Dans quelques jours, une deuxième porte : le Maroc ouvre Nador West Med et lance Tanger Med 3
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a examiné deux projets portuaires méditerranéens à Rabat le 28 octobre 2026 : Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs entre en service dans les prochains jours, et Tanger Med 3, un nouveau port de 8 milliards de dirhams qui portera Tanger Med vers 20 millions de conteneurs par an.
Publié le 28 octobre 2026 · 20:23 GMT
Le résumé
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a examiné deux projets portuaires méditerranéens à Rabat le 28 octobre 2026 : Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs entre en service dans les prochains jours, et Tanger Med 3, un nouveau port de 8 milliards de dirhams qui portera Tanger Med vers 20 millions de conteneurs par an. Le 28 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé une séance de travail au Palais Royal de Rabat sur l'avancement de Nador West Med et le lancement de Tanger Med 3.
Les trois prismes
- OuestOuest; D'après Reuters, il s'agit d'une histoire logistique en termes de capacité : une deuxième porte marocaine, un Tanger Med élargi vers les dix premiers mondiaux et une concession Maersk-APM liant un opérateur européen à la phase suivante.
- OrientEst; Du point de vue des exportateurs et compagnies maritimes d'Asie, dont navires et cargaisons remplissent les centres de transbordement méditerranéens, une deuxième porte marocaine est une question d'options : davantage de capacité près du détroit de Gibraltar, un autre rivage industriel pour les usines desservant l'Europe et un terminal de gaz naturel liquéfié ajoutant une escale énergétique à un itinéraire de conteneurs.
- Sud globalSud; Depuis Rabat et l'Oriental, l'histoire est un récit de développement national : un port pour l'est du pays à la hauteur du Tanger Med de l'ouest, des emplois promis aux jeunes et une instruction du Souverain pour que les bénéfices atteignent chaque province concernée.
Points clés
- Le 28 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé une séance de travail au Palais Royal de Rabat sur l'avancement de Nador West Med et le lancement de Tanger Med 3. Hespress (28 oct. 2026)
- Le premier terminal à conteneurs de Nador West Med entre en service dans les prochains jours, avec une capacité à terme de 3,5 millions de conteneurs par an. Reuters (28 oct. 2026)
- Un second terminal à conteneurs de Nador West Med, de 1,8 million de conteneurs par an, doit entrer en service en avril 2027 ; les deux terminaux représentent plus de 8 milliards de dirhams d'investissement privé. Hespress (28 oct. 2026)
- Nador West Med a attiré 54 milliards de dirhams d'investissements publics et privés, avec un stockage d'hydrocarbures pouvant atteindre 4 millions de mètres cubes et un terminal de gaz naturel liquéfié de 5 milliards de mètres cubes par an. Hespress (28 oct. 2026)
- Tanger Med 3 coûtera environ 8 milliards de dirhams, avec 1 200 mètres de quais et 4,5 millions de conteneurs par an de capacité supplémentaire dans le cadre d'une concession signée avec Maersk-APM. Reuters (28 oct. 2026)
- Nador West Med doit créer 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects à court terme, et Sa Majesté le Roi a souligné que les bénéfices doivent atteindre toutes les provinces concernées. Hespress (28 oct. 2026)
Que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a-t-Il examiné à Rabat le 28 octobre ?
Le mercredi 28 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a présidé une séance de travail au Palais Royal de Rabat consacrée à l'avancement de deux grands projets portuaires : le complexe portuaire et industriel de Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs doit entrer en service dans les prochains jours, et le complexe de Tanger Med, où la construction du nouveau port de Tanger Med 3 est sur le point de commencer. Selon le Cabinet Royal, la réunion faisait suite à un examen antérieur en janvier et a entendu les présidents des conseils de Tanger Med et de Nador West Med sur l'avancement des deux projets.
L'annonce associe une ouverture et un lancement. À Nador West Med, sur la côte méditerranéenne du Maroc, les premières escales commerciales sont attendues d'ici fin octobre 2026, faisant passer le chantier au port en activité. À Tanger Med, à l'ouest de l'actuel Tanger Med 2, un nouveau port doit être construit pour un coût estimé à 8 milliards de dirhams, ajoutant 4,5 millions de conteneurs par an de capacité dans le cadre d'une concession signée avec Maersk-APM. Ensemble, les deux décisions prolongent la stratégie de Tanger Med vers une deuxième porte méditerranéenne.
Que disent les chiffres publiés sur les deux ports ?
