Ce soir sur TV Globo, les deux finalistes défendent une dernière fois leur cause devant une nation coupée en deux à 50-50. Dimanche, le Brésil tranchera entre un quatrième mandat Lula et le retour du projet Bolsonaro — un choix aux conséquences de Washington à Pretoria.
Publié le 23 octobre 2026 · 07:07 GMT
Ce soir sur TV Globo, les deux finalistes défendent une dernière fois leur cause devant une nation coupée en deux à 50-50. Dimanche, le Brésil tranchera entre un quatrième mandat Lula et le retour du projet Bolsonaro — un choix aux conséquences de Washington à Pretoria. Flávio Bolsonaro a remporté le premier tour du 4 octobre avec 47,03 % des votes valides contre 45,16 % pour le président Lula, dominant 12 candidats sans majorité absolue.
Le Brésil tient un second tour présidentiel dimanche 25 octobre 2026 entre le sortant Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur Flávio Bolsonaro ; le premier tour du 4 octobre a donné 47,03 % des votes valides à Bolsonaro contre 45,16 % à Lula, et les derniers sondages Datafolha (22 oct.) et Quaest (21 oct.) placent la course dans la marge d'erreur.
Le sens de l'erreur des sondages — Datafolha affiche une égalité à 50-50 des votes valides quand d'autres enquêtes donnent à Bolsonaro une légère avance numérique, et les analystes débattent d'une répétition de l'erreur du premier tour, qui donnait Lula gagnant.
Qui gagne — la participation des abstentionnistes du premier tour, le report tardif des indécis et des votes blancs, l'effet du débat de ce soir et le rôle des tribunaux entre le décompte et la certification restent ouverts.
Rio de Janeiro, 23 octobre — À quarante-huit heures de l'élection présidentielle, les deux finalistes se retrouvent ce soir pour le second et dernier débat télévisé de la campagne, diffusé par TV Globo depuis Rio de Janeiro. Le président Luiz Inácio Lula da Silva et son challenger de droite, le sénateur Flávio Bolsonaro, y défendent une dernière fois leur cause devant une nation que les sondages décrivent comme coupée en deux parts exactement égales. AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Ce débat est le dernier moment de confrontation directe prévu avant le second tour de dimanche. Le premier débat, le 18 octobre, avait rapidement dégénéré en échanges d'insultes. Une pétition de plus d'un million de signatures demande à Globo un système de vérification des faits en direct ce soir, alors que chaque camp accuse l'autre d'avoir inondé la campagne de désinformation. AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Dimanche 25 octobre, les Brésiliens décideront si Lula, 80 ans, décroche un quatrième mandat non consécutif sans précédent — ou si le pays bascule à nouveau à droite sous Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, qui purge 27 ans de prison pour sa tentative de renverser sa défaite de 2022. CNA (05/10/2026)
Le premier tour, le 4 octobre, a produit le choc de la campagne. Flávio Bolsonaro est arrivé en tête avec 47,03 % des votes valides contre 45,16 % pour Lula, dominant 12 candidats sans majorité absolue. Les enquêtes privées prévoyaient Lula en tête d'environ trois points. « Les sondeurs se sont lourdement trompés », a commenté Robert Muggah, de l'Institut Igarapé, avertissant que les sondages du second tour pourraient eux aussi sous-estimer Bolsonaro. CNA (05/10/2026) ; Reuters (via Mezha) (23/10/2026)
Les dernières enquêtes décrivent une course resserrée, sans décantation. Datafolha (22 octobre ; 2 154 interrogés du 20 au 22, ±2 points) donne 50 % des votes valides à chacun, contre quatre points d'avance pour Bolsonaro deux semaines plus tôt ; avec blancs, nuls et indécis : 47-46. Quaest (21 octobre ; 17-20 octobre) crédite Bolsonaro de 45 % contre 44 % à Lula — dans la marge d'erreur. Le même cycle Datafolha porte l'approbation du gouvernement Lula à 49 %, devant 48 % de désapprobation, une première depuis juillet. AFP (via The Hindu) (23/10/2026) ; Reuters (via The Straits Times) (21/10/2026)
La campagne s'est jouée dans les meetings, les débats et sur les réseaux sociaux — les tribunaux s'y révélant déterminants, chaque camp criant à la désinformation industrielle. Le premier débat a laissé les électeurs froids : « Les débats sont de nouveau tombés au niveau de la cour de récréation, c'est absurde », confiait une électrice de Rio à l'AFP. Bolsonaro a pilonné le sortant sur l'insécurité et le coût de la vie — « Depuis combien de temps n'avez-vous pas mis de la viande, un morceau de viande, dans votre congélateur ? » Lula a ciblé les liens de son rival avec Washington, déclarant que « la famille Bolsonaro est subordonnée aux intérêts américains » après des droits de douane de 12,5 à 37,5 %. AFP (via The Hindu) (23/10/2026) ; Le Temps (19/10/2026)
Le Brésil exige plus de la moitié des votes valides pour l'emporter d'emblée ; aucun finaliste n'a franchi ce seuil le 4 octobre. Pour le récit du premier tour, lire notre compte rendu de la surprise du premier tour et l'état des forces à la veille du vote.
