Le Tribunal arbitral du sport a annoncé lundi qu'il rendra une sentence complète et motivée sur l'appel du Sénégal contre la décision de lui retirer le titre de la CAN 2025 au profit du Maroc — laissant la couronne la plus disputée du football africain en suspens pour plusieurs semaines encore.
Publié le 19 octobre 2026 · 16:29 GMT
Neuf mois après la finale la plus controversée de l'histoire de la Coupe d'Afrique des nations, les juges de Lausanne ont daté le suspense. Dans un communiqué publié lundi 19 octobre 2026, le Tribunal arbitral du sport a confirmé que sa décision sur l'appel du Sénégal — l'affaire qui dira si le titre de la CAN 2025 appartient au Sénégal ou au Maroc — tombera fin novembre 2026.
« Ce processus prendra plusieurs semaines et la sentence du TAS est attendue fin novembre 2026 », indique la juridiction, citée par Reuters. La formation a choisi une sentence complète, assortie de l'intégralité de ses motifs juridiques, plutôt qu'une simple décision opérative — et c'est ce choix qui repousse le verdict de plusieurs semaines. Les trois arbitres délibèrent depuis le 8 octobre, date à laquelle ils ont entendu la Fédération sénégalaise contre la CAF et la Fédération Royale Marocaine de Football, à huis clos à Lausanne.
Le tempo a changé : après cette audience, le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, attendait une décision « ni aujourd'hui, ni demain, mais quelques jours plus tard ». Anticipant la rumeur, la cour a ajouté un avertissement explicite — seules les informations publiées par ses propres canaux sont officielles. Dans un dossier déjà pollué par des fabrications virales, Lausanne garde sa parole comme un secret d'État.
Les faits du terrain ne sont pas contestés. Le 18 janvier 2026, à Rabat, le Sénégal a battu le pays hôte, le Maroc, 1-0 après prolongation en finale de la CAN. Le chaos était venu plus tôt : en fin de temps réglementaire, l'arbitre a accordé au Maroc un penalty âprement contesté par le camp sénégalais. Plusieurs joueurs sénégalais ont quitté la pelouse et regagné les vestiaires environ quatorze minutes, puis sont revenus. Le Maroc — Brahim Diaz, selon l'AFP — a manqué le penalty ; en prolongation, le Sénégal a inscrit le but de la victoire.
Deux mois plus tard, le titre a changé de mains sans qu'un ballon soit frappé. Le jury d'appel de la CAF a estimé le 17 mars qu'en quittant le terrain, le Sénégal avait déclaré forfait, a infirmé le résultat et attribué au Maroc une victoire 3-0 en application des articles 82 et 84 du règlement de la CAN. La fédération sénégalaise a saisi le tribunal de Lausanne le 25 mars.
L'audience du 8 octobre était la première fois que les trois parties plaidaient dans la même salle. L'argument central du Sénégal, rapporté par Reuters : selon les Lois du Jeu, les décisions de l'arbitre sont définitives — et cet arbitre a laissé le match aller à son terme, donc le résultat du terrain doit être maintenu. La CAF et la FRMF répondent qu'abandonner le terrain, même brièvement, déclenche les dispositions sur le forfait. La formation est présidée par Gérald Simon (France), assisté de Luigi Fumagalli (Italie) et Ulrich Haas (Allemagne).
Personne, hors de la salle des délibérations, ne sait quelle lecture du règlement l'emportera. La sentence pourrait réintégrer le Sénégal, confirmer la décision du jury d'appel de la CAF au profit du Maroc, ou trouver une voie médiane — en ajustant les sanctions sans inverser le titre. Le choix d'une sentence intégralement motivée suggère que la formation s'attend à ce que sa logique soit scrutée pendant des années.
Nous ignorons aussi où portera le raisonnement : la question procédurale de savoir si un walk-off de quatorze minutes suivi d'un match achevé constitue un forfait au sens des articles 82 et 84, ou la doctrine substantielle du caractère définitif des décisions arbitrales. Nous ignorons enfin comment la CAF appliquerait une sentence favorable au Sénégal — les palmarès, les médailles et les livres d'histoire désignent aujourd'hui le Maroc comme champion.
