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Édition du soir

Trois ans de guerre à Gaza : des milliers d'Européens manifestent pour un cessez-le-feu et des sanctions contre Israël

Des milliers de manifestants ont défilé dimanche à Londres, Berlin, Rome et Varsovie, trois ans après le début de la guerre à Gaza, pour un cessez-le-feu durable et des sanctions contre Israël.

Manifestants lors d une marche madrilene pour le droit au logement le 26 septembre 2026, brandissant des pancartes dont le slogan du syndicat des locataires Ni una Maricarmen mas.
Manifestants lors d une marche madrilene pour le droit au logement le 26 septembre 2026, brandissant des pancartes dont le slogan du syndicat des locataires Ni una Maricarmen mas.
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Points clés

  • Des milliers de personnes ont manifesté à Londres, Berlin, Rome et Varsovie le 11 octobre pour marquer trois ans de guerre à Gaza ; à Londres, les pancartes proclamaient « End the genocide » et « Free Palestine ». AFP, 11 oct.
  • Aimee Shalan, directrice de la Palestine Solidarity Campaign, a déclaré à l'AFP que les manifestants étaient là pour marquer « trois ans du génocide en cours à Gaza » et a réclamé des « sanctions totales contre Israël ». AFP, 11 oct.
  • La police métropolitaine a procédé à plusieurs interpellations à Londres, dont celles d'un homme et d'une femme brandissant des pancartes en faveur de Palestine Action, interdit par la loi britannique ; les agents ont usé de leurs pouvoirs d'ordre public sur les couvre-visages et promis une tolérance zéro envers les crimes de haine. Police métropolitaine, 11 oct.
  • Quelque 3 500 personnes ont marché à Berlin à l'appel de United for Palestine, au départ d'une place située entre la chancellerie et le Parlement, pour dénoncer les exportations d'armes allemandes et le soutien militaire à Israël. AFP, 11 oct.
  • La guerre a commencé en octobre 2023 ; le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 74 200 Palestiniens tués. Un cessez-le-feu est entré en vigueur il y a un an, mais les attaques israéliennes quasi quotidiennes se sont poursuivies — quelque 1 450 tués depuis le début de la trêve. Ministère de la Santé de Gaza, 11 oct.
  • Des manifestations à Rome et à Varsovie ont condamné le bombardement et les liens des gouvernements des manifestants avec Tel-Aviv, exigeant un cessez-le-feu immédiat et durable. Tasnim, 11 oct.

Dimanche 11 octobre, des milliers de personnes ont défilé à Londres, Berlin, Rome et Varsovie pour exiger la fin de la guerre menée par Israël à Gaza, trois ans après le début du conflit en octobre 2023. À Londres, les manifestants sont passés devant le Parlement avec des pancartes « End the genocide » et « Free Palestine » ; Aimee Shalan, directrice de la Palestine Solidarity Campaign, a déclaré à l'AFP que la marche marquait « trois ans du génocide en cours à Gaza » et a réclamé des « sanctions totales contre Israël ». La police a procédé à plusieurs interpellations, dont deux personnes brandissant des pancartes en faveur de Palestine Action, interdit par la loi britannique. À Berlin, quelque 3 500 personnes ont marché contre les exportations d'armes allemandes. Avec 74 200 Palestiniens tués selon les autorités sanitaires et un cessez-le-feu vieux d'un an jamais respecté, ces marches d'anniversaire ont révélé le fossé croissant entre les rues et les gouvernements européens.

Dimanche, des milliers de personnes ont défilé dans les capitales européennes pour exiger la fin de la guerre menée par Israël à Gaza, trois ans après le début du conflit en octobre 2023. De Londres à Berlin, de Rome à Varsovie, les manifestants ont porté des banderoles dénonçant les bombardements, réclamé un cessez-le-feu immédiat et durable, et exhorté leurs gouvernements à rompre les liens militaires et diplomatiques avec Tel-Aviv. Cette journée de mobilisation coordonnée révèle un fossé croissant entre l'opinion publique européenne et les politiques officielles, trois ans après le début d'une guerre qui a redessiné la politique du continent, ses rues et son rapport au Moyen-Orient.

Qu'est-ce qui a poussé des milliers d'Européens dans la rue ?

Trois ans après, les rues européennes exigent ce que leurs gouvernements refusent : des sanctions, un embargo sur les armes et un cessez-le-feu qui tienne.

À Londres, les manifestants ont défilé devant le Parlement avec des pancartes proclamant « End the genocide » et « Free Palestine », selon l'AFP, qui fait état de milliers de participants. Aimee Shalan, directrice de la Palestine Solidarity Campaign, a déclaré à l'AFP : « Nous sommes ici aujourd'hui pour marquer trois ans du génocide en cours à Gaza. » Elle a réclamé des « sanctions totales contre Israël », faisant de la manifestation à la fois une commémoration et une exigence. La police métropolitaine a procédé à plusieurs interpellations, dont celles d'un homme et d'une femme brandissant des pancartes en faveur de Palestine Action, une organisation interdite par la loi britannique. Les agents ont usé de leurs pouvoirs d'ordre public pour exiger le retrait des couvre-visages et promis une tolérance zéro envers les crimes de haine — une posture devenue habituelle lors des manifestations propalestiniennes dans la capitale.

