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Édition du matin

Kyiv frappée une deuxième nuit alors que Zelensky se rend à Londres

Des missiles balistiques russes ont frappé Kyiv et un immeuble pour la deuxième nuit sans alerte, alors que le président ukrainien se rend à Londres chercher armes et sanctions.

Un immeuble résidentiel de cinq étages endommagé à Kyiv après une frappe de missile russe : pompiers et secouristes s'affairent parmi le béton éventré, les gravats et les appartements effondrés
Un immeuble résidentiel de cinq étages endommagé à Kyiv après une frappe de missile russe : pompiers et secouristes s'affairent parmi le béton éventré, les gravats et les appartements effondrés
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Points clés

  • 13 oct., ~22 h 40 : Une deuxième nuit de frappes balistiques touche la centrale thermique CHPP-4 de Kyiv et endommage un immeuble ; Zelensky dit qu'il n'y a eu, à nouveau, aucune alerte précoce. Reuters (2026-10-13)
  • 12 oct., dès 18 h : L'assaut nocturne comprend cinq missiles balistiques Iskander-M/S-400, neuf munitions rôdeuses et 108 drones Shahed et leurres. Armée de l'air ukrainienne (2026-10-13)
  • 13 oct., tout le pays : Au moins quatre morts et 41 blessés dans des frappes russes à travers l'Ukraine, dont quatre tués dans un immeuble détruit à Kharkiv. Autorités ukrainiennes (2026-10-13)
  • 14 oct. : Zelensky rencontre le Premier ministre Andy Burnham à Downing Street ; le Royaume-Uni promet 45 millions de livres de missiles sol-air, dont 10 millions débloqués en urgence. Reuters (2026-10-13)
  • 11 oct. : Trump annonce un cessez-le-feu énergétique à effet immédiat ; ni Moscou ni Kyiv n'avaient publiquement confirmé un accord. Al Jazeera (2026-10-13)

Les sirènes sont restées silencieuses. Peu avant 22 h 40 mardi, des missiles balistiques russes se sont abattus sur Kyiv, frappant une centrale thermique clé et embrasant un immeuble — la deuxième nuit d'affilée sans alerte, selon l'Ukraine. Le front énergétique de la guerre a atteint la capitale.

Les sirènes sont restées silencieuses. Peu avant 22 h 40 mardi, des missiles balistiques russes se sont abattus sur Kyiv. L'une des cibles principales était la centrale thermique n° 4, dite CHPP-4, l'une des installations énergétiques clés de la capitale. Un immeuble de neuf étages a également été touché, des appartements ont pris feu et des habitants ont été évacués dans la nuit. Le maire Vitali Klitschko a indiqué qu'au moins une personne avait été tuée dans la frappe sur l'immeuble.

C'était la deuxième nuit d'affilée sans alerte de la part des partenaires, selon l'Ukraine. Lundi soir, cinq missiles balistiques ont frappé des infrastructures civiles à Kyiv, a déclaré le président Volodymyr Zelensky, là encore sans l'alerte précoce qui laissait auparavant à la défense antiaérienne et aux civils de précieuses minutes. Zelensky a affirmé que les systèmes ukrainiens n'avaient détecté les missiles que lorsqu'ils étaient déjà pratiquement en approche de Kyiv. Il a ajouté que le renseignement ukrainien estime que la Russie prépare de nouveaux lancements balistiques.

Deux nuits, aucune alerte, et les missiles ont trouvé la centrale.

Le bilan humain dépasse largement la capitale. Les autorités ukrainiennes ont fait état d'au moins quatre morts et 41 blessés dans des frappes russes à travers le pays mardi. À Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, quatre personnes ont été tuées dans la destruction d'un immeuble résidentiel. À Rivne, dans le nord-ouest, un drone a frappé un établissement d'enseignement et blessé 14 personnes. Dans le district de Fastiv, en région de Kyiv, une personne a été tuée et au moins deux autres blessées. Une femme a été blessée dans la frappe d'une maison privée dans le district de Darnytskyi à Kyiv, et un drone russe a touché un immeuble résidentiel près de Lviv.

Pourquoi Kyiv n'a-t-elle reçu aucune alerte ?

L'alerte précoce d'un lancement balistique repose sur des satellites qui repèrent la chaleur d'un moteur de fusée quelques secondes après le décollage, puis sur des radars qui transforment cette lueur en avertissement laissant quelques minutes pour agir. L'Ukraine dépend depuis longtemps des systèmes américains pour cette première alerte. Fabian Hoffmann, expert en missiles à l'Institut norvégien d'études de défense, a estimé que les alliés européens de l'Ukraine n'avaient qu'une capacité très limitée de remplacer le renseignement d'alerte précoce américain. L'Ukraine s'appuie sur le système infrarouge spatial américain, un réseau qu'il a qualifié de sans égal.