Nador West Med a attiré 54 milliards de dirhams d'investissements publics et privés, selon le communiqué du Cabinet Royal. Son premier terminal à conteneurs, à l'est, traitera à terme 3,5 millions de conteneurs par an, avec 1 520 mètres de quais et 70 hectares de parcs ; la phase initiale en mettra 720 en service. Marsa Maroc et MSC, qui investissent plus de 5 milliards de dirhams, l'exploiteront ; les compagnies l'ont déjà inscrit dans leurs horaires.
Un second terminal à conteneurs, à l'ouest, attribué à Marsa Maroc et CMA CGM avec plus de 3 milliards de dirhams d'investissement privé, doit entrer en service en avril 2027 avec une capacité de 1,8 million de conteneurs par an. Les deux terminaux représentent ensemble plus de 8 milliards de dirhams d'investissement privé et, une fois pleinement opérationnels, 5,3 millions de conteneurs par an. Au-delà des conteneurs, le complexe comprendra un stockage d'hydrocarbures de 4 millions de mètres cubes et un terminal de gaz naturel liquéfié de 5 milliards de mètres cubes par an.
À Tanger Med 3, le nouveau terminal, connu sous le nom de TC5, disposera de 1 200 mètres de quais et de 3 000 mètres de jetées, avec une capacité de 4,5 millions de conteneurs par an et une possibilité d'extension à 5 millions. Le360 rapporte une ouverture à la mi-2031 et un complexe de Tanger Med de 20 millions de conteneurs par an, parmi les dix premiers mondiaux en capacité.
Que reste-t-il à fixer sur le jour de l'ouverture et les années à venir ?
Le communiqué ne donne pas de date précise pour la première escale commerciale à Nador West Med, indiquant seulement que le premier terminal entre en service dans les prochains jours et que les premières escales sont attendues d'ici fin octobre 2026. Il ne publie ni le premier navire, ni la première route, ni les premiers volumes de fret, qui ne se verront qu'aux premières arrivées. Le rythme précis de la montée en charge du trafic, et la question de savoir si les lignes qui ont inscrit le port y achemineront du fret à grande échelle, restent à démontrer dans les semaines suivant l'ouverture.
À Tanger Med 3, le calendrier au-delà du début des travaux et d'une ouverture à la mi-2031 rapportée par Le360 n'est pas détaillé dans le communiqué du Cabinet Royal, et le phasage du programme de Tanger Med, 36 milliards de dirhams, second terminal à Tanger Med 2 inclus, reste général. Les projections d'emploi et d'investissement attachées aux deux complexes sont des prévisions, et non des résultats : elles dépendent des entreprises, des opérateurs et de la formation.
Pourquoi deux ports méditerranéens comptent-ils au-delà du littoral marocain ?
Tanger Med est déjà le plus grand port d'Afrique et de la Méditerranée en capacité de traitement de conteneurs, ainsi qu'un grand centre de transbordement et une porte pour l'industrie automobile marocaine, son premier secteur d'exportation. Ajouter une deuxième porte en eau profonde à Nador West Med, et porter Tanger Med vers 20 millions de conteneurs par an, n'est donc pas un chantier local : c'est une volonté de conserver et d'étendre la place du Maroc sur les routes maritimes qui relient l'Europe, l'Afrique et les marchés mondiaux par le détroit de Gibraltar, alors que les entreprises cherchent des réseaux logistiques plus résilients. La même recherche de compétitivité traverse la progression du Maroc devant l'Afrique du Sud au rang de quatrième destination d'investissement d'Afrique, racontée dans le compte rendu du Bureau sur le classement des investissements.
Les ports sont également conçus comme des plateformes industrielles et énergétiques, et non comme de simples quais. Nador West Med associe conteneurs, hydrocarbures, gaz naturel liquéfié, zones industrielles et logistiques et nouvelles liaisons ferroviaires et routières, tandis que Tanger Med vise l'industrie manufacturière exportatrice. Pour la région de l'Oriental autour de Nador, l'enjeu est de savoir si un port longtemps en construction deviendra une économie régionale, avec usines, fournisseurs, formation et emplois, plutôt qu'une enclave de transit. La fiche Maroc du Factbook en présente le tableau économique plus large.
Comment Nador West Med change-t-il la carte portuaire du Maroc ?
Depuis plus de deux décennies, la stratégie méditerranéenne du Maroc repose sur un seul pilier : Tanger Med, construit près du détroit de Gibraltar pour devenir un centre de transbordement. Nador West Med, plus à l'est sur la même côte, est conçu pour le compléter plutôt que pour le reproduire : un deuxième port en eau profonde avec zone industrielle, terminaux énergétiques et liaisons avec l'arrière-pays, dotant l'est méditerranéen d'une porte propre et répartissant l'activité au-delà d'un seul complexe.
