est pas encore capable de prendre des décisions souveraines dans certains domaines de la défense « parce que nous sommes trop dépendants des capacités américaines ». France 24
  • La Boussole stratégique de l'UE (2022) promettait une capacité de déploiement rapide et un développement conjoint des capacités ; quatre ans plus tard, les capacités clés arrivent en retard, par fragments, ou pas du tout. Parlement européen
  • L'Europe s'appuie toujours sur des moyens américains — ravitaillement en vol, ISR, transport aérien stratégique, défense antimissile — pour les fonctions qui rendent possibles les opérations modernes. Évaluations de l'OTAN
  • L'UE a lancé le programme EDIP et l'instrument de prêts SAFE pour les acquisitions conjointes, tandis que les programmes phares franco-allemands (FCAS/SCAF, MGCS) restent enlisés dans des querelles industrielles. Commission européenne

BRUXELLES — L'Europe n'est pas en guerre contre la Russie. Mais elle n'est plus en paix avec elle non plus. C'est la phrase que David McAllister a choisie pour l'émission Talking Europe de France 24, le 2 octobre 2026, et elle mérite d'être relue deux fois : le président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen ne décrivait pas un champ de bataille. Il décrivait un état — cet espace gris entre la guerre et la paix dans lequel l'Union européenne vit désormais, et pour lequel, selon lui, elle reste dangereusement sous-équipée.

Le message de McAllister était direct : l'Europe doit combler d'urgence ses lacunes en matière de défense. Et le diagnostic qui fonde cette urgence était plus sombre encore. Interrogé sur la capacité de l'Union européenne à prendre des décisions souveraines en matière de défense, le vétéran conservateur allemand a répondu, en substance, que dans certains domaines elle n'en est pas encore capable — « parce que nous sommes trop dépendants des capacités américaines ». L'argent, autrement dit, n'est plus la contrainte déterminante. La souveraineté, si.

L'orateur compte autant que la phrase. McAllister, chrétien-démocrate allemand, préside la commission des affaires étrangères du Parlement européen (AFET) depuis plus d'une décennie — assez longtemps pour avoir vu le débat européen sur la défense traverser plusieurs époques distinctes : la démobilisation de l'après-guerre froide, le choc de 2014, la Boussole stratégique de 2022, puis le retour à grande échelle de la guerre sur le continent. Quand une figure de ce poids institutionnel affirme que l'Europe ne peut pas encore décider seule dans certains domaines, ce n'est pas de la rhétorique. C'est un aveu.

« Ne plus être en paix » fait, dans cet entretien, un travail considérable. L'expression appartient à un vocabulaire qui s'est insinué ces dernières années dans le langage officiel européen : celui de la guerre hybride. Sabotage d'infrastructures sous-marines, campagnes de désinformation, cyberintrusions, instrumentalisation des migrations, survols inexpliqués de drones au-dessus de sites critiques, violations de l'espace aérien sur le flanc oriental de l'Alliance — rien de tout cela n'est une guerre déclarée, et tout cela est conçu pour rester en deçà du seuil qui en déclencherait une.

La formulation de McAllister reprend ce consensus sans nommer chaque incident. C'est précisément son ambiguïté qui fait sa force : une Europe qui qualifierait chaque provocation d'acte de guerre serait contrainte d'y répondre comme en guerre, et elle n'y est pas prête. « Ne plus être en paix » est l'étiquette honnête d'une confrontation que l'Europe mène chaque jour sans avoir encore décidé comment la gagner.

L'Union n'est pas restée inactive. La Boussole stratégique, adoptée en 2022, devait marquer le tournant : capacité de déploiement rapide, cyberdéfense renforcée, développement conjoint de capacités, véritable base industrielle de défense. Quatre ans plus tard, la Boussole ressemble moins à un plan accompli qu'à un diagnostic confirmé. Les capacités promises arrivent en retard, par fragments, ou pas du tout — et la menace qu'elle décrivait n'a fait que s'aiguiser.

C'est la première des deux lacunes pointées par McAllister : le fossé de souveraineté entre l'argent promis et les capacités manquantes. Les dépenses européennes de défense ont fortement augmenté depuis 2022 — les gouvernements du continent ont annoncé hausses, fonds spéciaux et programmes pluriannuels. Mais dépenser n'est pas être capable. Une ligne budgétaire ne devient pas une batterie de défense aérienne au rythme qui arrange le trésorier ; les chaînes de production, les équipages entraînés, les stocks de munitions et les structures de commandement prennent des années à bâtir, et l'Europe a commencé tard.