Ce silence est tombé au milieu d'une dispute sur le renseignement. Reuters et d'autres médias ont rapporté que des responsables américains avaient menacé de couper le partage de renseignements et les ventes d'armes si l'Ukraine ne cessait pas d'attaquer les raffineries russes. Kyiv dépend fortement du renseignement américain pour les alertes précoces de frappes de missiles, selon des responsables et des experts. Interrogé mardi, Trump a affirmé que Washington partageait toujours ses renseignements. « Nous les aidons, et nous partageons des renseignements », a-t-il déclaré aux journalistes. Zelensky s'est gardé de lier l'absence d'alertes à une quelconque menace américaine.

Derrière cette pression, il y a le carburant. Trump a conclu un arrangement avec Moscou pour acheminer du diesel russe vers les marchés mondiaux, évoquant des tranches de plus de 300 000 tonnes d'un coup, 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes supplémentaires peu après, selon CNBC. L'objectif affiché à Washington est de faire baisser les prix du carburant avant les élections de mi-mandat américaines. Un groupe bipartisan de six sénateurs américains, dont quatre républicains, a exhorté l'administration à faire marche arrière, estimant que les États-Unis ne devaient pas offrir à Moscou une bouée financière pendant que la Russie tue des civils ukrainiens.

Qu'est-ce que Trump a réellement annoncé dimanche ?

Dimanche 11 octobre, Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu'un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l'Ukraine entrait en vigueur immédiatement, affirmant que les deux parties avaient accepté. Aucun des deux camps n'avait publiquement confirmé un accord. Zelensky a déclaré que l'annonce était une nouvelle pour lui. Il a dit que l'Ukraine soutenait un cessez-le-feu énergétique et cesserait de frapper les sites énergétiques russes si la Russie en faisait autant, mais que Kyiv attendait toujours des détails de Washington. À Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a seulement indiqué que les contacts se poursuivaient. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a écarté l'idée, et Peskov a ensuite déclaré que le Kremlin ne voulait pas un cessez-le-feu mais une paix durable.

Les faits sur le terrain n'ont pas attendu la diplomatie. Zelensky a affirmé que la Russie avait frappé six installations énergétiques ukrainiennes dans les heures suivant l'annonce, et que 19 régions avaient été attaquées en deux jours. Il a déclaré que l'Ukraine n'avait pas frappé de raffineries ni d'autres sites énergétiques russes dans les deux jours suivant l'annonce — une affirmation qui n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante. Le ministère russe de la Défense, de son côté, a affirmé que ses défenses antiaériennes avaient intercepté 151 drones ukrainiens dans la nuit, un chiffre qui n'a pas pu non plus être vérifié de manière indépendante.

L'Europe a répondu par des sanctions et du scepticisme. Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont approuvé 1 569 nouveaux noms pour leur liste de sanctions, présentée comme le plus important paquet unique depuis l'invasion à grande échelle de la Russie en 2022. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que la Russie ne négocierait sérieusement que sous pression. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dit n'avoir pas encore vu la Russie respecter un quelconque arrêt des frappes énergétiques, et qu'elle préférerait un cessez-le-feu plus large qui inclue l'arrêt des tueries.

Que demande Zelensky à Londres ?

Zelensky arrive à Londres mercredi 14 octobre pour rencontrer le Premier ministre Andy Burnham à Downing Street. Burnham a promis 45 millions de livres — environ 59,6 millions de dollars — de missiles sol-air destinés à contrer les drones à réaction russes, dont 10 millions de livres débloqués en urgence. Le Royaume-Uni accélérera aussi les livraisons de missiles multirôles légers, qui se sont révélés efficaces contre ces drones. Burnham a demandé à ses services de préparer de nouvelles sanctions, une aide militaire et un soutien budgétaire, et ses ministres des Affaires étrangères et des Finances ont fait pression sur les alliés pour qu'ils suivent le Royaume-Uni en interdisant les services maritimes soutenant les exportations russes de gaz naturel liquéfié.