La réponse honnête à la seule question qui compte — qui gagne dimanche — est que personne ne le sait. Chaque enquête se situe dans la marge d'erreur, et l'erreur du premier tour plane sur la profession : des instituts qui donnaient Lula gagnant de trois points l'ont vu finir deux points derrière. CNA (05/10/2026)
La participation est la deuxième inconnue. Des millions de Brésiliens sont restés chez eux ou ont voté blanc au premier tour ; quels électeurs reviendront dimanche — et comment se répartiront les 5 % de votes blancs annoncés et les 2 % d'indécis — décidera d'une élection aussi serrée. Reuters (via Mezha) (23/10/2026)
La troisième inconnue, c'est le débat de ce soir. Leandro Gabiati, du cabinet Dominium, confiait à l'AFP que « Lula est sur une trajectoire ascendante, mais il n'a pas encore porté le coup décisif pour renverser la tendance. Ce débat pourrait être sa dernière chance. » Reste à savoir si le direct peut déplacer un électorat figé — ou s'il se dissoudra en insultes comme le premier. AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Le Brésil est la première économie d'Amérique latine et l'une des dix premières au monde. Une victoire de Bolsonaro, note CNA, « prolongerait la vague de victoires en Amérique latine de candidats de droite alignés sur le président américain Donald Trump » — tandis qu'une réélection de Lula « pourrait poser un défi à Washington, qui s'est heurté à son gouvernement sur le commerce et la sécurité ». CNA (05/10/2026)
La dimension washingtonienne est concrète. Les vagues successives de droits de douane de l'administration Trump — les derniers à 12,5-37,5 %, que Lula qualifie d'injustes et d'erreur stratégique — sont devenues son argument de fin de campagne : la famille Bolsonaro, accuse-t-il, subordonne le Brésil aux intérêts américains. Le camp Bolsonaro rétorque que la diplomatie de confrontation de Lula a attiré la punition. Le Temps (19/10/2026) ; Reuters (via Mezha) (23/10/2026)
Trois variables, par ordre de poids approximatif : l'erreur des sondeurs (sous-estiment-ils encore Bolsonaro ?), la participation des abstentionnistes du premier tour, et le débat de ce soir — le dernier moment d'audience de masse pour chaque candidat. En dessous, la guerre de la désinformation que chaque camp attribue à l'autre, et les tribunaux prêts à l'arbitrer. Notre analyse de la pression du coût de la vie sur la colère des électeurs donne le contexte économique.
Derrière le bruit, la course a une forme claire : la dynamique appartient à Lula, la structure à Bolsonaro. Le sortant a comblé un déficit de quatre points en deux semaines — mais Bolsonaro a remporté le premier tour en surperformant tous les sondages, et c'est à l'homme arrivé deuxième de convertir les indécis. Comme le résumait Gabiati à l'AFP, Lula « n'a pas encore porté le coup décisif pour renverser la tendance ». AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Le courant le plus profond, c'est l'environnement informationnel. L'élection se joue autant devant les tribunaux et sur les messageries que sur les plateaux — et dans une course qui se mesure en dixièmes de point, l'électeur marginal ne choisit pas entre des programmes mais entre deux récits sur l'autre candidat. Le débat de ce soir compte moins pour ce qui s'y dira que pour le récit qui survivra au direct. AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Il y a aussi la question dynastique. Flávio Bolsonaro est le fils aîné d'un ancien président qui purge 27 ans de prison pour avoir tenté de renverser une élection — l'élection même que Lula a remportée. Quand Lula s'est adressé directement à l'ex-président emprisonné au premier débat — « Vote pour moi, Bolsonaro, tu connais ton fils, tu sais que je suis meilleur que lui » — il rendait explicite le cadrage : ce second tour est un référendum sur le projet Bolsonaro autant que sur le bilan de Lula. Le Temps (19/10/2026)
Nulle part le second tour n'est suivi avec plus d'anxiété que dans le Sud global. Il y a deux mois, le Brésil et l'Afrique du Sud se retrouvaient à Pretoria pour la huitième session de leur commission mixte — Ronald Lamola soulignant l'importance du partenariat « dans un climat politique où le multilatéralisme fait face à des défis critiques ». Une présidence Bolsonaro pourrait inverser la trajectoire : sous Jair Bolsonaro, le Brésil s'était détourné de la coopération Sud-Sud vers Washington, et l'Afrique avait disparu des priorités de Brasilia. Daily Maverick (23/10/2026)