Le débat sur le « combien suffit » est lui-même devenu un théâtre politique. L'ancien repère des 2 % du PIB, longtemps traité comme un plafond par des gouvernements réticents, est désormais évoqué comme un plancher — et en 2025, la conversation a glissé vers des engagements bien plus ambitieux, des chiffres autour de 5 % circulant dans les débats de l'OTAN. L'argument de McAllister tranche dans ce jeu de chiffres : ce qui compte n'est pas le pourcentage mais le résultat. L'Europe peut débattre indéfiniment des objectifs tout en restant incapable de faire ce que seules les capacités permettent.

La seconde lacune est celle qu'il a nommée directement : la dépendance aux États-Unis. Derrière les communiqués, le pilier européen de l'Alliance s'appuie toujours sur des moyens américains pour les fonctions qui rendent la guerre moderne possible — ravitaillement en vol, renseignement, surveillance et reconnaissance, transport aérien stratégique, défense antimissile, architecture satellitaire. Ce sont les ressorts discrets de la puissance, et ils sont largement américains.

C'est cette dépendance qui rend sa remarque sur la souveraineté si percutante. Une Europe incapable de ravitailler ses propres avions, d'observer son propre champ de bataille ou de déplacer ses propres équipements lourds ne peut pas prendre de décisions souveraines dans certains domaines de la défense — non parce que ses soldats manqueraient de courage, mais parce que ses opérations s'arrêteraient sans le consentement de Washington, ou du moins sans ses moyens. La souveraineté, dans le cadre posé par McAllister, n'est pas un statut juridique. C'est un fait logistique.

Vue de Washington, l'interview sonne à la fois comme une justification et comme un avertissement. Les administrations américaines successives — et l'actuelle avec une franchise particulière — ont dit à l'Europe que l'ère de la garantie de sécurité américaine inconditionnelle était révolue, ou du moins conditionnelle. McAllister reprend en fait la critique américaine tout en la retournant : oui, l'Europe est trop dépendante ; et c'est désormais à l'Europe de résoudre ce problème, d'urgence, avant qu'une crise ne le mette à l'épreuve.

Le marché transatlantique se renégocie en temps réel, et les deux parties le savent. Washington veut le partage du fardeau ; Bruxelles veut la fiabilité. Le danger que McAllister cerne est le scénario où l'Europe n'obtiendrait ni l'un ni l'autre : une Amérique qui se retire plus vite que l'Europe ne monte en puissance, laissant un vide que les adversaires sondent déjà — dans les airs, en mer, dans le cyberespace et dans l'espace informationnel.

Du côté des membres orientaux de l'UE, l'interview se lira moins comme une analyse que comme une franchise attendue depuis longtemps. Pour la Pologne, les États baltes et les autres pays vivant à portée de la puissance russe, la condition du « ne plus être en paix » n'est pas un cadre conceptuel — c'est l'environnement opérationnel quotidien. Violations de l'espace aérien, alertes au sabotage et vagues de désinformation y font la une des journaux, pas les notes des cercles de réflexion.

Ces pays sont les voix les plus pressantes de l'Alliance sur le réarmement, et souvent les plus frustrées : ils voient des calendriers d'acquisition ouest-européens comptés en décennies et des programmes industriels empêtrés dans les politiques nationales, alors que la menace à laquelle ils font face opère sur une échelle de mois. L'appel de McAllister à combler les lacunes d'urgence est, vu de Tallinn ou de Varsovie, le minimum de l'honnêteté.

Moscou, de son côté, lira le même entretien comme la confirmation de son propre récit. Les responsables russes décrivent depuis longtemps le réarmement européen comme un encerclement agressif, et ils présenteront l'urgence de McAllister comme la preuve que l'UE se militarise contre la Russie. Ce cadrage est intéressé — il inverse cause et effet, traitant la réponse à l'agression comme l'agression elle-même.

Mais la lecture russe contient un signal que l'Europe ne devrait pas ignorer : Moscou suit de près les débats européens sur les capacités, et calibre sa prise de risque à la faiblesse perçue. Chaque aveu public européen d'impréparation est traité à Moscou comme une invitation à sonder davantage. La franchise de McAllister s'adresse à un public européen ; son public secondaire siège au Kremlin, mesurant l'écart entre les paroles et les armes de l'Europe.

La réponse institutionnelle de l'Union a été une floraison d'initiatives industrielles : le Programme européen pour l'industrie de la défense (EDIP), l'instrument de prêts SAFE pour les acquisitions conjointes, et une pression politique soutenue pour acheter européen, ensemble, plutôt que national et sur étagère à l'étranger. La logique est solide — des marchés nationaux fragmentés ne peuvent soutenir l'échelle de production qu'exige la défense moderne.

