> > Aller au contenu principal
Édition du matin

Trump a fait payer par le contribuable, à hauteur de 20 millions de dollars, des spots à sa propre gloire

Trump a ordonné à son directeur du budget de trouver l'argent « au sein du gouvernement ». Résultat : 20 millions de dollars de la sécurité intérieure pour des spots télé à sa propre gloire.

Le portique nord de la Maison-Blanche à Washington, D.C.
Le portique nord de la Maison-Blanche à Washington, D.C.
Publicité

Points clés

  • 20 millions de dollars des crédits des douanes ont été transférés le 19 septembre vers une ligne « événements commémoratifs » du département ; le lendemain, les douanes attribuaient le contrat à l’agence de marketing du Maryland LMD. The New York Times
  • Trump a personnellement demandé au directeur du budget Russell T. Vought de « trouver l’argent au sein du gouvernement » — il « brûlait d’impatience » de voir ces spots élogieux à l’antenne. The New York Times
  • Au moins quatre spots ont été diffusés pour environ 5,5 millions de dollars ; au moins douze à treize publicités ont été produites en interne par l’équipe vidéo de la Maison-Blanche. The New York Times / CNN
  • L’argent provient de crédits que le Congrès avait réservés à la sécurité des frontières, à la lutte contre le narcotrafic et aux cérémonies en mémoire des agents tombés en service. The New York Times / The Washington Post
  • « Si quelqu’un me dit que c’est mal, je paierai volontiers cet argent », a déclaré Trump, interrogé par les journalistes. The New York Times
  • Des républicains ont aussi protesté : Thune estime que ces spots « ne devraient pas être payés avec l’argent du contribuable » ; Tillis les compare à la communication de Viktor Orbán. NBC News / The UnPopulist

WASHINGTON — C'est le président lui-même qui a ordonné à son directeur du budget d'utiliser l'argent du contribuable pour financer des spots télévisés à la gloire de sa personne et de sa présidence, déclenchant un contrat de 20 millions de dollars adossé aux fonds du département de la Sécurité intérieure : c’est ce que révèle une enquête du New York Times publiée vendredi. Ces publicités — quatre ont déjà été diffusées, pour un coût d’environ 5,5 millions de dollars — ont investi le câble comme les grandes chaînes nationales : Fox News, CNN et MS Now, les matchs de football américain sur Fox, les journaux télévisés de CBS, ABC et NBC, dont « Meet the Press », que Trump, dit-on, ne manque jamais. Le Times, qui s’appuie sur les entretiens de douze personnes proches du dossier, tenues à l'anonymat, rapporte que Trump brûlait d'impatience de voir ces spots élogieux à l’antenne et qu’il a demandé à Russell T. Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget, de « trouver l’argent au sein du gouvernement ». La Maison-Blanche y voit des messages d’intérêt général. Les démocrates — et même certains républicains — y voient une possible violation des lois fédérales interdisant l’usage de fonds publics à des fins de « publicité ou de propagande ».

L’histoire, telle que le Times l’a reconstituée à partir d’une douzaine d’entretiens, ne commence pas dans un studio mais dans le Bureau ovale. Lors d’une réunion convoquée le 7 août pour discuter de la manière dont le super PAC du président devrait dépenser son argent en faveur de candidats républicains en difficulté, M. Trump, selon l'enquête, avait tout autre chose en tête : il a demandé à son assistante, Natalie Harp, de montrer au groupe des vidéos de lui-même. Celle-ci a fait défiler sur sa tablette des images de la Maison-Blanche — le président au milieu des foules, descendant de Marine One, encadré de matériel militaire. Les candidats aux midterms pouvaient attendre. Les images, non.

La mécanique s’est enclenchée aussitôt. M. Trump a ordonné à Russell T. Vought, son directeur du budget, de trouver l'argent au sein même du gouvernement — l'argent du contribuable, insiste le Times, et non l'argent d’une campagne. Mark Paoletta, le juriste du Bureau du budget, et Will Scharf, le conseiller juridique de la Maison-Blanche, ont tous deux jugé légal le recours aux fonds du département de la Sécurité intérieure. Le président et sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, se sont tous deux entretenus avec Markwayne Mullin, le secrétaire à la Sécurité intérieure, au sujet de ces spots. Personne, dans le récit du Times, n’a dit stop.

Douze témoins racontent la même histoire au Times : le président n'a pas demandé si ces spots étaient légaux — il a demandé quand ils passeraient à l'antenne.