À Berlin, quelque 3 500 personnes ont marché à l'appel du collectif United for Palestine, au départ d'une place située entre la chancellerie et le Parlement — un choix de décor délibéré, aux portes du pouvoir allemand. Les manifestants ont dénoncé les exportations d'armes allemandes vers Israël et le soutien militaire de Berlin, estimant que les armes et la couverture politique européennes font durer la guerre. Le parcours, au cœur symbolique de la république, visait à rendre le message incontournable pour le gouvernement : trois ans après, disaient les marcheurs, la complicité de l'Europe est le sujet autant que les bombes elles-mêmes.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Rome et à Varsovie, où les protestataires ont condamné le bombardement de Gaza et les liens de leurs gouvernements avec Tel-Aviv. Les revendications étaient les mêmes dans les quatre capitales : un cessez-le-feu immédiat et durable, la fin des tueries, et la rupture des relations militaires et diplomatiques qui, selon les manifestants, rendent la guerre possible. La coordination comptait autant que la participation — une journée d'action unique de l'ouest au centre et à l'est du continent, présentée comme une seule voix européenne.

Le cadrage anniversaire a donné à cette journée son poids. Trois ans, c'est le moment où une guerre cesse d'être une urgence pour devenir une condition — et les conditions exigent de la politique, pas seulement des veillées. Les organisateurs l'ont compris : en arrimant les marches à l'anniversaire d'octobre 2023, ils ont transformé une manifestation de week-end ordinaire en un réquisitoire contre trois ans de politique européenne, des premières semaines de solidarité inconditionnelle avec Israël à la dérive lente et inégale vers la critique qui a marqué la dernière année. Les anniversaires concentrent aussi l'attention médiatique, et les marches de dimanche étaient mises en scène pour les caméras autant que pour les chancelleries : coordonnées dans quatre capitales, calées sur le cycle de l'information, et construites autour de revendications — sanctions, embargo sur les armes, vrai cessez-le-feu — assez concrètes pour être rapportées comme de la politique, pas seulement du sentiment.

Pourquoi l'Europe est-elle devenue la scène ?

La réponse tient à la troisième année de la guerre et à l'implication de l'Europe elle-même. Le conflit a commencé en octobre 2023 ; selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 74 200 Palestiniens ont été tués. Un cessez-le-feu est entré en vigueur il y a un an, mais les attaques israéliennes quasi quotidiennes se sont poursuivies — quelque 1 450 personnes tuées depuis le début de la trêve. Pour les marcheurs, cette trêve qui n'en était pas une prouve que la diplomatie sans pression ne change rien, et l'Europe, grande exportatrice d'armes et acteur diplomatique majeur, est l'endroit où la pression peut s'exercer. Notre reportage sur le système de santé de Gaza un an après le cessez-le-feu a documenté ce que ces frappes continues signifient pour les civils.

L'Europe est aussi la scène parce que ses gouvernements sont en décalage avec leurs rues. Pendant que les manifestants réclamaient des sanctions et la fin des exportations d'armes, la plupart des capitales européennes ont maintenu leurs liens militaires et diplomatiques avec Israël, présentant cette relation comme stratégique et la guerre comme le droit d'Israël à se défendre. Cette ligne officielle tient depuis trois ans — et depuis trois ans, les manifestations du week-end la mettent à l'épreuve. Les marches de dimanche tombaient à un anniversaire que les gouvernements peuvent difficilement ignorer : trois ans d'une guerre dont les images, des hôpitaux détruits de Gaza aux familles déplacées, font désormais partie du paysage visuel européen. Les fiches Palestine et Israël de notre factbook suivent l'évolution des données du conflit.

Comment les gouvernements ont-ils réagi ?

La réponse de dimanche a été policière, pas politique. À Londres, la posture de la police métropolitaine — interpellations, injonctions sur les couvre-visages, promesse de tolérance zéro sur les crimes de haine — montre comment la manifestation propalestinienne est désormais gérée en Grande-Bretagne : autorisée mais étroitement encadrée, l'interdiction de Palestine Action offrant aux agents un instrument juridique tout trouvé. L'interpellation d'un homme et d'une femme pour des pancartes soutenant le groupe interdit deviendra sans doute un cas d'école dans le débat permanent sur la frontière entre manifestation et soutien à une organisation proscrite. La Grande-Bretagne a déjà connu ce débat, manifestation après manifestation, et dimanche en a ajouté un chapitre.