Les enjeux multilatéraux passent par les BRICS et le G20, où le Brésil de Lula a été le partenaire clé de l'Afrique du Sud pour un ordre international plus équitable. Sous Lula, le Brésil est aussi devenu un critique virulent de la campagne israélienne à Gaza et, en septembre 2025, a rejoint la plainte sud-africaine pour génocide contre Israël devant la CIJ. Flávio Bolsonaro a promis de transférer l'ambassade à Jérusalem ; Benjamin Netanyahu a ouvertement soutenu sa candidature et l'a félicité pour le premier tour. Pour Pretoria, perdre Brasilia serait un revers diplomatique de premier ordre. Daily Maverick (23/10/2026)
La géométrie économique compte aussi. La Chine est le premier partenaire commercial du Brésil ; Lula a maintenu la ligne indépendante de Brasilia — liens avec Pékin, diplomatie BRICS active — tandis que Bolsonaro promet un alignement avec Washington via les liens de sa famille avec Trump. La région lit le second tour comme un signal : une victoire de Bolsonaro consoliderait le tournant à droite latino-américain ; une victoire de Lula préserverait son contrepoids. Notre dossier sur l'expansion du bloc de puissance des BRICS cartographie les enjeux institutionnels. teleSUR English (18/10/2026)
Ce soir : le dernier débat sur TV Globo, la dernière rencontre non scénarisée de la campagne, sous une demande d'un million de signatures pour un fact-checking en direct. Dimanche : le vote dans les 27 États du Brésil, avec des urnes électroniques censées livrer un résultat en quelques heures. Puis la concession — ou la contestation. AFP (via The Hindu) (23/10/2026)
Le vainqueur prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, héritant d'une économie étranglée par les droits de douane, d'un Congrès à assembler en coalition, et d'un pays coupé en deux. Pour le Parti des travailleurs, une défaite clôturerait l'ère Lula ; pour les Bolsonaro, une défaite testerait la survie du mouvement après l'emprisonnement de son patriarche. Le verdict sera lu à Washington, Pékin, Pretoria et Jérusalem avant la fin de la nuit. Le Bureau rendra compte du résultat dès qu'il tombera.
Le récit des agences occidentales — l'AFP depuis Rio, Reuters sur les sondages — présente ce scrutin comme un test de résistance démocratique : un second tour à égalité parfaite, des tribunaux arbitrant une guerre de la désinformation, des marchés qui tarifient un challenger pro-entreprises. L'accent est mis sur les garde-fous institutionnels — vote électronique, justice électorale — et la capacité d'un pays polarisé à accepter le décompte.
La couverture est-asiatique, emmenée par CNA depuis Brasilia, lit le second tour à travers le commerce et les flux de capitaux : la Chine premier partenaire commercial du Brésil, une monnaie et une Bourse portées par les perspectives du challenger, une campagne disputée sur le coût de la vie plutôt que sur l'idéologie. Pour Singapour et les investisseurs de la région, la question est la continuité de la prévisibilité commerciale — et la survie, après dimanche, de la politique étrangère indépendante de Brasilia.
Le prisme du Sud global — l'analyse sud-africaine du Daily Maverick, la couverture latino-américaine de teleSUR — y voit une bifurcation : le Brésil de Lula comme ancre de la coopération Sud-Sud, du réformisme des BRICS et du front de la responsabilité devant la CIJ, face à une présidence Bolsonaro qui rapprocherait Brasilia de Washington et de Jérusalem et laisserait dépérir le pont africain. Pour Pretoria, dimanche n'est pas une élection étrangère.
Le second tour a lieu dimanche 25 octobre 2026. Les candidats sont le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, qui vise un quatrième mandat non consécutif, et le sénateur Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro. Aucun n'ayant dépassé 50 % des votes valides au premier tour du 4 octobre, le duel est inévitable.
Toutes les grandes enquêtes se situent dans la marge d'erreur. Datafolha (22 octobre) donne une égalité à 50 % des votes valides chacun, tandis que Quaest (21 octobre) crédite Bolsonaro de 45 % contre 44 % à Lula. Les sondeurs s'étaient lourdement trompés au premier tour : ils prévoyaient Lula gagnant de trois points avant qu'il ne finisse deux points derrière.
Le Brésil est la première économie d'Amérique latine et un pilier des BRICS. Une victoire de Lula préserverait la coopération Sud-Sud et le rôle de Brasilia dans la plainte pour génocide contre Israël devant la CIJ ; une victoire de Bolsonaro rapprocherait le Brésil de Washington et de Jérusalem, prolongerait la vague droitière latino-américaine et réévaluerait les marchés qui parient sur le challenger pro-entreprises.
Le vote électronique brésilien livre historiquement un résultat en quelques heures après la fermeture des bureaux dimanche soir. Le vainqueur sera investi le 1er janvier 2027, héritant d'une confrontation tarifaire avec les États-Unis, d'un Congrès à assembler en coalition et d'un électorat coupé en deux.