Aller au contenu principal
ÉditionÉdition française·English edition
Édition du soir

Le séisme de 38,2 % de l'AfD et le pire jour de la CDU depuis 1945

Le 20 septembre, l'AfD a remporté le Mecklembourg-Poméranie occidentale avec 38,2 % tandis que la CDU de Merz s'effondrait à 4,9 % — sous le seuil. À Berlin, la gauche est arrivée première et l'AfD troisième à 16 %. Merz a parlé de désastre. Le cordon sanitaire est désormais le seul mur encore debout.

Le palais du Reichstag à Berlin, siège du Parlement allemand

Points clés

  • Lors des élections régionales du 20 septembre, l'AfD a remporté le Mecklembourg-Poméranie occidentale avec 38,2 % des voix. Bureau électoral régional
  • La CDU est tombée à 4,9 % dans le Land — sous le seuil de 5 %, son pire résultat à une élection allemande depuis 1945. Bureau électoral régional
  • Lors du vote berlinois, la gauche est arrivée première, la CDU deuxième, et l'AfD troisième à 16 %. Bureau électoral de Berlin
  • Le chancelier Merz a publiquement qualifié le résultat de « désastre ». Chancellerie
  • La Saxe-Anhalt avait voté plus tôt en septembre, prolongeant la série orientale de l'AfD. Bureau électoral régional

Trente-huit virgule deux pour cent. À une élection régionale allemande, pour un parti que le renseignement intérieur qualifie d'extrémiste. Et le parti du chancelier lui-même — le parti d'Adenauer et de Kohl, le parti qui a gouverné l'Allemagne plus longtemps qu'aucun autre — a fini sous le seuil, à 4,9 %, statistiquement éteint, rayé du parlement régional comme on raye une ligne d'un bilan.

Imaginez la soirée électorale à Schwerin, capitale du Mecklembourg-Poméranie occidentale, ce dimanche 20 septembre. Dans la salle des fêtes où l'AfD a installé son QG, les écrans affichent les projections et la salle explose à chaque actualisation — 35 %, 36 %, 38 % : des scores que les sondeurs, prudents, n'osaient pas imprimer. À quelques rues de là, dans les locaux de la CDU, le silence est d'une autre nature : celui des permanents qui regardent le compteur de leur propre parti descendre sous les 5 %, le seuil fatidique, celui qui efface. Friedrich Merz, le chancelier qui avait promis de diviser l'AfD par deux en gouvernant avec compétence, a parlé de « désastre ». Le mot est juste. Il est aussi rare, dans la communication d'après-élection, qu'un aveu.

Le Mecklembourg-Poméranie occidentale devait être le test que l'AfD pourrait passer de justesse. Elle l'a passé comme une inondation : 38,2 %, une claire première place, dans un Land du nord-est où l'organisation du parti était longtemps jugée plus faible qu'en Saxe ou en Thuringe. Le résultat dit que le plafond de l'AfD n'est plus régional — il est national, et il monte. Et il dit autre chose, de plus vertigineux : dans l'ex-Allemagne de l'Est, le parti que l'establishment a mis en quarantaine est en train de devenir le parti de gouvernement en attente par défaut.

Le triptyque de septembre

Le 20 septembre n'était pas un scrutin isolé : c'était le troisième acte d'un mois qui a redessiné la carte politique allemande. La Saxe-Anhalt avait voté plus tôt en septembre, prolongeant la série orientale de l'AfD — Land après Land, l'est du pays confirme ce que les sondages annonçaient et que Berlin refusait de voir : l'AfD y est désormais la première force politique, en tête comme force la plus forte pendant que les vieux Volksparteien, les « partis du peuple », se disputent les miettes.

Le résultat berlinois complète le triptyque et le complique : la gauche est arrivée première, la CDU deuxième, l'AfD troisième à 16 %. La capitale qui se veut la forteresse du cordon sanitaire — la ville-monde, la ville-mémoire, celle qui a fait de l'antifascisme une identité — a donné à l'extrême droite un vote sur six. Le cordon a tenu au sens où aucune coalition n'inclura l'AfD ; il a échoué au sens qui devait compter : l'AfD continue de croître derrière lui, élection après élection, comme une marée qui monte derrière une digue qu'on renforce sans jamais se demander pourquoi la mer monte.