À Berlin, les autorités ont laissé le cortège partir de la place de la chancellerie — un contraste avec les interdictions antérieures qui avaient valu des accusations d'entrave à l'expression propalestinienne. La sensibilité particulière de l'Allemagne, enracinée dans son histoire, fait de chaque manifestation pour Gaza un débat national sur les limites de la contestation, et celle de dimanche n'a pas fait exception. La fiche Allemagne suit l'évolution de la position du pays. À Rome et à Varsovie, les cortèges se sont déroulés sans les heurts qui avaient marqué les éditions précédentes, mais le message politique — la condamnation des liens avec Tel-Aviv — a atterri dans des capitales où ces liens sont rarement questionnés en public.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Les revendications des marcheurs dessinent une campagne au long cours, pas une journée isolée. L'appel à des sanctions totales contre Israël, à la fin des exportations d'armes et à un cessez-le-feu durable constitue désormais la plateforme standard du mouvement propalestinien européen, répétée de ville en ville avec une coordination croissante. La suite dépendra de la politique, pas des pancartes : les sanctions exigent un consensus de l'Union européenne qui n'existe pas aujourd'hui, et la politique d'exportation d'armes reste une prérogative nationale gardée par de puissants lobbies et des arguments stratégiques. Mais les anniversaires concentrent l'attention, et la troisième année de la guerre s'ouvre sur le souvenir encore frais de l'échec du cessez-le-feu.

Pour l'heure, le schéma perdure : les rues européennes exigent ce que les gouvernements européens ne concèdent pas encore. Cet écart est l'histoire de la guerre de Gaza en Europe depuis le début, et les marches de dimanche — à Londres, Berlin, Rome et Varsovie — en ont été la dernière expression. Trois ans après, la question n'est plus de savoir si les manifestations continueront, mais si le coût politique de les ignorer finira par dépasser le coût stratégique d'agir. Sur ce point, les marcheurs et les chancelleries restent très éloignés. Dounia Filali est chroniqueuse pour Magna Bureau.

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Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Ce sur quoi nous nous accordons : des milliers de personnes ont manifesté à Londres, Berlin, Rome et Varsovie le 11 octobre pour marquer trois ans de guerre à Gaza et exiger la fin des combats.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Ce sur quoi nous divergeons : la qualification de la campagne israélienne — génocide, comme l'affirment les pancartes et Aimee Shalan, ou opération militaire légitime, comme le soutiennent Israël et ses alliés.
Ce que nous savons
Ce que nous savons : les revendications des cortèges — cessez-le-feu durable, sanctions contre Israël, fin des exportations d'armes européennes — et la réponse policière, dont les interpellations à Londres au titre de l'interdiction britannique de Palestine Action.
Ce que nous ignorons encore
Ce que nous ignorons encore : si cette mobilisation d'anniversaire se traduira par un changement de politique, ou si elle restera une pression de rue que les gouvernements européens continueront d'absorber.
Ce que nous anticipons
Ce à quoi nous nous attendons : à de nouvelles manifestations coordonnées au fil de la troisième année de guerre, et au maintien d'un encadrement policier strict des manifestations propalestiniennes dans les capitales européennes.

Questions et réponses

Que réclamaient les manifestants le 11 octobre ?

Un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza, des sanctions totales contre Israël, et la fin des exportations d'armes et du soutien militaire européens. À Londres, Aimee Shalan, directrice de la Palestine Solidarity Campaign, a réclamé des « sanctions totales contre Israël ». À Berlin, les marcheurs ont dénoncé les exportations d'armes allemandes. À Rome et à Varsovie, les manifestants ont condamné les liens de leurs gouvernements avec Tel-Aviv — une plateforme coordonnée dans quatre capitales.

Pourquoi la police londonienne a-t-elle procédé à des interpellations ?

La police métropolitaine a interpellé plusieurs personnes, dont un homme et une femme brandissant des pancartes en faveur de Palestine Action, une organisation interdite par la loi britannique — la soutenir est une infraction pénale. Les agents ont aussi usé de leurs pouvoirs d'ordre public pour exiger le retrait des couvre-visages et promis une tolérance zéro envers les crimes de haine, la posture habituelle lors des marches propalestiniennes dans la capitale.

Quel est le bilan de la guerre après trois ans ?

Le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 74 200 Palestiniens tués depuis le début de la guerre en octobre 2023. Un cessez-le-feu est entré en vigueur il y a un an, mais les attaques israéliennes quasi quotidiennes se sont poursuivies, tuant quelque 1 450 personnes depuis le début de la trêve. Les marches de dimanche ont marqué ce troisième anniversaire avec ces chiffres en toile de fond.

Le cessez-le-feu a-t-il tenu ?

Non. Bien qu'un cessez-le-feu soit entré en vigueur il y a un an, les attaques israéliennes quasi quotidiennes se sont poursuivies à travers Gaza, tuant quelque 1 450 personnes depuis le début de la trêve, selon les chiffres des autorités sanitaires. Ce bilan — une trêve de nom, des frappes en pratique — était au cœur des griefs de dimanche : pour les manifestants, la diplomatie sans pression n'a rien changé.

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