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Aller au contenu principalMokhtar Ould Djay a démissionné vendredi après le rapport accablant sur les incendies des sous-stations de la Somelec, avant d'être reconduit quelques heures plus tard par le président Ghazouani.
Publié le 11 octobre 2026 · 18:00 GMT

Nouakchott — Mokhtar Ould Djay a démissionné vendredi de son poste de Premier ministre de la Mauritanie, après la remise du rapport accablant d'une commission indépendante sur les deux incendies survenus les 21 et 22 août dans des sous-stations de la Somelec, qui ont plongé de vastes quartiers de la capitale dans le noir pendant trois à cinq jours. La commission a incriminé une surchauffe provoquée par des connecteurs importés défectueux, ainsi que de graves défaillances en matière de prévention, de protection électrique, de supervision des travaux et de gestion d'urgence. Quelques heures plus tard, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reconduit Djay — son troisième Premier ministre — en le chargeant de former un nouveau gouvernement, présenté samedi par la secrétaire générale de la présidence.
Nouakchott — Mokhtar Ould Djay a démissionné vendredi 9 octobre de son poste de Premier ministre de la Mauritanie, après la remise du rapport accablant d'une commission indépendante sur les deux incendies survenus les 21 et 22 août dans des sous-stations de la Somelec, qui ont plongé de vastes quartiers de la capitale dans le noir pendant trois à cinq jours. La commission a attribué les sinistres, survenus à moins de vingt-quatre heures d'intervalle, à une surchauffe provoquée par des connecteurs défectueux ne répondant pas aux normes techniques, importés par une société privée. Le rapport a relevé de graves défaillances en matière de prévention, de protection électrique, de supervision des travaux et de gestion d'urgence. Quelques heures plus tard, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reconduit Djay — son troisième Premier ministre — en le chargeant de former un nouveau gouvernement, dont la composition a été annoncée samedi à Nouakchott par Aissata Ba Yahya, ministre secrétaire générale de la présidence.
Un rapport accablant a fait tomber le gouvernement vendredi — avant de rendre au même Premier ministre son poste samedi.
Les incendies se sont déclarés les 21 et 22 août dans deux sous-stations exploitées par la Somelec, la société nationale d'électricité, le second sinistre survenant avant même que le réseau ait été stabilisé après le premier. Les coupures se sont étendues des quartiers de Nouakchott aux localités voisines de Ouad Naga, Idini et Aouleigat, et le rétablissement complet a pris entre trois et cinq jours selon les zones. Le mois d'août est la période la plus chaude de l'année mauritanienne, et ce calendrier a aggravé les dégâts : réfrigération, pompage de l'eau et chaînes du froid médicales dépendent toutes d'un réseau sans redondance, et les ménages ont enduré la panne sous une chaleur extrême. L'épisode s'inscrit dans une dynamique plus large de tensions croisées entre infrastructures et climat qui frappent les économies en développement, où une seule défaillance technique se propage en cascade dans des systèmes dépourvus de secours.
Le diagnostic de la commission est resté technique plutôt que politique. La surchauffe a été identifiée comme la cause la plus probable, imputée à des connecteurs ne répondant pas aux normes techniques requises et importés par une société privée — une conclusion qui interroge les contrôles de passation des marchés et l'inspection qualité au sein de l'entreprise publique. Fait essentiel, le rapport a écarté la thèse du sabotage, refermant la porte aux spéculations sur un acte délibéré. Ce qu'il n'a pas refermé, c'est la question des responsabilités : les enquêteurs ont documenté des défaillances tout au long de la chaîne, de la maintenance préventive et de la protection électrique à la supervision des chantiers et à la gestion de l'urgence elle-même, répartissant les torts entre le ministère et l'entreprise plutôt qu'en imputant la faute à un simple accident.
Le rapport a désigné cinq responsables pour les manquements constatés : le ministre de l'Énergie Mohamed Ould Khaled, le secrétaire général du ministère Ali Sili Soumari, le directeur général de l'électricité Mohamed Mokhtar Ahmed Mouloud, le directeur général de la Somelec Akhrembali Ould Mohamed Lahbib, ainsi que l'ancien directeur général Sidi Ould Salem. La présence d'un ancien dirigeant dans cette liste montre que la commission a considéré les défaillances comme structurelles et cumulatives, et non comme le seul fait de la direction actuelle. Pour un pays dont l'économie et les services publics reposent sur une unique entreprise publique d'électricité, le profil énergétique de la Mauritanie fait de la fiabilité du réseau un enjeu de sécurité économique nationale, et non une simple question technique.
La question de savoir si ces cinq responsables feront l'objet de limogeages, de mutations ou de poursuites judiciaires reste ouverte pour les premières semaines du nouveau gouvernement. La démission de Djay est intervenue quelques heures après la publication du rapport, établissant un lien causal direct entre les conclusions de l'enquête et leurs conséquences politiques au sommet de l'exécutif. Dans une région où les commissions techniques produisent souvent des rapports qui prennent la poussière, la rapidité des retombées distingue cet épisode. Le test consistera désormais à déterminer si l'obligation de rendre des comptes descendra jusqu'aux chaînes d'approvisionnement et d'inspection mises en cause, ou si elle s'arrêtera au niveau ministériel comme un simple signal adressé à l'opinion.
La décision du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de reconduire Djay le jour même de sa démission a surpris les observateurs et souligne la logique de continuité qui prévaut à Nouakchott. Djay est Premier ministre depuis août 2024, et le président a manifestement jugé que la crise exigeait un exécutant expérimenté de sa feuille de route plutôt qu'une refondation politique complète. L'obligation de rendre des comptes, dans cette lecture, visait la gestion du secteur énergétique — le ministère et la direction de la Somelec désignés par le rapport — tandis que le chef du gouvernement absorbait le choc institutionnel avant de revenir avec un mandat renouvelé pour réparer ce que la commission avait mis au jour.
