La Chambre des représentants a accordé sa confiance jeudi soir au cabinet de Fatima Ezzahra El Mansouri, investissant formellement le premier gouvernement marocain dirigé par une femme, en vertu de l'article 88 de la Constitution.
Publié le 23 octobre 2026 · 06:14 GMT
La Chambre des représentants a accordé sa confiance jeudi soir au cabinet de Fatima Ezzahra El Mansouri, investissant formellement le premier gouvernement marocain dirigé par une femme, en vertu de l'article 88 de la Constitution. Jeudi soir 22 octobre, la Chambre des représentants a approuvé le programme gouvernemental de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri par 204 voix contre 127, sur 331 votants et zéro abstention — investissant formellement le cabinet en vertu de l'article 88 de la Constitution.
Jeudi soir 22 octobre 2026, la Chambre des représentants du Maroc a approuvé le programme gouvernemental de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri par 204 voix contre 127, sur 331 votants — investissant formellement le cabinet en vertu de l'article 88 de la Constitution.
Le programme 2026–2031 comporte-t-il des indicateurs et des calendriers concrets — l'opposition déplore l'absence d'engagements mesurables, tandis que la majorité souligne sa forte dimension sociale et appelle à la mise en œuvre.
Qui remplacera la ministre déléguée limogée, quel sort les commissions réserveront au projet de loi de finances, et comment les 127 voix de l'opposition s'organiseront en bloc durable.
Rabat, 22 octobre — L'arithmétique a pris moins d'une minute à être proclamée, mais elle a clos une séquence constitutionnelle de plusieurs semaines. À l'issue d'une séance plénière de la Chambre des représentants jeudi soir, le président de la Chambre, M. Touizi, a soumis le programme gouvernemental de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri à un scrutin public par appel nominal. Au dépouillement : 204 députés ont voté pour, 127 contre, sur 331 votants — avec zéro abstention enregistrée.
Le résultat dépasse, avec une marge de manœuvre, le seuil fixé par l'article 88 de la Constitution marocaine : un gouvernement n'est formellement investi qu'une fois son programme approuvé par la Chambre à la majorité absolue de ses membres — 198 des 395 députés. Les 204 voix favorables de jeudi dépassent ce seuil de six voix, achevant le processus constitutionnel du cabinet chargé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 16 octobre.
Le vote est intervenu au terme d'une séance chargée. El Mansouri y a répondu aux remarques des groupes parlementaires sur le programme 2026–2031, croisant le fer avec le Parti de la justice et du développement (PJD), dans l'opposition, sur l'intégrité électorale et l'orientation des politiques publiques, et défendant la décision de son gouvernement d'examiner et d'adopter le projet de loi de finances 2027 avant l'investiture — une séquence qu'elle estime conforme à la Constitution. Des rappels au règlement sur l'article 88 ont ponctué les débats avant le vote.
L'agence MAP a rapporté ce résultat comme l'investiture formelle du nouveau gouvernement, et les médias indépendants ont convergé vers les mêmes chiffres dans l'heure.
Le gouvernement investi jeudi est le premier de l'histoire du Maroc dirigé par une femme. Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du Parti authenticité et modernité (PAM) et ancienne maire de Marrakech, a été chargée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de former un gouvernement après la première place du PAM aux élections législatives du 23 septembre, et elle a prêté serment avec ses ministres devant le Souverain le 16 octobre. Le récit par Magna Bureau de la prestation de serment détaille la cérémonie au Palais royal de Rabat.
Le cabinet repose sur une coalition de quatre partis — le PAM aux côtés de l'Istiqlal, de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS) — majoritaire à la Chambre des 395 sièges. Sept femmes siègent dans l'équipe, dont la cheffe du gouvernement. Les portefeuilles clés restent entre des mains expérimentées — Nasser Bourita aux Affaires étrangères, Abdelouafi Laftit à l'Intérieur, Fouzi Lekjaa à l'Économie et aux Finances.
Lundi 19 octobre, El Mansouri a présenté au Parlement le programme gouvernemental 2026–2031 : une croissance moyenne de 5 % par an, une revalorisation progressive de la pension minimale à 3 000 dirhams par mois, une inflation contenue à 2 % ou moins, et l'aide sociale directe doublée de 500 à 1 000 dirhams d'ici 2031. Les sept priorités du programme sont détaillées ici.
