Le procureur général des Émirats affirme que le copilote omanais a avoué avoir planifié d'écraser le vol FZ1073 sur le terminal de Ben Gourion, un attentat suicide inspiré du 11-Septembre.
Publié le 9 octobre 2026 · 23:54 GMT
Le 30 septembre 2026, le vol FZ1073 de FlyDubai a décollé de Dubaï à destination de Tel-Aviv avec 182 personnes à bord. Environ deux heures après le décollage, le copilote omanais de 29 ans, Hamam al-Hammami, a attaqué le commandant de bord Smit Machchhar, de nationalité indienne, dans le cockpit, le frappant à la tête avec la hache de secours de l'appareil. L'avion a alors perdu plus de 17 000 pieds d'altitude avant de se stabiliser, une descente si violente qu'une partie du gouvernail de direction a été arrachée.
Ce qui s'est joué ensuite dans la cabine a décidé de l'issue. Un commandant affecté au vol retour voyageait à bord comme passager. Ayant remarqué que la porte du cockpit s'ouvrait et se refermait de façon inhabituelle, il est entré grâce au code d'accès d'urgence et est intervenu avec un membre de l'équipage de cabine et plusieurs passagers. Le commandant blessé a été libéré, l'agresseur maîtrisé, puis le commandant de réserve et son copilote ont pris les commandes et dérouté l'appareil vers l'aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite, où il s'est posé sans encombre avec tous ses occupants sains et saufs.
Dans les premiers jours qui ont suivi l'attaque du 30 septembre dans le cockpit, les enquêteurs sont restés discrets sur le mobile. Le commandant Machchhar a survécu à ses blessures à la tête et a été salué comme un héros pour avoir tenu bon pendant la lutte et permis l'ouverture de la porte du cockpit, un geste auquel l'équipage attribue le sauvetage des 182 vies. Une fois maîtrisé, l'agresseur aurait crié « Tuez-moi, tuez-moi ! », selon des responsables chinois et israéliens cités par les médias.
Le silence sur les intentions a pris fin vendredi 9 octobre. Le procureur général des Émirats, Hamad Saif Al Shamsi, a déclaré dans un communiqué relayé par l'agence officielle WAM que le copilote avait avoué, en détail et en présence de son avocat, avoir planifié un attentat suicide : il comptait prendre les commandes de l'avion et l'écraser sur le terminal passagers de l'aéroport Ben Gourion.
C'est l'attention du commandant de réserve à une anomalie mineure qui a tout changé. La porte du cockpit qui s'ouvrait et se fermait sans cesse, sans qu'aucune rotation normale d'équipage ne l'explique, lui a signalé un problème avant toute alarme. Grâce au code d'accès d'urgence, il est entré avec l'aide de l'équipage et de passagers, a extrait le commandant blessé et maîtrisé al-Hammami. Le cockpit sécurisé, l'équipage de réserve a conduit l'avion endommagé jusqu'à l'aéroport le plus proche, Tabuk, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, et l'y a posé malgré la partie manquante du gouvernail.
Selon le communiqué du procureur général, le complot se préparait depuis longtemps et prenait modèle sur les attentats du 11 septembre 2001. Les opinions extrémistes du suspect ont commencé à se former en 2017, alors qu'il étudiait à Melbourne, en Australie, nourries de littérature extrémiste et de contenus en ligne glorifiant les organisations terroristes et les attentats suicides. Il s'est préparé physiquement en suivant un entraînement de boxe avec un coach privé, a effectué deux visites à Tel-Aviv pour se familiariser avec la route et l'aéroport, et entretenait des contacts liés à un centre de Melbourne présenté comme soutenu par un groupe proche des Frères musulmans.
Deux responsables israéliens au fait de l'enquête ont confié à des journalistes que l'attaque avait été planifiée avant même son embauche par FlyDubai : il aurait postulé auprès de la compagnie publique de Dubaï après avoir recherché les compagnies desservant Tel-Aviv, et choisi FlyDubai précisément pour cette liaison. Selon ces mêmes responsables, un vol antérieur vers Tel-Aviv, plus tôt cette année, devait déjà être détourné puis écrasé, mais il y aurait renoncé parce qu'il connaissait quelqu'un à bord.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était déjà exprimé sur l'affaire dans ses déclarations antérieures sur le copilote, avant le communiqué détaillé du procureur, et le procureur général qualifie désormais l'épisode d'« opération terroriste ». Les rapports médico-légaux ont confirmé que les blessures à la tête du commandant Machchhar correspondent à un coup de hache. Aucune charge formelle n'a encore été annoncée. Le suspect est détenu aux Émirats ; le parquet dit vérifier encore ses aveux et enquêter sur d'éventuels complices. Oman n'a fait aucun commentaire.
