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Aller au contenu principalLe gouvernement yéménite reconnu a annoncé une opération militaire pour reprendre les territoires houthis, alors que les combats faisaient rage autour de Taïz et que Sanaa était frappée.
Publié le 4 octobre 2026 · 18:00 GMT

Rashad al-Alimi, chef du gouvernement yéménite internationalement reconnu, a déclaré dimanche le début d'une vaste opération militaire visant à reprendre les territoires contrôlés par les Houthis et à restaurer l'autorité de l'État sur l'ensemble du pays. L'annonce, prononcée dans une allocution télévisée depuis Riyad, intervient alors que les Houthis coupaient l'axe vital reliant Taïz à Aden.
Rashad al-Alimi, chef du gouvernement yéménite internationalement reconnu, a déclaré dimanche le début d'une vaste opération militaire visant à reprendre les territoires contrôlés par les Houthis et à restaurer l'autorité de l'État sur l'ensemble du pays. Dans une allocution télévisée prononcée depuis Riyad, al-Alimi a ordonné aux forces armées, aux services de sécurité et à toutes les formations militaires de mettre en œuvre leurs missions « conformément aux plans approuvés » afin de « recouvrer les territoires restants de la république ». L'annonce est intervenue au moment le plus délicat traversé par son gouvernement depuis des années : le mois dernier, les Houthis se sont emparés de vastes portions du littoral de la mer Rouge et font désormais peser une pression croissante sur Taïz, la ville assiégée du sud-ouest dont la chute placerait la capitale intérimaire d'Aden à portée de tir.
La déclaration coïncide avec de nouveaux gains territoriaux houthis autour de Taïz au cours des dernières 48 heures. Selon quatre sources sécuritaires et militaires, les combattants houthis ont avancé sur des collines stratégiques à proximité de la ville, pris le secteur d'Al-Safiya — y compris un commissariat local — et bloqué tout le trafic sur la route principale reliant Taïz à Aden. Si Taïz elle-même reste sous contrôle gouvernemental, elle est assiégée par le nord, l'est et l'ouest depuis plus d'une décennie, et les analystes estiment qu'en coupant son lien vital avec Aden, les Houthis ont atteint un objectif tactique majeur sans même entrer dans la ville. Une vidéo en circulation montre des combattants houthis à l'intérieur de la résidence du président du Parlement yéménite, Sultan al-Barakani, dans le quartier de Nahr al-Barakani ; des sources locales ont indiqué à South24 Center que les forces rebelles ne se trouvaient plus qu'à quelques kilomètres du domicile d'al-Alimi lui-même, dans le quartier d'Al-A'loom. Le porte-parole militaire du gouvernement, Majed al-Nuzaili, a annoncé 71 opérations de ciblage contre des concentrations houthies à Taïz, signe de l'acharnement avec lequel le gouvernement s'efforce de garder la route ouverte.
« Aujourd'hui, j'annonce le début des opérations pour reprendre les territoires restants de la république » — Rashad al-Alimi, depuis Riyad.
Dans la nuit, la guerre aérienne au-dessus de la capitale s'est brutalement intensifiée. La télévision al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a fait état de nouvelles frappes aériennes saoudiennes sur Sanaa tard samedi, et les chaînes houthies ont affirmé que les avions avaient frappé à nouveau dimanche à l'aube. Les habitants ont décrit de puissantes explosions qui ont ébranlé les bâtiments dans toute la capitale ; un résident a confié à Xinhua que « les explosions étaient si puissantes que le sol tremblait sous nos pieds… nos fenêtres vibraient et les enfants se sont réveillés terrifiés ». Des correspondants de l'AFP ont rapporté au moins cinq explosions et vu des avions de chasse tirer des missiles sur la capitale. Des photographies de Reuters montrent des éclats de verre brisé jonchant un hôpital après une frappe sur un bâtiment voisin à Sanaa, le 3 octobre. Le bilan des victimes n'était pas connu dans l'immédiat. L'armée yéménite, soutenue par Riyad, a revendiqué ces frappes, affirmant avoir visé des « cibles vitales » à Sanaa ainsi que dans la province septentrionale de Saada, à la frontière saoudienne. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite ne les a pas confirmées, et le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a déclaré que 60 frappes aériennes et de missiles avaient touché le Yémen au cours des 24 heures précédentes.
