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Édition du soir

Soudan : la famine menace, entre sécheresse d'El Niño et trois ans de guerre

L'IPC a averti lundi : le risque de famine grandit au Darfour et au Kordofan, où la sécheresse d'El Niño rencontre trois ans de guerre — sans que l'argent pour y répondre arrive.

Un camp de déplacés au Darfour, au Soudan
Un camp de déplacés au Darfour, au Soudan
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Points clés

  • 12 octobre 2026 : La Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire avertit que le risque de famine augmente dans le Grand Darfour et le Grand Kordofan, où conflit, déplacements et sécheresse d'El Niño convergent. L'alerte décrit un risque croissant, pas une nouvelle classification de famine. Al Jazeera (2026-10-12)
  • Ampleur de la sécheresse : La sécheresse couvre désormais plus de la moitié du Soudan. Près des deux tiers des terres cultivées du Darfour du Nord montrent une végétation chétive, et environ la moitié au Darfour du Sud, au Kordofan-Occidental et au Kordofan du Sud ; les pluies de fin septembre sont arrivées trop tard pour sauver la plupart des céréales. UN News (2026-10-13)
  • Malnutrition : À Nyala, la part des enfants suivis par les services de nutrition admis pour malnutrition aiguë sévère a doublé, d'environ 5 % à 11 %, entre janvier et août. Deux camps de déplacés du Darfour du Sud ont enregistré une malnutrition aiguë globale au-dessus des seuils de famine. Al Jazeera (2026-10-12)
  • Bilan de la guerre : La guerre a éclaté en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Au moins 150 000 personnes ont été tuées (ACLED) et 13 à 14 millions déplacées. Le seul Grand Kordofan a vu plus de 300 000 déplacés depuis octobre 2025 et plus de 170 attaques de marchés cette année. UN News (2026-10-13)
  • Manque de financement : Le financement du PAM pour le Soudan a chuté à environ moitié du niveau de l'an dernier — 206 millions de dollars reçus contre 645 millions, avec un manque d'un peu moins de 300 millions. Au 8 octobre, moins de la moitié de l'appel humanitaire pour le Soudan était financée. Reuters (2026-09-14)

À Nyala, au Darfour du Sud, un enfant sur neuf arrivant dans un centre de nutrition est admis pour malnutrition aiguë sévère — deux fois plus qu'en janvier. Lundi, l'observatoire mondial de la faim a confirmé ce que ces salles montrent déjà : sécheresse et guerre poussent le Darfour et le Kordofan vers la famine.

Lundi, l'observatoire de la faim le plus influent du monde dit ce que les travailleurs humanitaires répètent depuis des mois : le pays glisse vers la famine. La Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC), coalition de 21 organisations, avertit que conflit, déplacements et sécheresse provoquée par El Niño convergent sur le Darfour et le Kordofan, les régions les plus frappées par trois ans de guerre.

Pourquoi le risque de famine augmente-t-il ?

La sécheresse n'arrive pas à la place de la guerre. Elle s'ajoute à elle.

Parce que deux crises qui avançaient en parallèle viennent de se percuter. La sécheresse couvre désormais plus de la moitié du Soudan. Au Darfour du Nord, près des deux tiers des terres cultivées montrent une végétation chétive ; au Darfour du Sud et dans les deux Kordofans, c'est environ la moitié. Les pluies sont enfin arrivées fin septembre — trop tard pour sauver la plupart des céréales — et les prix vont, selon l'IPC, très probablement continuer d'augmenter.

Le Grand Kordofan, a vu plus de 300 000 personnes fuir leurs foyers depuis octobre 2025. Les marchés ont subi cette année plus de 170 frappes, pillages ou affrontements armés. Deux camions affrétés par le Programme alimentaire mondial ont été pris pour cible les 2 et 3 octobre, tuant au moins une personne.