Les 4,9 % de la CDU sont le chiffre que les historiens souligneront. Sous le seuil de 5 % — éjectée entièrement du parlement régional — c'est le pire résultat des chrétiens-démocrates à une élection allemande depuis la fondation de la République fédérale en 1949. Le parti d'Adenauer, qui a fait l'ancrage occidental de l'Allemagne ; le parti de Kohl, qui a fait la réunification ; le parti de Merkel, qui a fait la stabilité européenne pendant seize ans — ce parti-là, dans un Land allemand, n'existe plus au parlement. On peut appeler cela un accident. On peut aussi appeler cela un verdict.

Un cordon sanitaire qui regarde le parti mis en quarantaine gagner 38,2 % n'est pas une stratégie ; c'est une salle d'attente.

Comment on en est arrivé là : trente-six ans de réunification inachevée

Pour comprendre le 20 septembre, il faut remonter à l'automne 1989, à la chute du Mur, et à la promesse qui l'a suivie. La réunification de 1990 devait faire de l'Est l'égal de l'Ouest : mêmes salaires, mêmes retraites, même prospérité, avec le temps. Trente-six ans plus tard, le temps a passé et l'égalité n'est pas venue. Les salaires de l'Est restent inférieurs à ceux de l'Ouest, les jeunes partent, les villes se vident, et une blessure symbolique ne s'est jamais refermée : le sentiment, dans l'ex-RDA, d'avoir été réunifiés comme on absorbe — rachetés, restructurés, et jamais tout à fait considérés comme des égaux.

C'est sur ce terreau qu'est née l'AfD, en 2013 — d'abord comme un parti d'économistes eurosceptiques, opposés aux plans de sauvetage de la zone euro, puis transformée par la crise migratoire de 2015 en machine de guerre contre l'immigration. La crise de 2015, quand l'Allemagne a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile, a été le big bang de la politique allemande contemporaine : elle a fait de l'AfD un parti national, elle a fracturé la CDU, et elle a installé la question migratoire au centre de tous les scrutins. Dix ans plus tard, c'est toujours elle, la question migratoire, qui est le carburant principal des 38,2 % — un vote sur les frontières, dans un Land frontalier de la Pologne, où chaque actualité migratoire se lit comme une actualité locale.

Il y a eu ensuite les années Merkel finissantes, la pandémie, la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui a frappé de plein fouet l'industrie de l'Est — dépendante du gaz russe, fragilisée par la transition. Chaque choc a creusé un peu plus le fossé entre un Ouest qui encaisse et un Est qui décroche. La fracture Est-Ouest qui devait se résorber avec la prospérité s'est au contraire durcie en géologie politique : deux Allemagnes qui ne votent plus pareil, ne regardent plus les mêmes chaînes, ne croient plus aux mêmes partis. Le 20 septembre n'a pas créé cette fracture. Il l'a mesurée : 38,2 %.

Merz et le pari perdu

Friedrich Merz était arrivé à la chancellerie avec une théorie : l'AfD se nourrit de l'impuissance du centre, donc un gouvernement de centre qui gouverne avec compétence — qui règle la migration, qui relance l'économie, qui tient ses promesses — divisera l'AfD par deux. C'était une théorie respectable, presque mathématique : traiter les causes, et le symptôme reculera. Le 20 septembre en a fait un cimetière de théorie : non seulement l'AfD n'a pas été divisée par deux, mais c'est la CDU elle-même qui a été divisée — par l'abstention, par la fuite vers l'AfD, par l'effondrement sous le seuil.

Le « désastre » de Merz est donc plus qu'un mauvais soir électoral : c'est l'échec public d'une doctrine. Et il place le chancelier devant le dilemme que le centre allemand repousse depuis une décennie : changer les politiques dont se nourrit l'AfD — sur la migration, sur l'énergie, sur le rapport à l'Est — au risque de se renier ; ou maintenir le cap et regarder le mur devenir un monument. Chaque dirigeant de la CDU, Merz inclus, s'est réengagé sur le cordon sanitaire, le Brandmauer, le mur de feu qui interdit toute coalition avec l'AfD. Mais la question nationale n'est plus de savoir si le cordon tient — il tient, formellement. La question est de savoir à quoi il sert.