Mardi, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi de finances n° 60.26 pour 2027 — le premier budget de l'ère El Mansouri — après l'examen des orientations générales en Conseil des ministres présidé par Sa Majesté le Roi samedi. L'adoption du projet a été couverte ici.
L'investiture répond à la question constitutionnelle ; elle ne comble pas tous les blancs. Le plus immédiat : qui remplacera la ministre déléguée limogée à peine 48 heures après sa nomination — un limogeage approuvé par le Roi que El Mansouri a publiquement présenté comme un acte de courage politique. Le limogeage en 48 heures est raconté ici. La succession reste inconnue.
L'arithmétique parlementaire du budget n'est pas davantage réglée. Le projet de loi de finances 2027 entre en examen en commissions après sa présentation de vendredi ; l'ampleur des amendements, la posture des 127 députés hostiles et la capacité du PJD à souder l'opposition en bloc discipliné n'apparaîtront que dans les prochaines semaines.
Enfin, les promesses sociales du programme portent des questions de mise en œuvre que le débat a exposées sans les trancher : le calendrier du doublement de l'aide directe, le financement de l'engagement sur les pensions, et la manière dont le gouvernement conciliera des dépenses ambitieuses avec la trajectoire de déficit fixée par les orientations budgétaires. Ces réponses s'écriront dans les mois à venir, pas dans l'appel nominal de jeudi.
Le Maroc a connu trente-quatre gouvernements depuis 1955 ; aucun n'a jamais été dirigé par une femme. L'investiture de jeudi fait de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri un fait constitutionnel et non plus seulement une nomination royale — la différence entre être désignée et être confirmée par la Chambre élue. Pour un système politique bâti sur la double légitimité de la monarchie et du Parlement, cette confirmation compte : elle lie cette première historique à la procédure démocratique, sous la haute guidance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Le vote clôt aussi la question de légitimité ouverte par les élections de septembre, où la participation n'a atteint qu'environ 38 % — son plus bas niveau depuis près de vingt ans. Une investiture à 204 voix, six voix au-dessus de la barre de la majorité absolue, donne au cabinet un mandat parlementaire que les urnes n'avaient que faiblement délivré.
Et le calendrier est porteur. Le gouvernement doit désormais piloter le budget 2027, délivrer un programme d'État social à des citoyens qui doutent des institutions, et tenir les grands chantiers du pays, dont la Coupe du monde 2030 co-organisée par le Maroc. Le vote de jeudi en est le coup de départ.
Derrière la cérémonie, le vote est une leçon de mécanique de coalition. Deux cent quatre, ce n'est pas un raz-de-marée ; c'est de la discipline — la majorité de quatre partis tenant ses rangs tout au long d'une séance tendue, avec six voix de coussin au-dessus des 198 requises. Dans une Chambre où le PAM ne détient à lui seul que 97 sièges, cette marge est l'atout comme la vulnérabilité de la coalition : chaque futur vote budgétaire testera l'alignement de l'Istiqlal, de l'USFP et du PPS.
Les 127, eux, ne sont pas un reliquat. Ils reflètent un banc d'opposition remodelé par les élections de septembre — notamment le retour du PJD à 54 sièges après son effondrement de 2021 — et ils se sont fait entendre fort : l'Alliance de la gauche a annoncé son vote contre, et les échanges du PJD avec El Mansouri sur l'intégrité électorale, la rhétorique politique et l'emploi des femmes ont été les moments les plus vifs de la séance. Une opposition de 127 députés votant en bloc peut ralentir et amender ; jeudi suggère qu'elle en a l'intention.
La prestation d'El Mansouri elle-même est la troisième lecture. Elle a défendu en droit constitutionnel l'adoption du projet de loi de finances avant l'investiture, rejeté le « discours de victimisation » du PJD, et tenu la tribune à travers des batailles de procédure portant sur l'article 88 lui-même — avant de remporter le vote.