La visite fait suite à quelques jours éprouvants. Trump a déclaré le week-end que Zelensky devrait être remplacé à la tête de l'Ukraine, quelques jours après l'arrangement sur le diesel avec Moscou. Le Royaume-Uni a dit ne pas soutenir l'accord sur le diesel et a appelé les alliés à maintenir la pression économique sur Moscou. Burnham a téléphoné à Zelensky samedi pour exprimer ce que Londres a qualifié de solidarité totale. Le ministre des Affaires étrangères Ed Miliband a évoqué des jours très difficiles dans les relations avec Washington. Le chancelier John Healey a profité des réunions du FMI à Bangkok pour presser les alliés d'interdire le gaz naturel liquéfié russe.

L'hiver donne à ces entretiens de Londres leur urgence. La Russie a lancé sa dernière campagne de frappes contre le réseau ukrainien il y a environ deux semaines, provoquant déjà des coupures de courant quotidiennes de plusieurs heures à Kyiv, mettant à rude épreuve les systèmes d'eau et d'égouts de la capitale et interrompant à deux reprises son métro. Les centrales thermiques comme CHPP-4 constituent l'épine dorsale du chauffage urbain à mesure que les températures chutent. Zelensky a déclaré que son gouvernement travaillait à reconstituer les défenses antiaériennes avec des missiles antibalistiques, et que les plans de résilience des villes et des régions étaient plus avancés que lors des hivers précédents, même dans les régions frontalières et de première ligne.

Ce qu'il faut surveiller à présent, c'est le retour éventuel des alertes. Si le renseignement d'alerte précoce reprend, la défense antiaérienne de Kyiv retrouve les minutes qui sauvent des vies ; sinon, chaque lancement balistique deviendra un test pour savoir si l'Europe peut combler un manque que ses propres experts jugent très difficile à combler. Il faudra aussi observer ce que Londres livrera réellement au-delà du paquet de missiles, si la pression de Washington sur les frappes contre les raffineries se durcit en coupure réelle, et si le soi-disant cessez-le-feu énergétique se dote de conditions, d'une date de début ou d'un mécanisme de contrôle — ou s'il reste un message publié en ligne.

Pour l'heure, Kyiv compte deux nuits de missiles, deux nuits de silence, et une guerre qui entre dans un nouvel hiver avec ses centrales électriques en première ligne. Zelensky apporte ce calcul à Downing Street. La question est de savoir si le Royaume-Uni, l'Europe et les États-Unis peuvent transformer les promesses en protection avant que le froid n'achève ce que les missiles ont commencé. L'enjeu dépasse l'Ukraine, et touche la guerre menée par la Russie ainsi que la crédibilité du cessez-le-feu énergétique annoncé par Washington.

Prisme occidental

Depuis les capitales occidentales, ces deux nuits silencieuses se lisent comme un test de résistance de l'alliance elle-même. Les alertes manquantes posent une question directe : le canal de renseignement de Washington vers Kyiv reste-t-il inconditionnel, ou est-il devenu un levier dans un différend sur les frappes contre les raffineries et les prix du diesel ? La réponse de Londres, donnée avant même l'arrivée de Zelensky, est d'aller plus vite — missiles, sanctions, soutien budgétaire — et de rallier d'autres pays pour étrangler le gaz naturel liquéfié russe.

La lecture occidentale tire aussi du cessez-le-feu énergétique une leçon sur la manière de ne pas annoncer la paix. Un message sans conditions, sans contrôleurs ni signatures a laissé Kyiv exposée et Moscou libre de tout engagement, et les frappes qui ont suivi ont renforcé l'idée européenne que c'est la pression, et non les déclarations, qui change le comportement russe.

Prisme oriental

Depuis Moscou, la semaine se lit différemment. Le Kremlin a affirmé ne pas vouloir un cessez-le-feu mais une paix durable, et ses responsables soutiennent que les courtes pauses permettent à l'Ukraine de se réarmer — le raisonnement avancé par le ministre Lavrov en écartant la trêve énergétique. Dans cette lecture, ce sont les frappes ukrainiennes contre les raffineries, et non les missiles russes, qui constituent l'escalade ayant poussé Washington à exercer une pression, et l'arrangement sur le diesel relève d'un commerce pragmatique sur un marché du carburant tendu.

La lecture russe relève aussi ce que le récit de Kyiv omet : Moscou affirme que ses défenses antiaériennes ont intercepté des dizaines de drones ukrainiens, et elle traite les affirmations ukrainiennes sur les alertes manquantes comme un différend entre Kyiv et ses partenaires, et non comme une preuve sur les opérations russes.