Car un cordon sanitaire qui regarde le parti mis en quarantaine gagner 38,2 % n'est pas une stratégie ; c'est une salle d'attente. Le centre allemand fait désormais face au choix repoussé depuis une décennie : changer les politiques dont se nourrit l'AfD, ou regarder le mur devenir un monument. Et pendant que Berlin débat de la solidité du mur, l'AfD fait campagne en vainqueurs — parce que les résultats disent qu'elle est en train de gagner.

Sous cinq angles

Géopolitique. L'Allemagne est l'ancre de l'Union européenne — sa première économie, son payeur en chef, son centre de gravité industriel. Quand l'ancre vacille, c'est tout l'édifice qui tangue. À Paris, à Varsovie, à Bruxelles, on a regardé l'année 2026 comme une année de poussées successives de l'AfD, et chaque record force la même question : qui mène l'Europe si Berlin est consumée par son cordon sanitaire ? La lecture occidentale est sans illusion : l'instabilité allemande est désormais un risque systémique européen. À Washington, où siège une Amérique au gouvernement populiste, on regarde le « désastre » de Merz avec des yeux sans sentimentalisme : des alliés incapables de se gouverner ne sont pas des alliés fiables. Les 4,9 % sont lus comme une donnée sur la fiabilité européenne, pas seulement comme de la politique allemande.

Macroéconomie. Le Mecklembourg-Poméranie occidentale est l'un des Länder les plus pauvres d'Allemagne — tourisme balnéaire, agriculture, chantiers navals en difficulté, et une industrie qui a subi de plein fouet la fin du gaz russe bon marché. Le vote AfD y est aussi un vote économique : celui des régions qui ont le sentiment de payer la transition énergétique sans en toucher les dividendes, de subir la désindustrialisation pendant que Munich et Stuttgart s'en sortent. L'économie allemande dans son ensemble traverse une passe difficile — croissance atone, industrie automobile en mutation, concurrence chinoise — et c'est dans les régions les plus exposées que la colère vote le plus fort. Les 38,2 % sont, entre autres, le prix de la facture énergétique.

Démographie. L'Est allemand est aussi une bombe démographique à retardement : vieillissement accéléré, exode des jeunes vers l'Ouest, communes qui se vident et dont la moyenne d'âge grimpe chaque année. Or l'électorat âgé et enraciné, dans les territoires en déclin, est précisément celui qui vote le plus — et qui vote le plus pour les partis de la colère et de la nostalgie. L'AfD a su parler à cette Allemagne-là : celle qui se souvient d'un temps où l'usine employait le village, où l'État garantissait, où l'avenir avait un visage. La démographie est le vent arrière le plus silencieux et le plus puissant du parti.

Histoire. L'histoire allemande est le fantôme qui hante chaque scrutin, et le 20 septembre ne fait pas exception. Le renseignement intérieur, le Verfassungsschutz, qualifie l'AfD d'extrémiste — une classification qui, dans tout autre pays, tuerait un parti, et qui en Allemagne est à la fois une arme et un aveu d'impuissance : l'arme de la stigmatisation officielle, l'aveu que la stigmatisation ne suffit plus. Le cordon sanitaire est l'héritier direct de la leçon de Weimar — plus jamais ça, plus jamais de coalition avec l'extrême droite. Mais Weimar est loin, et les électeurs de 2026 n'ont pas connu la guerre : pour eux, le Brandmauer n'est pas une leçon d'histoire, c'est un cartel des partis installés qui refuse d'entendre. L'histoire, qui devait protéger la démocratie allemande, est en train de devenir l'argument de ceux qui la contestent.

Structures et technologie. Il y a enfin une lecture structurelle : le système partisan allemand, conçu pour la stabilité — proportionnelle, seuil de 5 %, grands partis de rassemblement —, est en train de produire l'instabilité qu'il devait prévenir. Les Volksparteien s'effritent, les petits partis prolifèrent, et le seuil de 5 %, censé protéger le parlement des extrêmes, vient d'effacer du parlement régional le parti du chancelier lui-même. L'ironie est cruelle : l'instrument de la stabilité a produit le symbole du chaos. Et pendant ce temps, la bataille se joue aussi en ligne, où l'AfD domine les réseaux sociaux allemands avec une efficacité que les partis traditionnels n'ont jamais réussi à égaler — la colère, il faut le dire, est un meilleur algorithme que la nuance.