Nous ignorons si d'autres personnes sont impliquées. Le suspect a déclaré aux procureurs avoir agi seul, mais le procureur général précise que cette affirmation est encore en cours de vérification et que l'enquête sur d'éventuels complices se poursuit. Nous ignorons l'étendue de ses contacts à Melbourne et ce qui y a transité. Nous ignorons ce qui a fait échouer le premier projet de détournement, au-delà du récit selon lequel il connaissait un passager du vol. Nous ignorons quand des charges formelles seront annoncées, comment les aveux résisteront devant un tribunal, et où exactement la chaîne d'embauche s'est rompue. Et nous ignorons pourquoi Oman, son pays d'origine et son ancien terrain de formation, n'a absolument rien dit.
C'est l'attaque de type 11-Septembre la plus proche qu'ait connue l'aviation commerciale depuis un quart de siècle, et elle venait de l'intérieur du cockpit. Le modèle de menace qui a transformé l'aviation mondiale après 2001 supposait que le danger venait de la cabine : portes blindées, listes d'interdiction de vol et restrictions sur les liquides ont tous été conçus pour cela. Un agresseur déjà aux commandes contourne chacune de ces protections. Voilà pourquoi cette affaire dépasse largement le cas d'une seule compagnie.
Elle frappe aussi le corridor aérien entre le Golfe et Israël, construit depuis les accords d'Abraham, une liaison qu'empruntent chaque jour hommes d'affaires, touristes et familles entre Dubaï et Tel-Aviv. FlyDubai, compagnie publique, doit désormais expliquer comment un pilote signalé ailleurs comme un risque grave pour la sécurité s'est retrouvé dans son cockpit. Et 182 familles le doivent à un commandant de réserve qui a remarqué une porte qui bougeait bizarrement et a agi.
La grande question institutionnelle sans réponse reste l'embauche. Plusieurs médias rapportent qu'al-Hammami avait été signalé en 2024 comme un risque grave pour la sécurité alors qu'il se formait chez Oman Air, que de la littérature radicale avait été trouvée en sa possession, et qu'il avait été écarté de la formation et interdit de vol à Oman. La version officielle émiratie parle d'un échec de la vérification. Pourtant, il a ensuite été embauché par FlyDubai et placé dans le cockpit d'un vol vers Tel-Aviv.
Deux récits s'affrontent désormais, et ils ne s'excluent pas. Le récit du procureur est centré sur les aveux : un complot suicide longuement préparé, inspiré du 11-Septembre, avec une compagnie choisie délibérément pour sa desserte de Tel-Aviv. Le récit des médias est centré sur la trace écrite : un signalement en 2024, une exclusion de la formation, une interdiction de vol dans le ciel omanais, et une procédure d'embauche qui n'a jamais vu ces dossiers ou jamais cherché à les voir. Si les deux responsables israéliens disent vrai et qu'il n'a postulé chez FlyDubai qu'après avoir cherché les compagnies desservant Tel-Aviv, alors la faille de vérification n'était pas une simple erreur administrative : c'était précisément la vulnérabilité qu'exigeait le complot. Les enquêteurs ont aussi dû répondre à des questions sur un lien présumé avec l'Iran, une piste non résolue que le lecteur prudent traitera comme non prouvée.
Les conséquences dépasseront largement la salle d'audience. Il faut s'attendre à ce que les compagnies du Golfe subissent des pressions pour une vérification continue des équipages qui suive les pilotes d'un employeur à l'autre et au-delà des frontières, et pas seulement à l'embauche. Les procédures de cockpit pour les équipages en déplacement et l'accès au strapontin seront réexaminées. Assureurs et loueurs recalculeront le risque sur les compagnies de la région. Le corridor Dubaï-Tel-Aviv, vitrine de la normalisation, subit un choc de confiance. Et la fiche des Émirats arabes unis dans le Factbook portera une nouvelle entrée à son dossier sécuritaire : le jour où le cockpit d'une compagnie publique est devenu une scène de crime.
