Mardi 20 octobre 2026 — le jour même de l'échéance constitutionnelle — le Conseil de gouvernement présidé par la Cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri a adopté le projet de loi de finances n° 60.26 pour 2027, trois jours après que Sa Majesté le Roi Mohammed VI en a validé les orientations générales. Cinq priorités, 25 milliards de dirhams pour les territoires, et le premier test budgétaire du premier gouvernement marocain dirigé par une femme.
Publié le 21 octobre 2026 · 07:27 GMT
Mardi 20 octobre 2026, le Conseil de gouvernement marocain, réuni à Rabat sous la présidence de la Cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri, a adopté le projet de loi de finances n° 60.26 pour l'année budgétaire 2027. Le texte a été présenté par Fouzi Lekjaa, ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, et l'adoption a été annoncée dans un communiqué de Samir Belfquih, porte-parole du gouvernement. Le calendrier n'a rien d'anodin : le 20 octobre est l'échéance constitutionnelle de dépôt du projet de loi de finances devant le Parlement, et le nouveau gouvernement — investi quatre jours plus tôt seulement — l'a respectée au jour près.
L'adoption achève une séquence constitutionnelle en deux temps. Samedi 17 octobre, le Conseil des ministres, présidé au Palais royal de Rabat par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avait examiné et validé les orientations générales de la loi de finances 2027 en vertu de l'article 49 de la Constitution, le ministre des Finances présentant l'architecture du texte devant le Souverain. Le Conseil de gouvernement de mardi a transformé ces orientations en projet adopté, ouvrant la voie à son dépôt au Parlement et au début de l'examen législatif.
La loi de finances 2027 s'articule autour de cinq priorités. Premièrement, la restauration du pouvoir d'achat et la consolidation de l'État social : une réforme structurelle des marchés et des prix dès 2027, la poursuite de la généralisation de la couverture médicale et la revalorisation de l'aide sociale directe. Deuxièmement, l'insertion des jeunes à travers un programme national 2027-2031 couvrant formation, incubation, accès au financement, garanties et marchés. Troisièmement, la régionalisation avancée et une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, dotée d'environ 25 milliards de dirhams, conformément aux Hautes Orientations Royales sur les compétences régionales. Quatrièmement, la souveraineté stratégique dans l'eau, l'énergie, l'alimentation et le numérique — sécurité hydrique, renouvelables, offre marocaine en hydrogène vert, feuille de route gazière, sécurité alimentaire et souveraineté numérique. Cinquièmement, une économie forte finançant les ambitions sociales et souveraines tout en préservant les équilibres macroéconomiques, avec de nouveaux écosystèmes industriels souverains.
Le texte soutient aussi l'investissement privé via la Charte de l'investissement et la réforme des Centres régionaux d'investissement, en ciblant les très petites, petites et moyennes entreprises. Le cadre macroéconomique décrit un environnement international difficile — conflits géostratégiques coûteux, protectionnisme, concurrence accrue sur l'énergie, la technologie et les financements — et, pour le Maroc, des résultats 2026 attendus près de 4,7 % de croissance, 0,7 % d'inflation et 3 % de déficit. Première feuille de route budgétaire du programme gouvernemental présenté au Parlement, elle fait suite au Conseil des ministres du 17 octobre présidé par Sa Majesté le Roi et à l'investiture du nouveau gouvernement le 16 octobre.
Ce que le texte adopté dit en dirhams et centimes n'est pas encore public. Le volet recettes — les mesures fiscales prévues, l'élargissement promis de l'assiette fiscale et la réforme de l'impôt sur le revenu annoncée dans le programme gouvernemental — n'a pas été détaillé. La répartition régionale des 25 milliards de dirhams pour le développement territorial est inconnue : quelles régions, quels projets, sur quelle base contractuelle entre l'État et les régions. Le dessin de la réforme structurelle des marchés et des prix, mesure la plus politiquement sensible pour le pouvoir d'achat des ménages, reste à dévoiler. La gouvernance du programme intégré pour la jeunesse — qui le pilote, comment son financement est garanti sur 2027-2031, comment il absorbe ou remplace les dispositifs sectoriels épars qu'il est censé dépasser — est tout aussi inconnue. Et le calendrier parlementaire, du dépôt à l'examen en commission puis au vote final, ne se précisera qu'une fois le texte parvenu dans les hémicycle.