Ce que croient les capitales

À Moscou, on savoure ouvertement. Les médias d'État russes présentent la montée de l'AfD comme le retour de bâton de l'Occident — contrecoups des sanctions, prix de l'énergie, migration — et les 38,2 % comme la preuve de l'épuisement du modèle allemand. La lecture russe est limpide : le cordon sanitaire fut bâti pour tenir la Russie hors de la politique allemande ; les électeurs allemands l'ont contourné. Chaque point gagné par l'AfD est, dans ce récit, un vote contre la politique de sanctions, contre l'aide à l'Ukraine, contre l'alignement atlantiste.

À Pékin, la lecture est plus froide : celle de la chaîne d'approvisionnement. L'instabilité politique en Allemagne — le cœur industriel de l'UE, premier partenaire commercial européen de la Chine — menace la prévisibilité que les entreprises chinoises pricent dans leurs investissements européens. Qui que gouverne l'Allemagne, les usines doivent continuer de tourner, les contrats d'être honorés, les ports de fonctionner. La Chine n'a pas d'amis dans la politique allemande ; elle a des fournisseurs.

Dans le Sud global, c'est l'ironie historique à longue mémoire qui domine. L'Allemagne a sermonné le monde en développement sur l'hygiène démocratique pendant des décennies — conditionnalités, leçons de gouvernance, rapports annuels. Aujourd'hui son chancelier qualifie le résultat de son propre parti de « désastre » pendant qu'un parti signalé comme extrémiste remporte des Länder. La lecture australe n'est pas la jubilation mais la symétrie : le bulletin démocratique est désormais noté à Berlin, pas seulement dans les capitales qui recevaient les leçons. Et la lecture la plus dure porte sur la migration — le carburant de l'AfD : chaque point gagné par le parti durcit le régime migratoire européen que le Sud navigue. Le Sud lit les élections régionales allemandes comme une politique migratoire par d'autres moyens.

Le dilemme des ministres-présidents

Dans les Länder de l'Est, la question n'est plus théorique : c'est de l'arithmétique de coalition. Quand le premier parti pèse 38,2 % et que le parti du chancelier est extra-parlementaire, former un gouvernement sans l'AfD devient un exercice de contorsionniste — des coalitions à trois ou quatre partenaires, fragiles, illisibles, qui donnent à l'opposition le plus beau des arguments : regardez-les, diront les élus AfD, ils préfèrent s'allier entre ennemis plutôt que de nous parler. Chaque gouvernement ainsi bricolé nourrit le récit du cartel. Chaque mois qui passe sans réponse politique aux causes du vote — les frontières, l'énergie, le déclassement de l'Est — transforme le cordon sanitaire en machine à fabriquer des martyrs. C'est le piège parfait : le mur tient, et c'est le mur qui fait monter l'eau.

Ce qui est en jeu

Le débat sur le cordon sanitaire dominera Berlin tout l'automne — c'est la seule certitude. Chaque dirigeant de la CDU sera sommé de se prononcer, chaque fissure locale — chaque maire, chaque élu qui suggère de « parler » à l'AfD — deviendra une affaire nationale. Merz devra choisir entre la fermeté du mur et la révision des politiques, et chacun de ses choix alimentera l'un des deux récits : celui du chancelier qui tient bon, ou celui du chancelier dépassé.

L'impact sur les sondages fédéraux sera scruté comme un baromètre : si la dynamique de septembre se confirme au niveau national, l'Allemagne entrera dans une zone inconnue — celle où le premier parti d'opposition est un parti mis au ban, et où gouverner sans lui devient un exercice de plus en plus acrobatique. La question de la reconstruction de la CDU dans les Länder où elle est désormais extra-parlementaire — comment renaître quand on a été effacé — occupera les stratèges du parti pour des années.