Le 19 septembre, le Bureau de la gestion et du budget a transféré 20 millions de dollars des crédits des douanes et de la protection des frontières vers une ligne budgétaire du département intitulée « événements commémoratifs ». Le lendemain, les douanes — qui dépendent du département — attribuaient un contrat de 20 millions de dollars pour une campagne médiatique nationale à LMD, une agence de marketing du Maryland, selon les registres fédéraux. Les spots ont commencé à être diffusés en septembre. D’après le traqueur médiatique AdImpact et des personnes au fait des dépenses, au moins quatre spots ont déjà été diffusés pour un coût d’environ 5,5 millions de dollars — et ce n’est qu’un début.

C’est la destination initiale de cet argent qui donne à l’affaire son venin. Il provient de crédits que le Congrès avait réservés à la sécurité des frontières, à la lutte contre le narcotrafic et aux cérémonies en mémoire des agents tombés en service. Le Washington Post a rapporté que la loi n'autorisait l'usage de ces fonds des douanes que pour des équipements d'inspection portuaire, la surveillance des frontières ou le filtrage des mineurs isolés — tandis que la ligne des « événements commémoratifs » était censée financer les cérémonies pour les agents morts en service et les remises de distinctions. Les dirigeants des douanes eux-mêmes, rapporte-t-on, n’auraient pas été informés du transfert.

Les spots sont des productions de style campagne, réalisées en interne par l’équipe vidéo de la Maison-Blanche — CNN s'est procuré, via un dossier partagé du prestataire, les extraits d'au moins douze ou treize d’entre eux, dont plusieurs inédits. Ils ont été diffusés sur Fox News, CNN et MS Now, pendant les matchs de football américain sur Fox et lors des journaux nationaux de CBS, ABC et NBC, dont « Meet the Press », que le président, dit-on, regarde religieusement ; on les a aussi vus dans « Good Morning America », « Jimmy Kimmel Live ! » et pendant les retransmissions de la NFL. L'un des spots inédits s'intitule « God Made Trump ». Un autre montre le président sur fond d’une chorale chantant en refrain « love me ». Un nouveau spot diffusé ce week-end, en noir et blanc, ressemble de près à une vidéo de campagne de 2024 : M. Trump marchant dans un couloir, mettant en garde contre une « bataille finale » face aux « mondialistes » et aux « va-t-en-guerre », fixant la caméra. Chacun se termine par le même avertissement à l’écran : « Payé par le gouvernement des États-Unis ».

Interrogé par les journalistes cette semaine, M. Trump n’a pas contesté le montage. « Si quelqu’un me dit que c’est mal, je paierai volontiers cet argent », a-t-il déclaré. « Mais ce sont des publicités pour le pays, a-t-il ajouté. Il faut comprendre. Je ne fais pas la promotion d’un candidat. Je ne me fais pas ma propre promotion, parce que je ne suis pas candidat. Je fais la promotion du pays. » La Maison-Blanche a qualifié ces spots de messages d’intérêt général — « clairement pas politiques », selon sa formule — arguant qu’ils sont légitimes puisqu’ils ne contiennent aucun « appel à voter » pour un candidat, et rappelant que le président ne figure sur aucun bulletin.

Qui s'oppose aux publicités dans le camp républicain ?

La défense n’a pas tenu au sein même du camp présidentiel. « J’aime le message », a déclaré aux journalistes le chef de la majorité sénatoriale, John Thune, du Dakota du Sud, « mais il ne devrait pas être payé avec l’argent du contribuable ». Le sénateur Thom Tillis, de Caroline du Nord, est allé plus loin : « On dirait Viktor Orbán s’adressant au peuple hongrois. » Et la sénatrice Susan Collins, du Maine, qui préside la commission des finances, a confirmé l'origine des fonds : ils ont été prélevés sur les crédits destinés aux douanes dans la « grande et belle loi » du président, adoptée en 2025 sur des lignes strictement partisanes. Sa commission, a-t-elle précisé, n’y a joué aucun rôle. Les lois de finances interdisent en principe les transferts entre lignes budgétaires, a-t-elle rappelé — « c’est pourquoi l'administration a contourné la procédure budgétaire et utilisé un compte issu de la loi de réconciliation ».

Que dit le droit sur l'usage de l'argent public ?