L'exécution, cependant, reste le plus difficile. L'industrie européenne de défense est compétente mais fragmentée : champions nationaux, marchés protégés, programmes dupliqués, règles d'acquisition qui favorisent toujours le fournisseur national. L'acquisition conjointe signifie que les industries de certains pays gagnent et celles d'autres perdent, et cette arithmétique a enlisé plus de projets européens de défense qu'aucun adversaire extérieur.

Nulle part ce n'est plus clair que dans les programmes phares franco-allemands — l'avion de combat du futur FCAS/SCAF et le char de combat MGCS — enlisés depuis des années dans les querelles de partage industriel, les rivalités entre industriels et les arrière-pensées politiques. Quand les deux pays censés être le moteur de la défense européenne ne parviennent pas à s'accorder sur qui construit quoi, le fossé de souveraineté décrit par McAllister trouve une adresse très concrète.

Ces politiques industrielles ne sont pas une note de bas de page ; elles sont le mécanisme par lequel la dépendance se reproduit. Chaque année de retard d'un programme européen conjoint est une année où la lacune capacitaire est comblée par un achat américain — ce qui approfondit la dépendance même que McAllister dénonce, et affaiblit la base industrielle qui permettrait d'y mettre fin. L'urgence, sous cet angle, n'est pas une humeur. C'est un calendrier d'acquisition.

La photographie qui accompagne cet article révèle une seconde dimension de la souveraineté : un méthanier à un terminal européen. L'autonomie énergétique est devenue indissociable de l'autonomie de défense. Le programme d'urgence européen pour remplacer le gaz russe par gazoduc par du GNL — nouveaux terminaux, nouveaux contrats d'approvisionnement, infrastructures bâties à vitesse de guerre — a prouvé que l'Union peut aller vite quand elle juge la menace existentielle.

La leçon est à double tranchant. Le déploiement du GNL a montré qu'une urgence européenne est possible ; il a aussi montré la profondeur de la dépendance avant que la crise ne force l'action. L'argument de McAllister est que la défense est là où l'énergie était au début de 2022 : la vulnérabilité est connue, les solutions existent, et le seul ingrédient manquant est la décision politique d'avancer à la vitesse qu'exige la menace.

Depuis le Sud global, le débat européen sur le réarmement se lit encore autrement. Beaucoup de capitales d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine observent la montée en puissance militaire de l'Europe avec un mélange de compréhension et de scepticisme : compréhension, parce que la souveraineté est un langage qu'elles parlent couramment ; scepticisme, parce que l'argent qui afflue désormais vers les arsenaux européens est un argent qui n'ira ni au développement, ni au financement climatique, ni aux causes multilatérales que l'Europe prétend défendre.

Il existe aussi, dans certaines parties du monde, une lecture plus tranchante : les discours européens sur « l'autonomie stratégique » seraient le bruit d'un ancien cœur impérial qui se réarme tout en donnant aux autres des leçons de retenue. L'Europe ne contrôle pas cette perception, mais elle devrait en tenir compte — car la légitimité de son effort de défense, dans un monde multipolaire, dépendra de ce que les autres y verront : un continent qui se protège, ou un bloc qui reconstruit sa capacité de projection de puissance.

La plus concrète des lacunes visées par McAllister est la défense aérienne et antimissile — la capacité dont l'absence a été le plus brutalement exposée par la guerre en Ukraine. Le ciel européen est défendu par un patchwork de systèmes nationaux, de moyens américains et de bonnes intentions. Combler cette lacune exige intercepteurs, radars, réseaux de commandement et capacité industrielle pour les produire à grande échelle : la liste d'achats peu glamour de la survie.

« D'urgence » fait la seconde moitié du travail dans le message de McAllister. La planification européenne de défense a traditionnellement avancé au rythme politique — cycles électoraux, négociations de coalition, rituels budgétaires. La menace, sous-entend McAllister, avance à un autre rythme. L'urgence signifie comprimer la distance entre la décision et la livraison : acquisitions accélérées, commandes conjointes, montée en cadence de la production, et acceptation qu'une équité industrielle parfaite doive parfois céder devant la vitesse.

Rien de tout cela n'est gratuit, et la question démocratique plane sur l'ensemble de l'entretien. Un réarmement de cette ampleur signifie des dépenses publiques soutenues, une politique industrielle avec des gagnants et des perdants, et un récit politique qui demande aux électeurs de payer des armes dans un temps de paix qui n'est pas la paix. La franchise de McAllister vise peut-être autant les opinions européennes que leurs gouvernements : la facture de la souveraineté arrive, et elle sera détaillée dans les budgets, pas dans les communiqués.

