Octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein, et la France s'y engage à fond — 61 000 diagnostics par an, une campagne nationale de dépistage, et un laboratoire parisien qui fait pousser des « tumeurs sur puce » pour battre la maladie en quatre jours.
Octobre est rose en France — et cette année, la couleur a un compte à rebours.
Le cancer du sein reste la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, et la France diagnostique plus de 61 000 nouveaux cas chaque année. C'est le décor d'Octobre rose, la campagne nationale de sensibilisation d'un mois qui vient de commencer : Nice illumine ses monuments en rose et organise la Pink Run & Walk le 4 octobre, Villefranche-sur-Mer propose baignades et marches caritatives, et la fondation du Paris Basketball dédie ses matchs à domicile à la cause.
La science avance tout aussi vite. À l'Institut Curie, à Paris, les chercheurs font pousser des « tumeurs sur puce » — des modèles miniatures en trois dimensions construits à partir des propres cellules tumorales du patient, recréant les caractéristiques de la tumeur hors du corps. Les oncologues peuvent tester la chimiothérapie et les traitements ciblés sur ces mini-tumeurs au lieu de les tester sur le patient. Lors des essais, les puces ont prédit la sensibilité et la résistance au traitement avec une précision allant jusqu'à 91 % — en quatre jours seulement.
Quatre jours, ça compte. L'alternative actuelle — implanter des échantillons de tumeur dans des modèles animaux — peut prendre des semaines pour donner des résultats, des semaines que les patients atteints d'un cancer métastatique avancé n'ont souvent pas. Le cancer du sein métastatique est particulièrement difficile à traiter car les tumeurs varient énormément d'un patient à l'autre et peu de biomarqueurs existent pour guider les choix thérapeutiques.
Le thème mondial de cette année, fixé par l'OMS, est « Chaque histoire est unique, chaque parcours compte » — un rappel que la sensibilisation n'a de sens que si elle mène quelque part : un diagnostic à temps, des soins de qualité et un dépistage qui détecte la maladie tôt. D'une puce dans un laboratoire parisien à un hôtel de ville illuminé de rose à Nice, la France parie en ce mois d'octobre que les outils convergent enfin.