Depuis les années 1950, le Congrès interdit de dépenser l’argent fédéral à des fins de « publicité ou de propagande ». Le Government Accountability Office a relevé des violations sous les présidences Obama et Bush — mais il s'agissait de campagnes de communication sur des politiques publiques, jamais de publicités à la gloire du président lui-même. De l'avis général, il n'existe aucun précédent d'argent public servant à diffuser des spots de style électoral en pleine saison électorale. L’organisation Citizens for Responsibility and Ethics in Washington a déposé une plainte auprès de l'inspecteur général du département de la Sécurité intérieure, estimant que le montage a probablement violé les lois budgétaires ; des élus et des organismes de surveillance ont par ailleurs demandé au GAO et au Bureau du conseil spécial d'examiner ces dépenses. Sollicitée au sujet d’une lettre de sénateurs sur cette affaire, la Sécurité intérieure a renvoyé les journalistes vers la réponse antérieure de la Maison-Blanche.

Le contraste dressé par le Times est autant financier que juridique. M. Trump pilote par ailleurs les dépenses de son super PAC, MAGA Inc., qui abordait l’automne avec 400 millions de dollars — des fonds qu’il collecte depuis sa réélection en 2024. « On ne voit pas bien pourquoi ce sont des fonds publics, et non l’argent du super PAC, qui ont servi à payer ces spots », écrit le Times. L’organisme de surveillance note que les publicités ont déjà été diffusées plus de 2 000 fois sur les chaînes locales et câblées. Et la Maison-Blanche annonce que la campagne va s'étendre — autrement dit, les 5,5 millions dépensés jusqu'ici ne sont que le début de l'enveloppe de 20 millions.

Ce que révèle le prisme 5D

Géopolitique. Ces dépenses tombent à quelques semaines d’élections de mi-mandat qui décideront du contrôle de la Chambre et du Sénat des États-Unis — et, avec lui, du sort du programme présidentiel. Une campagne publicitaire nationale financée par le contribuable et qui dore le blason du chef du parti au pouvoir, à cette échéance, constitue, quelle que soit sa qualification juridique, un avantage structurel qu'aucun rival ne peut égaler. Les adversaires de l'Amérique liront aussi la scène : ces images d'un gouvernement de superpuissance achetant du temps d'antenne pour chanter les louanges de son propre président sont du pain bénit pour les médias d’État de Moscou à Pékin, qui soutiennent depuis longtemps que les leçons de démocratie américaines viennent avec des astérisques.

Macroéconomie. Vingt millions de dollars, c’est une erreur d’arrondi dans un budget fédéral — et c’est précisément là que réside le scandale. La controverse ne porte pas sur le montant mais sur la source : l’argent de la sécurité des frontières, des fonds antidrogue, des cérémonies pour agents tombés, recyclés via un compte de réconciliation qui a court-circuité la procédure budgétaire normale. L’accusation de la sénatrice Collins — l’administration aurait « contourné » la commission qui signe les chèques — touche en réalité à la question de savoir qui tient les cordons de la bourse, et la Constitution est sans ambiguïté sur la réponse.

Démographie. L’achat d’espace est calibré pour une portée maximale auprès de l’électorat que les midterms vont mobiliser : audiences du football, matinales, comédies de fin de soirée, émissions politiques du dimanche. Le placement dans « Meet the Press » est révélateur — le président, dit-on, la regarde lui-même, et son audience est cette frange engagée à forte participation qui décide des élections serrées. Il ne s’agit pas de persuader les marges ; il s’agit de saturer tout le monde.

Traditions historiques. Chaque présidence moderne a brouillé la frontière entre gouverner et faire campagne, et le GAO a pris les deux partis la main dans le sac. Mais les archives tracent une ligne rouge que le Times n'a trouvée franchie par personne avant : jamais des spots à la gloire du président en exercice lui-même, payés par l’État, en pleine saison électorale. Les précédents sous Obama et Bush concernaient des campagnes de politiques publiques — vendre une loi, pas un homme. Cette distinction, c'est toute l'affaire.

Structurel. Le mécanisme compte plus que le message. Un directeur du budget qui « trouve l’argent au sein du gouvernement » sur ordre présidentiel, un service juridique qui donne son blanc-seing, une ligne budgétaire rebaptisée « événements commémoratifs » — chaque étape est un petit acte administratif défendable. Empilés, ils transforment un département conçu pour la sécurité des frontières en acheteur d'espace pour la présidence. Les institutions de contrôle — le GAO, l'inspecteur général, le Bureau du conseil spécial — ont été pensées pour ce genre de discrétion empilée. Reste à savoir si elles peuvent aller plus vite que l’achat d’espace.