La remarque sur la souveraineté comporte une dernière implication, plus discrète. « Trop dépendants des capacités américaines », c'est aussi un constat sur le levier : la dépendance est une vulnérabilité non seulement en temps de guerre, mais en diplomatie. Une Europe qui a besoin des moyens américains ne peut pas pleinement s'écarter des choix de Washington — sur le commerce, la technologie, les termes d'un futur règlement en Ukraine. L'autonomie stratégique commence comme une exigence militaire et finit comme une exigence politique.

La suite se mesurera en décisions, pas en déclarations. Observez les commandes d'acquisition conjointes : l'argent de SAFE ira-t-il à de véritables achats communs ou se diluera-t-il en dérogations nationales ? Observez les programmes franco-allemands : le FCAS et le MGCS passeront-ils du différend à la livraison ? Observez les promesses de dépenses : les nouveaux objectifs survivront-ils au contact des ministères des finances ? Et observez le ciel du flanc oriental de l'Alliance — l'audit quotidien qui dira si le « ne plus être en paix » reçoit une réponse, ou n'est que décrit.

Le rôle propre du Parlement dans cette histoire mérite d'être noté. La commission des affaires étrangères ne commande pas d'armées et ne signe pas de contrats d'acquisition, mais elle fixe les termes du débat — et McAllister utilise cette tribune depuis des années pour pousser l'argument de la souveraineté plus loin que beaucoup de gouvernements ne l'auraient souhaité. Son entretien se lit comme une pression exercée depuis l'intérieur même des institutions de l'Union : un rappel que le Parlement qui vote les budgets perd patience devant l'écart entre la rhétorique et l'état de préparation.

Le cyberespace et les fonds marins illustrent la condition du « ne plus être en paix » sous sa forme la plus pure. Câbles sous-marins et gazoducs — l'internet physique et les artères énergétiques du continent — sont devenus les cibles privilégiées de la pression en zone grise, précisément parce que les attaquer est déniable et les défendre difficile. Protéger ces infrastructures exige surveillance, capacité de réparation rapide et outils d'attribution : des capacités peu spectaculaires qui appartiennent à la même liste d'urgence que les missiles.

L'espace est la nouvelle frontière de la souveraineté. La constellation européenne de satellites sécurisés IRIS², qui passe du plan à la réalisation, est exactement le type de moyen qu'exige l'argument de McAllister : des communications et de l'observation qui ne dépendent pas de la bonne volonté d'un opérateur américain. Il faudra des années pour l'achever — c'est précisément pourquoi la décision de la construire, prise maintenant, est le test qui dira si « d'urgence » signifie quelque chose.

L'entretien de McAllister ne comblera, à lui seul, aucune lacune. Sa valeur est diagnostique : le président de l'AFET a mis en langage clair ce que les débats européens sur la défense obscurcissent d'ordinaire — que le problème de l'Union n'est plus d'abord l'argent, ni encore d'abord la volonté, mais le chaînon manquant de la capacité souveraine. L'Europe n'est pas en guerre contre la Russie. Elle n'est plus en paix avec elle. Tout dépend désormais de ce que l'Europe construira dans l'espace entre ces deux faits.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Nous sommes d'accord sur les faits essentiels : McAllister a accordé cet entretien à Talking Europe sur France 24 le 2 octobre 2026, a déclaré que l'Europe doit combler d'urgence ses lacunes de défense, a décrit l'UE comme n'étant « pas en guerre contre la Fédération de Russie, mais n'étant plus en paix avec la Russie », et a estimé que le bloc ne peut pas encore décider souverainement dans certains domaines de la défense car il est trop dépendant des capacités américaines.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Nous sommes en désaccord sur la suite : le réarmement européen est-il une nécessité défensive (point de vue de Bruxelles, Varsovie et Washington) ou une militarisation agressive (cadrage de Moscou) ? Et les nouvelles promesses de dépenses ainsi que des instruments comme SAFE et l'EDIP produiront-ils réellement des capacités souveraines ou se dilueront-ils en dérogations nationales ?
Ce que nous savons
Nous savons où en est le bilan capacitaire : la Boussole stratégique date de 2022, les dépenses européennes de défense ont fortement augmenté depuis, et les lacunes en moyens critiques — ravitaillement, ISR, transport, défense antimissile — sont documentées et restent largement américaines.
Ce que nous ignorons encore
Nous ne savons pas si les programmes phares franco-allemands passeront du différend à la livraison, si les nouveaux objectifs de dépenses survivront au contact des ministères des finances, ni à quelle vitesse les acquisitions conjointes pourront comprimer les calendriers politiques européens au rythme de la menace.
Ce que nous anticipons
Attendez-vous à l'audit dans les mois à venir : décisions du Conseil européen et des ministérielles de l'OTAN, commandes d'acquisition SAFE, et le test quotidien des incidents aériens et sous-marins sur le flanc oriental de l'Alliance — mesurés en livraisons, pas en déclarations.
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