Une loi de finances n'est jamais seulement arithmétique ; celle-ci est une déclaration d'intention d'un gouvernement âgé de quatre jours. En adoptant le budget 2027 le jour de l'échéance constitutionnelle, le gouvernement El Mansouri signale un sérieux opérationnel au moment où sa crédibilité se mesure — devant le Parlement, les marchés, et une jeunesse dont les griefs sur l'emploi, l'éducation et la santé ont nourri les manifestations de la génération Z l'an dernier. L'architecture du texte répond à ces griefs : le pouvoir d'achat d'abord, la jeunesse ensuite, les territoires en troisième. Cet ordonnancement est politique avant d'être technique.
Il compte aussi comme première expression budgétaire d'un mandat historique. Fatima Ezzahra El Mansouri est la première femme cheffe de gouvernement du Maroc, nommée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI après les législatives du 23 septembre. Le budget qu'elle vient de faire adopter sera lu — à Rabat, dans les régions, et par les partenaires du Maroc — comme la mesure de ce mandat. Pour les investisseurs tournés vers la Coupe du monde 2030 coorganisée avec l'Espagne et le Portugal, la cinquième priorité — une économie forte sans rupture des équilibres — est la phrase qui compte.
À travers le prisme en cinq dimensions, la loi révèle sa logique. Géopolitiquement, c'est un budget de souveraineté : l'eau, l'énergie, l'alimentation et le numérique forment la quatrième priorité nationale, avec l'hydrogène vert et la feuille de route gazière — le Maroc en plateforme énergétique et industrielle entre l'Europe et l'Afrique plutôt qu'en preneur de prix. Économiquement, le pari est qu'une croissance peut être à la fois plus rapide et plus saine : 5 % en moyenne contre 4,7 % attendus, un déficit sous les 3 %, une dette vers 62 % du PIB en 2031 — une expansion qui se paie elle-même, du moins sur le papier.
Démographiquement, le texte s'adresse aux jeunes : programme 2027-2031, formation-emploi, aide revalorisée — des réponses à la génération de l'an dernier, que le budget devra convaincre dans les faits. Historiquement, les lois de finances marocaines sont des instruments de continuité — le Royaume ne fait pas de ruptures fiscales — et celle-ci perpétue la tradition : même séquence constitutionnelle, même rythme d'octobre, mêmes ancrages prudentiels. Structurellement, le pari porte sur les territoires : 25 milliards de dirhams et la régionalisation avancée pour transformer les priorités nationales en réalités locales, le contrat État-régions comme courroie de transmission. Le risque, comme toujours, n'est pas dans l'architecture mais dans l'exécution — et c'est elle que les douze prochains mois testeront.
Les effets de second ordre commencent au Parlement, où la cohésion de la majorité — une coalition de quatre partis en rodage — sera testée amendement après amendement, et où l'opposition sondera l'écart entre les cinq priorités et leurs prix. Ils se poursuivent dans les régions, où walis et conseils régionaux plaideront pour leur part des 25 milliards, transformant une enveloppe nationale en négociation territoriale. Ils atteignent les marchés par la réforme des prix : une refonte de la formation des prix touche chaque ménage et chaque commerçant, et son séquençage déterminera si elle se lit comme une libération ou un choc. Ils touchent le privé via la Charte de l'investissement et les Centres régionaux d'investissement — les instruments par lesquels le pari de croissance devra être financé. Et vers l'extérieur : partenaires et bailleurs liront le texte pour juger du sérieux des 3 % de déficit, de la crédibilité des recettes et du réalisme des 5 % de croissance dans un monde protectionniste.
Le texte part désormais au Parlement, où commence l'examen législatif : l'instruction en commission, les amendements, et les allers-retours entre les chambres propres à chaque saison budgétaire marocaine. Les questions à suivre sont concrètes.
Les mesures fiscales — élargissement de l'assiette, réforme de l'impôt sur le revenu, lutte anti-évasion — seront publiées avec le dépôt, et c'est là que les objectifs de 5 % de croissance et de 3 % de déficit rencontrent la réalité. On regardera si la charge pèse sur la consommation, sur le revenu, ou sur la lutte contre l'informel.