Jamais une couronne de la Coupe d'Afrique des nations n'avait été attribuée par des arbitres, des mois après le coup de sifflet final. Quelle que soit la décision de Lausanne, la sentence deviendra le cas de référence pour chaque walk-off et chaque forfait invoqué dans le football mondial — le moment où la plus haute juridiction du sport a tracé la ligne entre la protestation et l'abandon. Pour la CAF, l'enjeu est institutionnel : la crédibilité de sa propre machine disciplinaire est jugée en même temps que les deux fédérations.
Pour le Maroc, Royaume auquel le titre a été attribué et co-organisateur de la Coupe du monde 2030, l'affaire se déroule sous le regard du monde entier ; la Fédération Royale Marocaine de Football a défendu sa position avec la gravité qu'exige le moment (voir notre couverture du Maroc). Pour le Sénégal, le triomphe sur la pelouse reste, aux yeux des supporters, le vrai résultat. Entre les deux, une question qui dépasse le sport : quand un match est allé à son terme sur la pelouse mais infirmé dans une salle de commission, qui est champion ? Neuf mois de suspens ont aussi un coût matériel — sponsoring, planification, état d'esprit — et les rencontres de novembre se joueront sans savoir quel titre est défendu.
Géopolitique : un test de résistance pour l'architecture institutionnelle du football africain — les instances de la CAF ont retiré un titre continental, et Lausanne juge désormais cette décision, recalibrant l'autonomie confédérale face à la justice sportive mondiale.
Macroéconomie : un titre continental est un actif économique — sponsoring, récits de diffusion, prestige des fédérations — et l'investissement global du Maroc dans le football, des nouveaux stades à la Coupe du monde 2030, accroît les enjeux commerciaux de l'incertitude. Neuf mois sans champion incontesté, ce sont neuf mois de valeur gelée.
Démographie et histoire : la CAN est l'événement culturel le plus fédérateur du continent, et un titre contesté entame cette unité. La sentence demandera à une nation de renoncer à une vérité profondément ressentie — le verdict le plus difficile à absorber.
Tendances structurelles : le sport migre vers la juridicisation. Cette sentence rejoindra le petit canon définissant la lecture mondiale des règles du forfait ; chaque futur walk-off sera plaidé à l'aune de ce que la formation Simon écrira en novembre.
Technologie : fausses sentences virales et numéros de dossier inventés ont fait de l'environnement informationnel une partie de l'histoire — l'avertissement explicite du tribunal est une tentative de réaffirmer une source unique de vérité face à un internet rapide.
La sentence sera définitive dans l'ordre sportif — le TAS est la plus haute juridiction du sport et ses décisions lient les fédérations. Un recours devant le Tribunal fédéral suisse reste théoriquement possible, mais uniquement sur des moyens procéduraux étroits, jamais sur la question de savoir qui doit être champion.
Les effets de second ordre survivront à la cérémonie du trophée. Le règlement de la CAF sera presque certainement révisé : les articles 82 et 84, écrits pour des équipes qui refusent de jouer, ont été étirés pour couvrir une équipe partie quatorze minutes puis revenue. Les livres des records — médailles, honneurs, palmarès des champions d'Afrique — désigneront enfin, après près d'un an, un seul vainqueur.
Les délibérations de la formation se poursuivent à Lausanne. Aucune audience supplémentaire n'est prévue ; la prochaine communication sera la sentence elle-même, publiée par les canaux officiels du TAS — les seuls que la cour reconnaisse. Les deux fédérations sont dans la posture familière des plaideurs attendant jugement : préparant des déclarations pour l'une ou l'autre issue, disant peu en public. Pour suivre l'actualité du Royaume, voir aussi notre suivi du gouvernement marocain. Quand la sentence arrivera fin novembre 2026, l'Afrique saura enfin — motifs juridiques à l'appui — qui a remporté la Coupe d'Afrique des nations disputée en janvier.
Les dépêches occidentales ont traité l'annonce comme une affaire de gouvernance autant que de sport. Reuters, à l'origine de l'information, a mis en avant la formulation exacte de la cour et présenté le délai comme un choix judiciaire délibéré : une sentence complète et motivée plutôt qu'une décision rapide. La dépêche française de l'AFP a apporté la texture procédurale — la date du 17 mars, les articles 82 et 84, Brahim Diaz comme tireur du penalty — tandis que la rédaction sportive française indépendante d'Orange/Media365 publiait le compte rendu le plus complet du communiqué, mise en garde contre les infox incluse.