La guerre a trois ans. Les combats ont éclaté en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), s'étendant de Khartoum à tout le pays — voir notre fiche pays sur le Soudan. Au moins 150 000 personnes ont été tuées, selon le moniteur de conflits ACLED — les ONG estiment le bilan réel plus élevé — et entre 13 et 14 millions ont été déplacées. L'armée tient le centre et l'est ; les RSF contrôlent le Darfour à l'ouest et des parties du sud.

Ce n'est pas le premier avertissement. En mai, l'IPC recensait près de 19,5 millions de personnes — plus de 40 % de la population — en insécurité alimentaire aiguë élevée, dont 135 000 en phase 5, l'échelon le plus sévère. Le cluster Sécurité alimentaire et moyens d'existence du Soudan évoque désormais près de 29 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë.

Comment une récolte perdue transforme-t-elle la faim en famine ?

Le Soudan entre dans sa principale saison de récolte, d'octobre à janvier environ : les quatre mois qui, selon les organisations humanitaires, décideront si la crise s'aggrave en 2027. Cette année encore, les agriculteurs du Darfour, du Kordofan et du Nil Bleu ont semé malgré les violences et les déplacements. Mais terres, routes, marchés et réseaux d'eau et d'électricité ont été pris pour cible, et la sécheresse a fait le reste.

Au Darfour du Nord, des pluies tardives ont compromis les cultures et laissé les stocks alimentaires « à un niveau critique ». Le Kordofan-Occidental traverse l'une de ses pires sécheresses depuis 2004. Les moyens d'existence des agriculteurs se sont détériorés et la dépendance à l'aide alimentaire augmente.

Une agricultrice de Kass, au Darfour du Sud, l'a raconté aux équipes de secours ce mois-ci : sa famille a loué des terres, les a soigneusement préparées, mais les pluies ont été insuffisantes : deux semis, et rien n'a vraiment poussé. Ils n'ont pas d'argent pour acheter de la nourriture et les prix ne cessent de monter. « La famine est à notre porte. Nous souffrons », dit-elle. Un agriculteur du Kordofan du Sud a résumé l'arithmétique de la saison en une phrase : « Nous avons semé en sachant que nous pourrions être tués avant la récolte. Ne pas semer, c'était aussi la mort. »

Qui paie la nourriture — et qui ne paie pas ?

Presque personne, à l'échelle requise. Au 8 octobre, moins de la moitié de l'appel humanitaire pour le Soudan avait été financée. Le financement du PAM pour le Soudan a chuté d'environ moitié cette année : 206 millions de dollars reçus contre 645 millions l'an dernier, avec un manque d'un peu moins de 300 millions pour maintenir les opérations actuelles. « Nous avons une présence que nous n'exploitons pas pleinement faute de financement », a déclaré le mois dernier à Reuters le directeur exécutif par intérim Carl Skau.

Le manque se voit dans l'assiette. À Tawila, au Darfour du Nord, ville d'environ un million de déplacés, le PAM atteint tout le monde chaque mois — avec une demi-ration couvrant deux semaines de nourriture. « On ne voit pas très bien comment ils survivent vraiment les deux autres semaines », dit Skau. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) n'a reçu que 18 % des 1,6 milliard de dollars nécessaires ; l'Organisation mondiale de la santé, 23 % de son appel de 97,7 millions pour le Soudan. L'argent n'a pas disparu par accident : les gouvernements donateurs, dont les États-Unis, ont sabré cette année des milliards d'aide étrangère.

Que montrent vraiment les enquêtes nutritionnelles ?

Les preuves les plus nettes viennent des enfants. À Nyala, la part des enfants arrivant dans les services de nutrition et nécessitant un traitement contre la malnutrition aiguë sévère a plus que doublé entre janvier et août, passant de 5 à 11 %. À Jebel Marra oriental, au Darfour du Sud, deux camps de déplacés ont relevé une malnutrition aiguë de 38 et 30,8 % chez les enfants — au-dessus du seuil de famine. Dans le Grand Darfour, 13 des 17 enquêtes nutritionnelles réalisées depuis janvier ont trouvé des niveaux critiques de malnutrition aiguë. À Kass, les cas sévères parmi les enfants suivis ont quadruplé.