Les Houthis ont répondu dimanche par certaines de leurs revendications les plus audacieuses du conflit. Dans deux communiqués militaires publiés à une heure d'intervalle, le groupe a affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des installations d'Aramco à Riyad et dans la zone de Khurais, évoquant d'importants incendies sur les sites visés. Le groupe a présenté ces attaques comme des représailles à ce qu'il a décrit comme 50 frappes aériennes et de missiles saoudiennes au cours des 12 heures précédentes, dans six gouvernorats yéménites, et a menacé de nouvelles attaques contre les positions militaires et les infrastructures pétrolières saoudiennes. Les autorités saoudiennes n'ont pas réagi à ces revendications. La veille déjà, les Houthis avaient affirmé avoir frappé une installation d'Aramco dans la capitale saoudienne en représailles à l'intensification des frappes sur le Yémen ; des observateurs ont signalé des flammes sur un site au sud de Riyad, bien que les responsables saoudiens aient qualifié ces affirmations d'exagérées. Les combats ont également débordé au-delà de la frontière, avec de lourds bombardements signalés autour des régions saoudiennes d'Asir — où une personne a été blessée — et de Najran, selon la presse espagnole.
Al-Alimi a profité de son allocution pour présenter la campagne comme une guerre de libération et non comme une guerre de vengeance. Il a affirmé que les opérations ne visaient pas les habitants de Sanaa, de Saada, d'Hodeïda ou des autres provinces sous contrôle houthi, et qu'elles ne ciblaient aucune confession religieuse ni aucune tribu. Il a exhorté les civils à se tenir à l'écart des positions militaires, des concentrations de troupes et des routes d'approvisionnement, et a renouvelé une offre d'amnistie et de retour en sécurité aux combattants houthis qui déposeraient les armes. Le président du Conseil de leadership, également commandant en chef des forces armées, a décrit l'annonce comme le passage d'une phase de mobilisation à une phase d'opérations, expliquant que le gouvernement avait passé des semaines à préparer cette campagne après une décision du Conseil de défense nationale et que les possibilités de désescalade étaient épuisées. Il a appelé la communauté internationale à soutenir son gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite — un appel direct adressé avant tout à Washington et aux capitales du Golfe.
Ce retour à la guerre ouverte fait suite à une série de gains houthis qui ont redessiné la carte de l'ouest du Yémen. Le 3 septembre, le groupe a lancé une offensive dans les provinces de Taïz et d'Hodeïda ; le 10 septembre, il a pris le port de Moka sur la mer Rouge ; et le 11 septembre, il s'est emparé de l'île de Mayyun, le rocher stratégique à l'entrée de la mer Rouge, resserrant son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ces avancées ont suivi la déclaration, le 20 juillet, d'un embargo maritime contre l'Arabie saoudite, après quoi le porte-parole houthi Yahya Saree a déclaré que « la navigation maritime est sûre pour toutes les compagnies, à l'exception des navires saoudiens ». En août, les Houthis ont revendiqué des attaques contre Yanbu et la raffinerie de Jazan à l'intérieur du royaume. Cette escalade intervient après que la trêve conclue en 2022 a largement tenu jusqu'à cette année, lorsque les Houthis ont lancé des attaques de missiles et de drones contre le transport maritime saoudien et les infrastructures pétrolières, en débordement de la guerre d'Iran déclenchée en février 2026.
Les enjeux dépassent largement les lignes de front yéménites. Des responsables régionaux et occidentaux ont confié à Reuters que l'Arabie saoudite et ses alliés yéménites préparent un assaut contre les Houthis, les Saoudiens menant la campagne aérienne et les forces yéménites combattant au sol — une poussée côtière limitée pour sécuriser le transport en mer Rouge, ou un assaut multiforme plus large sur Al-Bayda, Marib, Taïz et Al-Jawf. Plus de 100 000 soldats yéménites pourraient être mobilisés pour cette opération, appuyés par des frappes aériennes saoudiennes et le renseignement américain. Le corridor de Bab el-Mandeb a pris une importance encore plus grande cette année comme alternative au détroit d'Ormuz, pratiquement fermé par le conflit iranien ; le brut saoudien représentait à lui seul environ quatre-vingt-dix pour cent des 2,17 millions de barils par jour record chargés au terminal égyptien de Sidi Kerir. Signe de l'inquiétude de Washington, des responsables américains se sont réunis à Camp David pour discuter des réponses aux combats au Yémen, ce qui laisse présager un possible élargissement de l'implication internationale.