Prisme du Sud global

Depuis une grande partie du Sud global, l'image marquante de la semaine n'est pas un missile mais une transaction : du diesel contre de la retenue, annoncée au-dessus de la tête des gens qui vivent sous les frappes. Les gouvernements qui achètent du carburant sur les marchés mondiaux observent l'arrangement sur le diesel russe pour ce qu'il fait aux prix chez eux, et beaucoup y voient le rappel que les accords entre grandes puissances se concluent d'abord et s'expliquent ensuite — si tant est qu'on les explique.

La lecture du Sud tient aussi le compte des civils. Coupures de courant, réseaux d'eau sous tension et immeubles en feu sont les coûts qui tombent sur les Ukrainiens ordinaires, et ils s'ajoutent, dans des pays qui jonglent déjà avec les prix alimentaires, les factures de carburant et leurs propres hivers. Pour eux, le test de tout cessez-le-feu est simple : les lumières restent allumées, ou elles ne le restent pas.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Ce sur quoi nous sommes d'accord : Les déclarations publiques de tous les camps s'accordent sur le fait que des missiles balistiques ont frappé Kyiv deux nuits d'affilée et que des infrastructures énergétiques figuraient parmi les cibles.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
Ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord : Moscou n'a pas confirmé le cessez-le-feu énergétique annoncé par Washington, tandis que Kyiv affirme que la Russie a continué de frapper des sites énergétiques et que l'Ukraine a elle-même suspendu ses frappes contre les raffineries.
Ce que nous savons
Ce que nous savons : L'Ukraine dit n'avoir reçu aucune alerte précoce avant l'une ou l'autre frappe ; Trump affirme que Washington partage toujours ses renseignements ; le Royaume-Uni a promis des livraisons de missiles accélérées.
Ce que nous ignorons encore
Ce que nous ne savons pas encore : Pourquoi aucune alerte n'est arrivée, si le flux de renseignements a changé, et si la réunion de Downing Street produira de nouvelles armes ou sanctions au-delà de ce que Londres a déjà annoncé.
Ce que nous anticipons
Ce à quoi nous nous attendons : De nouveaux lancements balistiques russes, selon le renseignement ukrainien, et un hiver où l'électricité, le chauffage et la défense antiaérienne domineront l'agenda de la guerre.

Questions et réponses

Pourquoi Kyiv n'a-t-elle reçu aucune alerte avant les frappes de missiles ?

L'Ukraine affirme que ses partenaires n'ont donné aucune alerte précoce avant les frappes balistiques de deux nuits consécutives, alors que de telles alertes étaient auparavant courantes. Kyiv n'a pas nommé le partenaire dont elle attendait l'alerte, et Trump assure que Washington partage toujours ses renseignements. Les experts rappellent que l'Ukraine dépend de la détection satellitaire américaine, que les alliés européens ne peuvent pas remplacer aisément.

Qu'est-ce que le cessez-le-feu énergétique annoncé par Trump ?

Dimanche 11 octobre, Trump a annoncé que la Russie et l'Ukraine avaient accepté de cesser de frapper leurs infrastructures énergétiques respectives, avec effet immédiat. Ni Moscou ni Kyiv n'avaient publiquement confirmé un accord. Zelensky a déclaré que l'annonce était une nouvelle pour lui, et que l'Ukraine s'y conformerait si la Russie en faisait autant. La Russie a indiqué que les contacts se poursuivaient.

Que demande Zelensky au Royaume-Uni ?

À Londres, Zelensky cherche des armes plus rapides, davantage de sanctions et un soutien budgétaire. Le Royaume-Uni a promis 45 millions de livres de missiles sol-air contre les drones à réaction, dont 10 millions débloqués en urgence, ainsi que des livraisons accélérées de missiles multirôles légers. Londres fait aussi pression sur les alliés pour interdire les services maritimes soutenant les exportations russes de gaz naturel liquéfié.

Les frappes vont-elles priver Kyiv d'électricité cet hiver ?

Pas encore, mais la pression monte. La dernière campagne russe contre le réseau a déjà provoqué des coupures de courant quotidiennes de plusieurs heures à Kyiv, mis à rude épreuve les réseaux d'eau et d'égouts et interrompu le métro à deux reprises. Les centrales thermiques comme CHPP-4 sont centrales pour le chauffage urbain. Zelensky affirme que les plans de résilience sont plus avancés que lors des hivers passés et que les défenses antiaériennes sont reconstituées.

Sources

  • Reuters (2026-10-13)
  • Armée de l'air ukrainienne (2026-10-13)
  • Autorités ukrainiennes (2026-10-13)
  • Al Jazeera (2026-10-13)
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