Le suspect reste détenu aux Émirats sans qu'aucune charge formelle ait été annoncée. Le parquet dit encore vérifier ses aveux et enquêter sur d'éventuels complices, ce qui laisse présager des accusations de terrorisme et un procès aux Émirats. Les régulateurs de l'aviation du Golfe seront pressés d'expliquer comment le signalement d'Oman Air en 2024 n'a jamais bloqué l'embauche, et Oman devra répondre à des questions croissantes sur son silence. Pour les 182 personnes à bord du FZ1073, la suite est plus discrète : un atterrissage sans encombre à Tabuk a déjà écrit le dénouement qui comptait.
Le regard occidental y voit une urgence de sécurité aérienne dans la tradition du 11-Septembre. La menace intérieure, un membre d'équipage radicalisé disposant d'un accès légitime, est le scénario que les régulateurs occidentaux redoutent le plus depuis l'obligation des portes de cockpit blindées, et cette affaire sera citée dans chaque futur plaidoyer pour une vérification continue des équipages, des contrôles d'antécédents transfrontaliers approfondis et un partage du renseignement entre les États qui forment les pilotes et les compagnies qui les embauchent.
Le regard oriental observe l'attribution et le contrôle du récit. Le récit arrive par des canaux officiels, le communiqué de WAM et la qualification d'« opération terroriste », tandis que des responsables israéliens informent la presse et que des responsables chinois confirment des détails de la lutte. L'affirmation d'un centre de Melbourne lié aux Frères musulmans sera lue dans certaines capitales comme du politique glissé dans un dossier judiciaire, et l'écart entre le récit officiel centré sur les aveux et celui des médias centré sur l'échec de la vérification comme la vraie ligne de fracture de l'affaire.
Le regard austral y voit le travail migrant du Golfe, la souveraineté du Golfe et le corridor Golfe-Israël. Un commandant indien, un copilote omanais, un avion d'une compagnie publique de Dubaï, un aéroport de déroutement saoudien : ce vol était une carte de l'économie aérienne du travail migrant régional. Les questions ici sont pratiques : comment les compagnies du Golfe vérifient des équipages formés au-delà des frontières, si la liaison Dubaï-Tel-Aviv survivra au choc, et pourquoi Oman, qui avait signalé le stagiaire en 2024, garde le silence pendant que son voisin poursuit.
Le procureur général Hamad Saif Al Shamsi affirme que Hamam al-Hammami a avoué avoir planifié de prendre les commandes du vol FZ1073 pour l'écraser sur le terminal passagers de l'aéroport Ben Gourion, dans un attentat suicide. Le communiqué, publié vendredi par l'agence officielle WAM, précise que les aveux ont été détaillés et recueillis en présence de son avocat, que le suspect dit avoir agi seul, et que le parquet vérifie encore son récit.
Un commandant affecté au vol retour a remarqué que la porte du cockpit s'ouvrait et se fermait de façon inhabituelle, est entré grâce au code d'accès et est intervenu avec un membre de l'équipage et plusieurs passagers. Le commandant Smit Machchhar, blessé, a été libéré, l'agresseur maîtrisé, et l'équipage de réserve a pris les commandes avant de dérouter l'avion vers l'aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite, où il s'est posé avec les 182 occupants sains et saufs.
Plusieurs médias rapportent qu'il avait été signalé en 2024 comme un risque grave pour la sécurité pendant sa formation chez Oman Air, après la découverte de littérature radicale en sa possession ; il avait été écarté de la formation au pilotage et interdit de vol à Oman. La version officielle émiratie parle d'un échec de la vérification. Le parquet se concentre sur les aveux, les médias sur l'alerte antérieure, et cet écart est désormais au cœur de l'affaire.
Selon le procureur général, ses opinions extrémistes ont commencé à se former en 2017 pendant ses études à Melbourne, nourries de littérature extrémiste et de contenus en ligne glorifiant le terrorisme suicidaire, sur le modèle du 11-Septembre. Il se serait entraîné à la boxe avec un coach, aurait effectué deux visites à Tel-Aviv pour étudier la route et l'aéroport, et entretenait des contacts liés à un centre de Melbourne présenté comme soutenu par un groupe proche des Frères musulmans.
Le suspect reste détenu aux Émirats et aucune charge formelle n'a été annoncée. Le parquet dit encore vérifier ses aveux et enquêter sur d'éventuels complices. Des accusations formelles de terrorisme et un procès aux Émirats constituent les prochaines étapes probables, avec des audits de sécurité aérienne, tandis qu'Oman n'a toujours fait aucun commentaire sur l'affaire.