Le coût humain augmente déjà. La reprise des combats a contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers, fait des centaines de victimes et conduit le Programme alimentaire mondial à avertir que la crise de la faim au Yémen risquait de devenir, selon ses propres termes, absolument dévastatrice. Les analystes sont divisés sur la suite : une campagne côtière limitée destinée à rouvrir les voies maritimes de la mer Rouge et à priver les Houthis de leur levier, ou le type d'offensive multiforme qui pourrait s'enliser pendant des années sans déloger les rebelles des hauts plateaux du nord. Ce qui ne fait plus de doute, c'est que la guerre que la trêve de 2022 avait gelée est bel et bien de retour. Ce qui va se passer ensuite, comme le résumait une analyse, pourrait modifier l'équilibre des forces au Yémen, perturber davantage le transport maritime en mer Rouge — et aggraver l'une des crises humanitaires les plus sombres du monde.
Depuis les capitales occidentales, la situation est lue à travers le prisme du parrainage iranien et de la liberté de navigation. À Washington, Londres et Bruxelles, les Houthis sont décrits comme une milice soutenue par l'Iran, dont la mainmise sur le corridor de Bab el-Mandeb et l'embargo décrété contre le transport maritime saoudien menacent non seulement un allié régional, mais les artères mêmes du commerce mondial. La campagne aérienne saoudienne est ainsi présentée comme une légitime défense face à un groupe qui a frappé à maintes reprises les infrastructures pétrolières et les navires marchands, et la déclaration d'al-Alimi est saluée comme une étape nécessaire pour restaurer un gouvernement reconnu. Avec le détroit d'Ormuz pratiquement fermé par la guerre d'Iran, Bab el-Mandeb est devenu l'artère indispensable du brut du Golfe, et les assureurs maritimes occidentaux ont déjà commencé à réévaluer les primes de risque de guerre pour les transits en mer Rouge — un coût qui finit par retomber sur les consommateurs occidentaux.
Ces mêmes capitales s'inquiètent pourtant de la suite. Les responsables américains réunis à Camp David ce week-end ne discutaient pas seulement de la manière de soutenir l'offensive, mais aussi de la manière de la contenir, redoutant une campagne aérienne prolongée au lourd bilan civil et un embrasement régional plus large alimenté par la guerre d'Iran. Les gouvernements européens, fortement dépendants du transport en mer Rouge, veulent voir le corridor rouvert mais redoutent la facture humanitaire : avec le Programme alimentaire mondial qui met en garde contre une crise de la faim absolument dévastatrice, le soutien occidental à Riyad est de plus en plus conditionné, du moins dans les discours, à la retenue et au maintien des corridors d'aide. À Washington, des élus demandent déjà combien de bombes et de soutien en renseignement les États-Unis fourniront encore avant que la guerre qu'ils voulaient jadis terminer ne devienne la leur.
Depuis Pékin et Moscou, l'escalade yéménite est lue comme une énième guerre soutenue par l'Occident au Moyen-Orient, et les commentaires officiels privilégient la neutralité et la non-ingérence. La Chine, qui importe de grandes quantités de brut du Golfe et dont les porte-conteneurs dépendent de la route de la mer Rouge, appelle au dialogue tout en recalculant discrètement les assurances maritimes et en réorientant ses expositions ; les déclarations de son ministère des Affaires étrangères évitent de nommer un agresseur et insistent sur la sécurité des voies navigables internationales. Les médias russes présentent la campagne aérienne dirigée par l'Arabie saoudite comme le dernier chapitre d'une décennie d'assaut contre le Yémen, établissant des parallèles explicites avec la guerre d'Iran déclenchée en février et décrivant l'offensive de Riyad comme un projet américain exécuté par procuration. Les médias d'État estiment que Washington arme, ravitaille et fournit le renseignement de ciblage tout en gardant les mains propres.