Et maintenant ?

Les 20 millions sont engagés ; environ un quart a été dépensé. La Maison-Blanche annonce que la campagne va s'étendre, et les spots inédits — au moins huit de plus, selon le décompte de CNN — laissent présager que la phase la plus bruyante est à venir. De l'autre côté, les contrôles s'alignent : une plainte auprès de l'inspecteur général de la Sécurité intérieure, des demandes d'examen au GAO et au Bureau du conseil spécial, et des sénateurs qui exigent des réponses que le département renvoie pour l'instant à la Maison-Blanche. M. Trump a offert la solution la plus simple — « je paierai volontiers cet argent » — sans indiquer qu’il comptait le faire. À quelques semaines des midterms, les spots continueront de tourner sur les plus grandes scènes du pays pendant que les juristes décideront, après coup, si le public aurait jamais dû les payer.

Prisme occidental

Dans les capitales et les rédactions occidentales, l’affaire atterrit comme un scandale de responsabilité : un président pris en flagrant délit de détournement d’argent public au service de sa propre image, à quelques semaines des midterms. La fronde républicaine — Thune, Tillis, Collins — pèse plus lourd que l’indignation démocrate, car elle signale que les garde-fous de la loyauté partisane craquent face à quelque chose que même les fidèles ne peuvent défendre. La comparaison avec Orbán, dans la bouche d’un sénateur républicain en exercice, est révélatrice : le cadre n’est plus le désaccord politique, mais les normes démocratiques.

La presse occidentale va désormais traquer la trace écrite — la note de l’OMB, le contrat des douanes, les douze sources — et la question juridique dominera : une interdiction de la propagande héritée des années 1950 peut-elle atteindre des spots qui ne disent jamais « votez pour moi » ? Les précédents sous Obama et Bush concernaient des campagnes de politiques publiques : les tribunaux et le GAO évoluent en terrain inconnu. L’affaire se plaidera autant dans les éditoriaux que dans les auditions de contrôle.

Prisme oriental

À Moscou comme à Pékin, l’affaire n’est pas un scandale à résoudre mais une pièce à conviction à exhiber. Les médias d’État des deux capitales soutiennent depuis longtemps que les sermons américains sur la démocratie et la bonne gouvernance viennent avec des astérisques ; ces images d’un gouvernement américain achetant du temps d’antenne aux heures de grande écoute pour chanter les louanges de son propre président seront rediffusées, sous-titrées, archivées comme pièce numéro un. L’ironie n’échappe pas aux analystes orientaux : Washington sanctionne les opérations étrangères d’« influence malveillante » pendant que son propre Trésor finance les siennes.

La lecture orientale la plus profonde est structurelle, non morale. Les analystes y relèveront le mécanisme — un directeur du budget qui « trouve » de l’argent au sein du gouvernement sur ordre présidentiel — comme la confirmation d’une thèse défendue depuis des années : les contre-pouvoirs américains sont des normes, pas des lois, et les normes plient devant un exécutif déterminé. La réaction du GAO ou des tribunaux sera suivie de près comme le véritable test.

Prisme du Sud global

Dans tout le Sud global, le détail qui blesse est l’origine de l’argent. Les crédits de sécurité des frontières et de lutte antidrogue — ces mêmes comptes que Washington brandit quand il exige la coopération du Mexique, de la Colombie ou de l’Afrique de l’Ouest sur les migrations et les stupéfiants — ont été détournés pour acheter des éloges télévisés au président. Pour les gouvernements que Washington sermonne régulièrement sur la discipline budgétaire et la lutte anticorruption, la symétrie est difficile à manquer : les fonds destinés à surveiller la frontière ont servi à polir l’image de celui qui la surveille.