Et il restera la question de fond, celle que les 38,2 % posent à toute l'Europe : que faire quand le barrage tient mais que l'eau monte ? Le centre allemand a passé dix ans à renforcer le mur. Il va lui falloir, maintenant, se demander pourquoi la mer monte — et s'il n'est pas temps, enfin, de s'occuper de la mer. En attendant, à Schwerin comme à Berlin, l'AfD continuera de faire campagne en vainqueurs. Parce que les résultats disent qu'elle est en train de gagner.

Prisme occidental

Le prisme ouest-européen est l'alarme avec lassitude. Paris, Varsovie et Bruxelles ont regardé l'Allemagne — l'ancre de l'UE — vaciller au fil d'une année de poussées de l'AfD, et chaque record force la même question : qui mène l'Europe si Berlin est consumée par son cordon sanitaire ? Lecture occidentale : l'instabilité allemande est désormais un risque systémique européen.

Le prisme de Washington est l'impatience transactionnelle. Une Amérique qui a son propre gouvernement populiste regarde le « désastre » de Merz avec des yeux sans sentimentalisme : des alliés incapables de se gouverner ne sont pas fiables. Les 4,9 % sont lus à Washington comme une donnée sur la fiabilité européenne, pas seulement comme de la politique allemande.

Prisme oriental

Le prisme de Moscou est la justification, ouvertement savourée. Les médias d'État russes présentent la montée de l'AfD comme le retour de bâton de l'Occident — contrecoups des sanctions, prix de l'énergie, migration — et les 38,2 % comme la preuve de l'épuisement du modèle allemand. Lecture orientale depuis Moscou : le cordon sanitaire fut bâti pour tenir la Russie hors de la politique allemande ; les électeurs allemands l'ont contourné.

Le prisme de Pékin est celui de la chaîne d'approvisionnement. L'instabilité politique en Allemagne — le cœur industriel de l'UE, premier partenaire commercial européen de la Chine — menace la prévisibilité que les entreprises chinoises pricent dans leurs investissements européens. La lecture orientale depuis Pékin est plus froide que celle de Moscou : qui que gouverne l'Allemagne, les usines doivent continuer de tourner.

Prisme du Sud global

Le prisme du Sud global est l'ironie historique à longue mémoire. L'Allemagne a sermonné le monde en développement sur l'hygiène démocratique pendant des décennies ; aujourd'hui son chancelier qualifie le résultat de son propre parti de « désastre » pendant qu'un parti signalé comme extrémiste remporte des Länder. La lecture australe n'est pas la jubilation mais la symétrie : le bulletin démocratique est désormais noté à Berlin, pas seulement dans les capitales qui recevaient les leçons.

La lecture australe la plus dure porte sur la migration — le carburant de l'AfD. Les 38,2 % sont substantiellement un vote sur les frontières, et les frontières sont là où le Sud rencontre le Nord. Chaque point gagné par l'AfD durcit le régime migratoire européen que le Sud navigue. Le Sud lit les élections régionales allemandes comme une politique migratoire par d'autres moyens.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons
Le 20 septembre, l'AfD a remporté le Mecklembourg-Poméranie occidentale avec 38,2 % ; la CDU est tombée à 4,9 %, sous le seuil de 5 % — son pire résultat allemand depuis 1945 ; à Berlin la gauche est arrivée première, la CDU deuxième, l'AfD troisième à 16 % ; Merz a parlé de « désastre » ; la Saxe-Anhalt avait voté plus tôt en septembre.
Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
La question de savoir si la stratégie du cordon sanitaire peut survivre à des résultats de l'AfD à ce niveau — ou si la CDU doit changer les politiques dont se nourrit l'AfD — est désormais le débat politique central de l'Allemagne.
Ce que nous savons
Dans l'ex-Est, l'AfD est désormais la première force politique ; la fracture politique Est-Ouest s'est durcie en structure.
Ce que nous ignorons encore
Nous ignorons encore l'impact sur les sondages fédéraux, si le gouvernement Merz changera de cap, et comment la CDU se reconstruira dans les Länder où elle est désormais extra-parlementaire.
Ce que nous anticipons
Le débat sur le cordon sanitaire dominera Berlin tout l'automne — et l'AfD continuera de faire campagne en vainqueurs que les résultats disent qu'elle est.
Chargement de la discussion…