Les deux capitales observent le corridor de Bab el-Mandeb pour ce qu'il révèle de la puissance américaine. Si l'offensive soutenue par les États-Unis s'enlise ou si les Houthis consolident leur emprise sur le détroit, les analystes orientaux y verront une preuve supplémentaire que Washington ne peut plus garantir les voies maritimes qu'il prétend surveiller. En coulisses, toutes deux maintiennent des canaux avec Téhéran — le parrain des Houthis — et aucune n'a approuvé de sanctions ni d'action militaire contre le groupe, préférant laisser la crise discréditer l'architecture sécuritaire occidentale dans la région. Pour Pékin, un goulet contrôlé par les Houthis est aussi un levier : il rappelle aux exportateurs du Golfe que la route de leur pétrole vers les marchés passe par des eaux où la protection américaine ne peut plus être tenue pour acquise, et ils le savent.
Dans l'ensemble du Sud global, l'histoire du Yémen est avant tout humanitaire, et l'indignation vise la machinerie de la guerre elle-même plutôt qu'un camp. Les réseaux de la diaspora yéménite, les commentaires de la rue arabe et une grande partie de la presse africaine et sud-asiatique présentent les combats comme une énième guerre de riches menée sur le dos des pauvres : des dizaines de milliers de déplacés en quelques jours, des centaines de morts, et une crise de la faim que le Programme alimentaire mondial dit risquer de devenir absolument dévastatrice, dans un pays où les budgets d'aide s'effondraient déjà. Pour ces publics, le détail marquant de l'actualité de dimanche n'était pas les communiqués, mais le verre brisé dans un hôpital de Sanaa et les enfants terrifiés réveillés par les explosions — une guerre que le monde avait cessé de regarder, reprise à plein volume.
Il existe également une lecture sud-sud distincte de la guerre du transport maritime. Des pays comme l'Égypte, l'Inde ou le Bangladesh — dont les travailleurs, les pétroliers et les ports dépendent du corridor de la mer Rouge — voient dans la confrontation de Bab el-Mandeb une menace pour leurs propres économies, et non un simple différend du Golfe. Pour eux, l'embargo houthi contre les navires saoudiens et la campagne de bombardements dirigée par l'Arabie saoudite sont les deux faces d'un même échec : une logique de procuration des grandes puissances imposée à un détroit dont tout le monde en développement a besoin, les plus pauvres payant le prix le plus élevé en nourriture et en carburant. L'Égypte, qui tire des revenus vitaux du canal de Suez, observe chaque escalade avec effroi ; les importateurs sud-asiatiques redoutent une nouvelle flambée du fret maritime au moment même où leurs monnaies sont sous pression.
La trêve de 2022 a tenu jusqu'en 2026, quand les Houthis ont repris leurs attaques de missiles et de drones contre les navires et le pétrole saoudiens, en débordement de la guerre d'Iran. Après un embargo contre les navires saoudiens le 20 juillet et une offensive sur Taïz et Hodeïda le 3 septembre, ils ont pris Moka le 10, l'île de Mayyun le 11 septembre. Le 4 octobre, Rashad al-Alimi a déclaré une offensive de libération.
Taïz reste sous contrôle gouvernemental mais est assiégée sur trois côtés, et les Houthis ont coupé sa route vitale vers Aden à Al-Safiya tout en avançant à quelques kilomètres de la ville. Sa chute mettrait la capitale intérimaire Aden à portée de tir. Les agences d'aide craignent que des centaines de milliers de personnes soient coupées de nourriture et de médicaments en quelques semaines, tandis que le Programme alimentaire mondial redoute une crise de la faim absolument dévastatrice.
Les Houthis contrôlent Moka et l'île de Mayyun à l'entrée de la mer Rouge et ont décrété un embargo contre les navires saoudiens. Bab el-Mandeb est devenu une alternative vitale au détroit d'Ormuz, pratiquement fermé par le conflit iranien. Les assureurs occidentaux réévaluent déjà les primes de risque de guerre en mer Rouge, et les importateurs sud-asiatiques redoutent une flambée du fret. Ces coûts finissent par peser sur les consommateurs via le carburant.
Attendez-vous à une intensification des opérations aériennes dirigées par l'Arabie saoudite et à une poussée gouvernementale autour de Taïz dans les prochains jours. Selon des responsables, plus de 100 000 soldats yéménites pourraient être mobilisés, appuyés par des frappes aériennes saoudiennes et le renseignement américain. Les analystes évoquent deux scénarios : une poussée côtière limitée pour sécuriser la mer Rouge, ou une offensive élargie qui pourrait s'enliser des années sans déloger les Houthis des hauts plateaux du nord.