Dans l'environnement informationnel est-asiatique, l'histoire est arrivée le jour même sous forme de dépêche, et non de reportage original. La chaîne singapourienne CNA a publié son compte rendu dans la soirée du 19 octobre, quelques heures après le communiqué lausannois ; les recherches dans les rédactions de NHK, Kyodo et The Hindu n'ont révélé aucun reportage est-asiatique original sur l'annonce. Cette distance n'est pas de l'indifférence : pour les publics asiatiques, l'affaire est un cadre familier — une décision confédérale mise à l'épreuve de la justice sportive mondiale, avec un co-organisateur du Mondial 2030 parmi les parties — et le précédent sur les walk-offs et l'autorité arbitrale sera lu aussi attentivement à Tokyo qu'à Rabat.
Le Sud global a couvert cette histoire avec ses propres rédactions. Al Jazeera a accordé à l'annonce un traitement complet de sa rédaction sportive ; la couverture la plus riche est venue des rédactions africaines écrivant sur le football africain — Foot Africa sur l'appel de la FSF contre la CAF et la FRMF, le média sénégalais Afrique Sports captant depuis Dakar l'attente suspendue du pays. La couverture du Sud explique aussi la mise en garde de Lausanne contre les infox : de fausses « sentences » sont devenues virales à plusieurs reprises autour de cette affaire, et à Dakar comme à Rabat, l'appétit pour un verdict a devancé depuis des mois le calendrier de la cour.
Le Tribunal arbitral du sport a publié un communiqué confirmant que sa formation — en délibérations depuis l'audience à huis clos du 8 octobre à Lausanne — rendra une sentence complète et intégralement motivée sur l'appel du Sénégal, attendue fin novembre 2026. La cour a ajouté que seuls ses propres canaux portent les informations officielles. Notre précédent article couvrait <a href="https://magnabureau.space/fr/article-lausanne-va-trancher-le-titre-le-plus-dispute-d-afrique-l">l'audience du 8 octobre elle-même</a>, alors qu'une décision était attendue sous quelques jours.
Après le walk-off d'environ quatorze minutes des joueurs sénégalais pour protester contre un penalty tardif accordé au Maroc en finale du 18 janvier à Rabat — penalty manqué ensuite — le jury d'appel de la CAF a jugé le 17 mars que le Sénégal avait déclaré forfait. Il a infirmé le 1-0 après prolongation et attribué au Maroc une victoire 3-0, citant les articles 82 et 84 du règlement de la CAN sur l'abandon du terrain sans l'autorisation de l'arbitre.
Une formation de trois arbitres présidée par le professeur français Gérald Simon, assisté du professeur italien de droit international Luigi Fumagalli et de l'avocat allemand Ulrich Haas. Ils ont entendu les arguments de la fédération sénégalaise contre la CAF et la Fédération Royale Marocaine de Football le 8 octobre à Lausanne. Leur sentence — attendue fin novembre — sera définitive dans l'ordre sportif.
Les issues réalistes sont la réintégration du Sénégal ou la confirmation du titre du Maroc ; la formation pourrait aussi ajuster la motivation sans inverser le titre. Rejouer le match n'a été évoqué par aucune partie. La sentence liera les fédérations — recours possible uniquement sur des moyens procéduraux étroits devant le Tribunal fédéral suisse. Contexte : <a href="https://magnabureau.space/fr/article-le-maroc-nomme-sa-premiere-femme-premier-ministre.html">notre couverture du Maroc</a>.
Fin novembre 2026, lorsque la cour publiera sa sentence motivée par ses canaux officiels sur tas-cas.org — la seule source que le tribunal reconnaît comme faisant foi. D'ici là, les palmarès officiels désignent le Maroc comme champion tandis que l'appel du Sénégal reste pendant. Un autre éclairage sur l'actualité du Royaume est disponible dans <a href="https://magnabureau.space/fr/article-le-nouveau-gouvernement-marocain-perd-une-ministre-apres-48.html">notre suivi du gouvernement marocain</a>.