En août, seuls 26 % des enfants censés avoir besoin de soins pour malnutrition aiguë sévère avec complications médicales les avaient reçus — et sans traitement, jusqu'aux deux tiers d'entre eux pourraient mourir. « La famine, c'est l'effondrement des systèmes. Nous assistons à une catastrophe humanitaire, déjà d'une ampleur historique », a déclaré le Comité d'examen de la famine de l'IPC.

Quelles sont les cinq forces à l'œuvre ?

Géopolitique : les lignes de front de la guerre sont les lignes de front de la faim. La puissance des RSF au Darfour et le contrôle de l'est par l'armée obligent la nourriture à traverser des lignes de bataille, et les groupes armés des deux camps ont attaqué les corridors. Les drones sont désormais de la partie — les Soudanais fuyant vers le Tchad décrivent bombardements aériens et attaques de drones, selon l'agence onusienne pour les réfugiés —, une menace de plus pour fermes, marchés et convois. La guerre du Soudan n'est pas le seul conflit actif d'Afrique : à l'est du continent, la guerre changeante du Congo capte les regards pendant que celle du Soudan se poursuit dans l'ombre.

Macroéconomie : le coût de la nourriture a augmenté de près de 40 % depuis février, selon les mesures du PAM. L'inflation élevée et la dépréciation continue de la monnaie renchérissent nourriture, carburant et transport, si bien que même les ménages disposant d'argent en achètent moins. L'économie soudanaise a été, selon Reuters, décimée par trois ans de guerre.

Démographie : le déplacement est le moteur de la crise. Jusqu'à 14 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers — le plus grand déplacement de population au monde — et le flux s'accélère : plus de 400 personnes par jour franchissent la frontière du Tchad oriental , vingt fois plus qu'avant, fuyant le Darfour, le Kordofan et le Nil Bleu. Le Tchad, l'un des pays les plus pauvres d'Afrique, accueille 1,4 million de réfugiés, dont plus de 900 000 Soudanais. À Tawila, au Darfour du Nord, environ un million de déplacés vivent dans des abris de fortune, dépendants d'une aide limitée. D'autres tentent des routes désespérées : la semaine dernière, un bateau surchargé a coulé entre Djibouti et le Yémen, tuant au moins 139 personnes — un rappel du prix des corridors de la région.

Modèles historiques : le Soudan a déjà connu cela. La sécheresse du Kordofan-Occidental est la pire depuis 2004 ; la famine a été formellement confirmée à plusieurs reprises au Soudan au cours des deux dernières années ; et le nom du Darfour porte encore la mémoire de la catastrophe du milieu des années 2000, quand les camps de déplacés se sont remplis et que les secours sont arrivés trop tard. L'alerte de l'IPC précise qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle classification de famine — mais la séquence des signaux est la même.

Structures et technologies : c'est une crise que les satellites avaient vue venir. Le suivi de la croissance végétale avait signalé les récoltes manquées du Darfour du Nord avant l'échec des moissons — l'alerte précoce fonctionne, et l'alerte du 12 octobre en est le produit. Ce que le système ne répare pas, c'est l'accès : l'aide traverse une zone de guerre, et la technologie a autant armé la guerre qu'éclairé les secours. La fenêtre de récolte elle-même est la date butoir structurelle — si les cultures d'octobre à janvier ne peuvent être ni récoltées ni transportées, la crise de l'an prochain est déjà écrite.

Que se passera-t-il ensuite ?