Cette manœuvre reflète aussi la manière de gouverner de Ghazouani. Plutôt que de laisser la démission ouvrir une bataille de succession ou une période de flottement, le président a condensé la crise en un seul geste : accepter la démission, démontrer que le rapport a des conséquences, puis rétablir aussitôt le même Premier ministre avec pour instruction de reconstruire le gouvernement. Djay s'est engagé à former un gouvernement alliant compétence politique et compétence technique, une formule destinée à la fois à la classe politique et à un problème d'ingénierie. Il a également promis un filet de protection pour les citoyens aux revenus modestes face aux pressions de la crise économique mondiale, reliant le fiasco électrique à la vulnérabilité des ménages à un moment où les pressions du commerce mondial et des chaînes d'approvisionnement pèsent sur le niveau de vie en Afrique de l'Ouest.
La composition du nouveau gouvernement, annoncée samedi par Aissata Ba Yahya lors d'une conférence de presse à Nouakchott, constitue la première réponse concrète. La présidence a présenté ce remaniement comme un nouveau départ fondé sur la compétence plutôt que sur les factions, le portefeuille de l'énergie faisant l'objet d'une attention particulière au vu des conclusions du rapport. La liste complète des attributions ministérielles montrera si les cinq responsables désignés par la commission ont été écartés, et si le ministère de l'Énergie sera confié à un technocrate capable de réformer les régimes d'approvisionnement et de maintenance de la Somelec. Le paysage institutionnel du pays déterminera la marge de manœuvre réelle de tout nouveau ministre.
Au-delà des personnes, la crédibilité du gouvernement reposera sur les deux engagements explicites de Djay : la compétence technique dans les ministères chargés des infrastructures, et la protection des ménages modestes exposés à la crise mondiale. La coupure de courant a montré combien la marge est mince, dans une capitale sahélienne, entre un État qui fonctionne et un État qui faillit — trois jours sans électricité sous la chaleur d'août ne sont pas un désagrément mais un événement de santé publique. Si le nouveau gouvernement produit un audit crédible des importations d'équipements de la Somelec et une véritable doctrine de réponse aux urgences, la crise pourrait devenir ce rare scandale qui renforce le réseau. Dans le cas contraire, le prochain incendie de sous-station retrouvera les mêmes vulnérabilités.
Trois traits se dégagent. D'abord, le modèle de la commission a fonctionné comme prévu : une enquête indépendante a produit en quelques semaines des conclusions précises, techniques et nominatives, et ces conclusions ont entraîné des démissions au niveau ministériel en quelques heures. Ensuite, la réponse du président a fusionné responsabilité et continuité, refusant de laisser la crise déstabiliser l'exécutif tout en en faisant payer le prix. Enfin, le problème de fond — des composants importés de qualité inférieure, une inspection faible, une gestion d'urgence fragile — relève de la gouvernance avant de relever de l'ingénierie, et il ne se résoudra pas en changeant simplement des noms sur des portes de bureaux.
La lecture régionale et internationale de l'épisode se concentrera sur la suite. Les partenaires, investisseurs et créanciers de la Mauritanie observent la fiabilité du réseau comme un indicateur de la capacité de l'État, et une deuxième coupure majeure coûterait plus cher en réputation que la première. Sur le plan intérieur, les citoyens qui ont passé des jours dans le noir sous la chaleur d'août jugeront le nouveau gouvernement à l'aune d'un critère simple : que la lumière reste allumée. Djay a reçu un second mandat du même président qui avait accepté sa démission ; la commission lui a fourni un diagnostic précis. La distance entre les deux définira son mandat de Premier ministre.
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Il a quitté ses fonctions le 9 octobre après le rapport d'une commission indépendante qui a attribué les incendies des 21 et 22 août dans les sous-stations de la Somelec à une surchauffe provoquée par des connecteurs défectueux, ainsi qu'à de graves défaillances de prévention, de protection électrique et de gestion d'urgence. Le rapport a mis en cause le ministère de l'Énergie et la direction de la Somelec, et sa démission a suivi de quelques heures la publication du rapport.
Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reconduit Djay en quelques heures en le chargeant de former un nouveau gouvernement. Ce geste traduit une préférence pour la continuité et pour un exécutant de confiance du programme présidentiel — Djay est Premier ministre depuis août 2024 — plutôt qu'une refondation politique complète, l'obligation de rendre des comptes visant la gestion du secteur énergétique plutôt que le chef du gouvernement.
Le rapport a désigné le ministre de l'Énergie Mohamed Ould Khaled, le secrétaire général du ministère Ali Sili Soumari, le directeur général de l'électricité Mohamed Mokhtar Ahmed Mouloud, le directeur général de la Somelec Akhrembali Ould Mohamed Lahbib et l'ancien directeur général Sidi Ould Salem. Tous les cinq ont été mis en cause pour les manquements en matière de prévention, de protection et de réponse d'urgence qui ont transformé deux incendies de sous-stations en une perturbation nationale de plusieurs jours.
La ministre secrétaire générale de la présidence, Aissata Ba Yahya, a présenté samedi le nouveau gouvernement à Nouakchott. Djay s'est engagé à former un gouvernement alliant compétence politique et compétence technique et a promis un filet de protection pour les citoyens aux revenus modestes face aux pressions de la crise économique mondiale. L'ensemble des attributions ministérielles a été présenté alors que le gouvernement entame son mandat.