La seconde lecture du Sud porte sur le pouvoir, pas sur l’hypocrisie. Bien des dirigeants de la région prendront discrètement des notes sur la méthode : une ligne budgétaire « événements commémoratifs », un avis juridique complaisant, un contrat attribué le lendemain. Le manuel du détournement des ressources publiques au service de l’image personnelle est familier dans tout le Sud — ce qui est nouveau, c’est de le voir démontré, pièces à l’appui, par la plus vieille démocratie du monde.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Les deux camps s’accordent sur la mécanique : 20 millions de dollars des crédits des douanes ont été transférés vers une ligne « événements commémoratifs », puis attribués à une agence de marketing du Maryland pour ces spots, diffusés sur les chaînes nationales avec la mention « Payé par le gouvernement des États-Unis ».
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Ce qui est contesté : la nature de ces spots — messages d’intérêt général légitimes, plaide la Maison-Blanche en soulignant l’absence d’« appel à voter » pour un candidat, ou propagande illégale, rétorquent les critiques en invoquant l’interdiction fédérale, ancienne, de la publicité et de la propagande financées par le contribuable.
Ce que nous savons
Ce que l’on sait : la chronologie (réunion du 7 août dans le Bureau ovale, transfert du 19 septembre, contrat du 20, diffusions en septembre), les déclarations publiques (« je paierai volontiers cet argent » de Trump, l’objection de Thune, la comparaison orbanienne de Tillis, le récit du contournement budgétaire par Collins) et les contrôles désormais réclamés au GAO, au Bureau du conseil spécial et à l’inspecteur général de la Sécurité intérieure.
Ce que nous ignorons encore
Ce que l’on ignore encore : si un organe de contrôle jugera ces dépenses illégales ; si M. Trump donnera suite à son offre de payer ; le contenu exact des spots inédits ; et qui, au sein des douanes, était au courant du transfert avant qu’il n’ait lieu.
Ce que nous anticipons
Ce à quoi l’on s’attend : les trois quarts restants des 20 millions dépensés à mesure que la campagne s'étend ; des contrôles qui se prolongeront pendant la dernière ligne droite des midterms ; et une affaire qui collera aux candidats républicains, sommés de défendre à la fois le message et l’argent.

Questions et réponses

D'où viennent exactement ces 20 millions de dollars ?

Des fonds des douanes et de la protection des frontières. Le 19 septembre, le Bureau de la gestion et du budget a transféré 20 millions de dollars de crédits des douanes vers une ligne du département intitulée « événements commémoratifs ». Selon le Times et le Washington Post, ces crédits étaient destinés à la sécurité des frontières, à la lutte contre le narcotrafic et aux cérémonies en mémoire des agents tombés en service.

Est-ce légal ?

C'est tout l'objet du débat. La Maison-Blanche dit oui : ce sont des messages d’intérêt général sans « appel à voter » pour aucun candidat, et Trump n’est sur aucun bulletin. Les critiques — dont l’organisation CREW, qui a déposé une plainte auprès de l’inspecteur général de la Sécurité intérieure — invoquent l’interdiction, en vigueur depuis les années 1950, de dépenser l’argent fédéral à des fins de « publicité ou de propagande ».

Qu’a dit Trump lui-même ?

Interrogé par les journalistes, il n’a pas contesté le montage : « Si quelqu’un me dit que c’est mal, je paierai volontiers cet argent. » Puis : « Mais ce sont des publicités pour le pays. Il faut comprendre. Je ne fais pas la promotion d’un candidat. Je ne me fais pas ma propre promotion, parce que je ne suis pas candidat. Je fais la promotion du pays. » Rien n’indique qu’il compte payer.

Comment réagissent les républicains ?

Avec un malaise publiquement inhabituel. Le chef de la majorité sénatoriale John Thune estime que ces spots « ne devraient pas être payés avec l’argent du contribuable ». Le sénateur Thom Tillis y voit « Viktor Orbán s’adressant au peuple hongrois ». La sénatrice Susan Collins a confirmé que l’argent provenait des crédits des douanes dans la loi de réconciliation de 2025, précisant que la commission des finances qu’elle préside n’y a joué aucun rôle.

Pourquoi ne pas avoir utilisé l’argent de son super PAC ?

C'est la question que le Times lui-même a posée. MAGA Inc., le super PAC de Trump, abordait l’automne avec 400 millions de dollars collectés depuis sa réélection de 2024. « On ne voit pas bien pourquoi ce sont des fonds publics, et non l’argent du super PAC, qui ont servi à payer ces spots », écrit le Times.

Que va-t-il se passer maintenant ?

La Maison-Blanche annonce que la campagne va s'étendre — seuls quelque 5,5 millions des 20 millions ont été dépensés, et au moins huit spots restent inédits. Pendant ce temps, une plainte a été déposée auprès de l’inspecteur général de la Sécurité intérieure, des examens ont été demandés au GAO et au Bureau du conseil spécial, et des sénateurs exigent des réponses — le tout à quelques semaines des élections de mi-mandat.

Chargement de la discussion…
Publicité