Trois choses décideront des prochains mois. D'abord, la récolte : les agriculteurs du Darfour et du Kordofan pourront-ils récolter en sécurité et acheminer la nourriture vers les marchés. Ensuite, l'accès : l'IPC a nommé spécifiquement le Kordofan du Nord et de l'Ouest, où les combats et l'insécurité ont rendu l'acheminement de l'aide quasi impossible. Enfin, l'argent : les appels sont financés à moins de moitié, et le PAM réduit déjà les rations pour étirer ce qu'il a.

L'alerte se termine par une demande — la fin des combats, un accès sûr et durable pour les agences humanitaires, et un financement flexible à grande échelle. Sans une augmentation majeure de l'aide, prévient l'IPC, davantage de vies seront en danger. Lundi, l'observatoire a mis les faits sur la table. La suite dira si les avertissements font encore bouger quelqu'un.

Prisme occidental

Lue depuis l'Occident, c'est l'histoire d'alertes qui arrivent à temps et restent sans réponse. L'IPC a fait son travail : les satellites ont signalé les récoltes manquées, les enquêtes ont mesuré les enfants, et l'alerte est partie le 12 octobre avec noms, chiffres et date butoir — la fenêtre de récolte d'octobre à janvier. Ce qui n'a pas suivi, c'est la réponse : moins de la moitié de l'appel financée, le PAM qui réduit les rations, et un Conseil de sécurité qui a vu venir les atrocités d'El Fasher et n'a rien fait, selon l'acte d'accusation du chef du PAM lui-même.

Le regard occidental voit aussi la politique des donateurs dans les comptes. Le financement du Soudan a chuté de moitié cette année, les États-Unis et d'autres gouvernements ayant sabré des milliards d'aide étrangère — de l'argent retiré franchement, pas égaré par accident. L'attente inscrite dans l'alerte est explicite : un financement flexible à grande échelle et une pression sur les belligérants pour cesser les combats, ou au moins laisser passer la nourriture. Sans les deux, la prochaine classification ne sera pas une alerte.

Prisme oriental

Lue depuis l'Est, l'alerte sur le Soudan confirme que l'attention occidentale est sélective et que ses institutions moralisent plus qu'elles n'agissent. Les faits ne sont pas contestés — la sécheresse, la guerre, les enfants de Nyala — mais le cadrage change : un système onusien qui émet des alertes pendant que ses principaux bailleurs sabrent les budgets d'aide est lu comme un système qui joue l'inquiétude plutôt que d'exercer le pouvoir.

Le regard oriental note aussi qui est absent de l'histoire : aucune grande puissance ne fait du Soudan une priorité, et la dynamique externe de la guerre ne subit aucune pression réelle. Sous cet angle, la solution tient moins à de nouveaux appels qu'à la politique dure de la fin de la guerre elle-même — que nulle capitale, à l'Est comme à l'Ouest, n'a encore obtenue, et la famine continuera de suivre les combats tant que cela ne changera pas.

Prisme du Sud global

Lue depuis le Sud global, c'est l'histoire de ceux qui restent quand les caméras partent. Le Tchad — l'un des pays les plus pauvres d'Afrique — accueille désormais 1,4 million de réfugiés, la plus grande population de réfugiés par habitant du continent, et associations d'agriculteurs, groupes de femmes et secouristes locaux soudanais maintiennent les systèmes alimentaires en mouvement avec des moyens dérisoires sous une menace constante, selon les termes de l'appel conjoint pour la récolte.