La répartition de l'enveloppe territoriale entre régions et programmes montrera si la régionalisation avancée est un slogan ou une méthode. Contrats État-régions, charte de déconcentration, premières listes de projets : voilà les documents qui comptent.
Le programme 2027-2031 devra passer du texte aux lignes budgétaires puis aux opérateurs de terrain en quelques mois pour répondre à la génération qu'il vise. Son architecture de gouvernance — guichet unique ou dispositifs épars — sera le premier test de crédibilité de l'exécution du gouvernement El Mansouri.
Le regard occidental Vu de l'Ouest, il s'agit d'un test de compétence. La couverture occidentale a cadré le gouvernement El Mansouri autour de deux faits — la première femme à diriger un gouvernement marocain, et une échéance légale couperet au 20 octobre — et l'adoption se lit comme le premier obstacle institutionnel franchi dans les temps. Le regard occidental surveillera désormais les chiffres qui comptent pour créanciers et partenaires : le déficit sous les 3 % du PIB, l'objectif de 5 % de croissance sur 2027-2031, et la nature réelle de la réforme des marchés et des prix.
Le regard oriental Aucun média du bloc oriental n'a rapporté l'adoption de manière indépendante ; la couverture repose sur la presse marocaine, pakistanaise et occidentale. À travers le prisme analytique oriental, la loi est une étude d'économie de la souveraineté : l'eau, l'énergie, l'alimentation et le numérique en priorités budgétaires explicites, une offre en hydrogène vert, des écosystèmes industriels souverains, un État finançant ses ambitions avec un déficit à 3 %. Pour Pékin et Moscou, la ligne intéressante est la quatrième priorité — une puissance moyenne inscrivant l'autonomie stratégique dans sa loi de finances, dans l'idiome du développement plutôt que de l'alignement.
Le regard du Sud Vu du Sud global, c'est un exercice familier et suivi de près : un État en développement conciliant contrat social et discipline budgétaire, en public, sur une horloge constitutionnelle. La couverture du Sud s'est attardée sur le concret : les 25 milliards pour les régions, l'accompagnement des jeunes vers l'emploi, l'aide directe revalorisée. Sans illusions sur les objectifs — 5 % de croissance et 3 % de déficit restent des ambitions —, le Sud note la méthode : orientations validées par le Souverain, adoption par le gouvernement élu, examen parlementaire.
C'est le projet de loi de finances n° 60.26 pour l'année budgétaire 2027, adopté par le Conseil de gouvernement marocain le 20 octobre 2026 sous la présidence de Fatima Ezzahra El Mansouri. Présenté par le ministre des Finances Fouzi Lekjaa, il fixe la feuille de route budgétaire de l'État autour de cinq priorités : pouvoir d'achat, jeunesse, régions, souveraineté et solidité économique.
Le calendrier constitutionnel marocain impose le dépôt du projet de loi de finances devant le Parlement au plus tard le 20 octobre. La séquence va du Conseil des ministres, présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui valide les orientations générales en vertu de l'article 49, à l'adoption par le Conseil de gouvernement, puis au dépôt au Parlement pour examen législatif.
Premièrement, le pouvoir d'achat et l'État social, avec une réforme structurelle des marchés et des prix. Deuxièmement, l'insertion des jeunes via un programme national 2027-2031. Troisièmement, la régionalisation avancée avec environ 25 milliards de dirhams pour le développement territorial. Quatrièmement, la souveraineté stratégique eau-énergie-alimentation-numérique. Cinquièmement, une économie forte préservant les équilibres macroéconomiques.
C'est la première femme cheffe de gouvernement du Maroc, nommée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI après la victoire de son parti aux élections législatives du 23 septembre 2026. Son gouvernement a été investi le 16 octobre 2026, et la loi de finances 2027, adoptée quatre jours plus tard, en est le premier grand acte économique.
Le gouvernement vise une croissance annuelle moyenne de 5 % sur 2027-2031, contre environ 4,7 % attendus en 2026, avec un déficit budgétaire contenu sous les 3 % du PIB, une inflation à 2 % et une dette publique ramenée vers 62 % du PIB en 2031. La loi de finances 2027 est le premier instrument budgétaire censé inscrire cette trajectoire dans la loi.