La première vague arrive dans quelques heures : à 15 heures vendredi, le ministre de l'Économie Fouzi Lekjaa présente le projet de loi de finances 2027 en séance commune du Parlement, ouvrant l'examen en commissions qui occupera l'automne. Le ton de cet examen sera la première lecture de la manière dont la fracture 204–127 gouverne.
La seconde est économique. L'investiture intervient dans un contexte extérieur constructif : la Banque africaine de développement vient d'approuver 487 millions de dollars pour les réformes et l'agenda climatique du Maroc. La décision de la BAD est couverte ici. Les partenaires et les marchés ont désormais à Rabat un interlocuteur pleinement investi.
La troisième est institutionnelle. Une première femme cheffe de gouvernement, investie par le Parlement après sa nomination par le Roi, crée un précédent qui survivra à ce cabinet — pour les partis comme pour une culture politique qui observera si cette première historique devient une gouvernance ordinaire.
Vendredi, 15 heures : Lekjaa présente le projet de loi de finances n° 60.26 aux Chambres réunies, en vertu de l'article 68 de la Constitution. Le texte est ensuite renvoyé en commissions pour examen avant le débat en séance plénière et le vote, selon la procédure législative.
Au-delà du budget, les engagements du programme gouvernemental passent à la mise en œuvre : la revalorisation de l'aide sociale directe, la trajectoire des pensions et les programmes territoriaux intégrés portent le poids des 204 voix. L'opposition, pour sa part, a signalé qu'elle tiendrait le gouvernement à des indicateurs et des calendriers mesurables — le terrain même sur lequel s'est joué le débat de jeudi.
Et le calendrier du palais se poursuit : le Conseil des ministres, présidé par Sa Majesté le Roi, examinera les orientations stratégiques de la politique de l'État pendant l'examen parlementaire du budget.
À l'heure de la publication, les agences occidentales — Reuters, AP et AFP — n'avaient pas déposé de dépêches indépendantes sur le vote de jeudi soir ; des recherches ciblées n'ont retourné aucune couverture des fils occidentaux. Le dossier international repose donc sur les médias marocains et l'agence MAP — un décalage qui tient aussi à l'heure : le vote s'est conclu tard dans la soirée rabatie.
Aucune dépêche des médias de l'Est — CNA, The Hindu, NHK ou Kyodo — n'a été trouvée sur le vote de confiance à l'heure de la publication. L'absence est temporelle plutôt qu'éditoriale : un vote parlementaire du jeudi soir à Rabat atteint rarement les premières pages orientales avant que les agences ne bougent.
Le Sud possède cette histoire en propre. La presse marocaine elle-même — Morocco World News, Le360, Hespress, FesNews et Lemaroc360, ce dernier citant l'agence MAP — a rapporté le résultat 204–127 dans l'heure, avec un détail procédural que seule une presse nationale produit. Le Madar mauritanien a porté le résultat au Maghreb élargi le soir même.
Fatima Ezzahra El Mansouri est la cheffe du gouvernement du Maroc et la première femme à occuper cette fonction. Ancienne maire de Marrakech et cheffe du Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en tête des législatives du 23 septembre 2026, elle a été chargée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de former un gouvernement et conduit une coalition de quatre partis : PAM, Istiqlal, USFP et PPS.
L'article 88 conditionne l'investiture d'un gouvernement à un vote de confiance de la Chambre des représentants : celle-ci doit approuver le programme gouvernemental à la majorité absolue de ses membres — 198 députés sur 395. Les 204 voix favorables de jeudi ont franchi cette barre avec six voix d'avance, installant formellement le cabinet.
Le programme 2026–2031 promet une croissance économique moyenne de 5 % par an, une revalorisation progressive de la pension minimale à 3 000 dirhams par mois, une inflation contenue à 2 % ou moins, et l'aide sociale directe doublée de 500 à 1 000 dirhams d'ici 2031, avec une compensation automatique des factures d'électricité inférieures à 100 dirhams.
Le ministre de l'Économie Fouzi Lekjaa présente le projet de loi de finances n° 60.26 en séance commune du Parlement vendredi 23 octobre à 15 heures. Le texte sera ensuite examiné par les commissions parlementaires avant le débat en séance plénière et le vote final, conformément à la procédure législative.