Le regard du Sud entend les voix soudanaises que l'alerte met au centre : l'agriculteur du Kordofan du Sud qui a semé en sachant qu'il pourrait être tué avant la récolte, l'agricultrice de Kass qui a semé deux fois et n'a rien vu pousser. Sous cet angle, la famine n'est pas une catastrophe naturelle mais le résultat d'une guerre que personne n'a arrêtée — et la demande dans la presse arabe est directe : une trêve humanitaire, puis une fin définitive des combats, car les vies soudanaises ne peuvent pas attendre une nouvelle conférence de donateurs.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Ce sur quoi nous sommes d'accord : L'IPC, le PAM, l'OMS et les médias onusiens s'accordent : le risque de famine grandit dans le Grand Darfour et le Grand Kordofan, porté par la combinaison de la guerre, des déplacements et de la sécheresse d'El Niño — et l'aide décroche, freinée par l'insécurité, les restrictions d'accès et le manque de fonds.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord : Les médias décrivent l'ampleur de la sécheresse un peu différemment — « environ la moitié » du pays pour Al Jazeera, « plus de la moitié » pour les Nations unies — et le total des déplacés oscille entre 13 et 14 millions selon les sources et la date du décompte.
Ce que nous savons
Ce que nous savons : La sécheresse couvre au moins la moitié du Soudan ; 64 % des terres cultivées du Darfour du Nord montrent une végétation chétive ; la malnutrition infantile sévère à Nyala a doublé, de 5 à 11 %, entre janvier et août ; l'appel humanitaire pour le Soudan était financé à moins de moitié au 8 octobre.
Ce que nous ignorons encore
Ce que nous ne savons pas encore : Si la récolte d'octobre à janvier pourra être ramassée et transportée en sécurité pour éviter une classification formelle de famine ; combien de communautés franchiront le seuil avant que les donateurs comblent le manque de fonds ; et si les combats au Kordofan du Nord et de l'Ouest s'apaiseront assez pour un accès humanitaire durable.
Ce que nous anticipons
Ce à quoi nous nous attendons : L'alerte du 12 octobre sera suivie de nouveaux appels aux donateurs et d'une pression diplomatique autour de la fenêtre de récolte — mais sans augmentation majeure du financement et de l'accès, l'insécurité alimentaire, la malnutrition aiguë et la surmortalité continueront de s'aggraver pendant la saison sèche.

Questions et réponses

Qu'est-ce que l'IPC et pourquoi son alerte compte-t-elle ?

La Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire réunit 21 organisations — UNICEF, PAM, OMS, Banque mondiale, FAO — et fixe la norme mondiale de mesure de la faim. Son échelle en cinq phases, du niveau minimal à la famine, est l'instrument dont se servent gouvernements et donateurs pour décider où va l'aide alimentaire. Quand l'IPC émet une alerte, c'est que des experts indépendants lisent les données de la même façon.

Quelle est la différence entre une alerte de famine et une déclaration de famine ?

La déclaration de famine est rare et technique : elle exige la preuve qu'au moins 20 % des ménages affrontent une pénurie alimentaire extrême, que 30 % des enfants souffrent de malnutrition aiguë et que deux adultes ou quatre enfants meurent chaque jour pour 10 000 habitants. L'alerte de lundi n'est pas une déclaration — elle dit que la situation se dégrade vers ces seuils au Darfour et au Kordofan, et qu'une action urgente peut encore éviter une classification formelle.

Combien de personnes souffrent de la faim au Soudan aujourd'hui ?

Les chiffres varient selon l'indicateur. En mai, l'IPC recensait près de 19,5 millions de personnes — plus de 40 % de la population — en insécurité alimentaire aiguë élevée. Le cluster Sécurité alimentaire et moyens d'existence évoque désormais près de 29 millions. Le Programme alimentaire mondial, concentré sur les plus touchés, tente d'atteindre cinq millions de personnes parmi les plus vulnérables — et ne peut en servir pleinement qu'environ quatre millions.

Que peut faire concrètement le monde extérieur ?

Trois choses, selon l'alerte et les agences : faire taire les armes, ou au moins protéger la récolte d'octobre à janvier ; ouvrir un accès humanitaire sûr au Kordofan du Nord et de l'Ouest ; et payer, avec un financement à grande échelle. Au 8 octobre, moins de la moitié de l'appel humanitaire pour le Soudan était financée — la distance la plus courte entre une alerte et une famine est un budget vide.

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