Les choix de conception soulignent cette intention. Le terminal de l'est est exploité avec MSC, la première compagnie mondiale de conteneurs ; celui de l'ouest avec CMA CGM, la troisième. Les terminaux énergétiques ajoutent une fonction nouvelle pour les ports marocains. Et le programme de transport, une voie ferrée de 49 kilomètres de Selouane à Nador West Med prévue en 2028 et une autoroute de 105 kilomètres de Guercif au port prévue en juin 2029, vise à relier le port aux marchés intérieurs.
Le risque du projet est le même que son ambition. La capacité d'un port n'est qu'une promesse tant que compagnies, industriels et opérateurs ne l'utilisent pas en volume, et la zone industrielle compte aujourd'hui une usine en activité et trois en construction. L'accent mis par le Cabinet Royal sur les bénéfices pour toutes les provinces concernées vaut orientation pour l'administration : les ports seront jugés sur les emplois locaux, et non sur la longueur des quais.
Quelles suites pour l'emploi, l'énergie et la région de l'Oriental ?
À court terme, Nador West Med doit créer 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects, selon le communiqué du Cabinet Royal. Des prévisions rapportées par Le360 portent l'emploi direct à près de 50 000 postes d'ici 2035-2036, 90 000 avec l'indirect. Il s'agit d'objectifs, et non d'emplois déjà créés, et Sa Majesté le Roi a appelé, lors de la réunion, à accélérer les programmes de formation professionnelle adaptés aux industries émergentes, pour les jeunes de la région.
L'énergie est la deuxième conséquence. Un terminal de gaz naturel liquéfié de 5 milliards de mètres cubes par an, dont les premières opérations sont attendues à partir de la mi-2027, élargirait la logistique énergétique du Maroc et diversifierait ses approvisionnements, tandis que des postes d'hydrocarbures capables de traiter jusqu'à 25 millions de tonnes par an desservent une zone de stockage de 170 hectares. Suivent un terminal de vrac sec de 7 millions de tonnes par an en juin 2027 et un terminal de marchandises diverses de 3 millions de tonnes par an en décembre 2028.
La troisième conséquence est régionale. L'extension de Tanger Med devrait attirer près de 100 milliards de dirhams privés supplémentaires et 80 000 emplois, le chiffre d'affaires de la plateforme industrielle passant de 188 à près de 350 milliards de dirhams d'ici 2035, selon Le360. Ces chiffres dépendent des engagements d'investissement ; l'orientation, elle, est fixée, et l'horizon 2030 décrit dans le compte rendu du Bureau sur les inspections des sites 2030 imposant de préparer les infrastructures à temps.
Que faut-il surveiller d'ici la mi-2031 ?
Le premier test arrive sous peu : les premières escales commerciales à Nador West Med et les premiers volumes de fret transitant par le terminal de l'est. Surveiller ensuite l'entrée en service du terminal de l'ouest en avril 2027, les opérations énergétiques dès la mi-2027 et la remise du terminal de vrac sec en juin 2027, autant d'étapes datées.
La surveillance à plus long terme porte sur Tanger Med : l'avancement des travaux de Tanger Med 3 vers son ouverture rapportée à la mi-2031, le second terminal à Tanger Med 2 et l'extension du port passagers et roulier prévue en 2029. Et le test permanent fixé à Rabat : que formation, fournisseurs locaux et bénéfices provinciaux progressent au même rythme que le béton, pour que les gains se sentent dans l'Oriental et les provinces concernées, et non seulement en conteneurs.
Les trois prismes
Prisme Occidental:
Ouest; D'après Reuters, il s'agit d'une histoire logistique en termes de capacité : une deuxième porte marocaine, un Tanger Med élargi vers les dix premiers mondiaux et une concession Maersk-APM liant un opérateur européen à la phase suivante. L'accent porte sur ce que les chargeurs et les industriels y gagnent, une alternative méditerranéenne près du détroit de Gibraltar.
Prisme Oriental:
Est; Du point de vue des exportateurs et compagnies maritimes d'Asie, dont navires et cargaisons remplissent les centres de transbordement méditerranéens, une deuxième porte marocaine est une question d'options : davantage de capacité près du détroit de Gibraltar, un autre rivage industriel pour les usines desservant l'Europe et un terminal de gaz naturel liquéfié ajoutant une escale énergétique à un itinéraire de conteneurs.
Prisme du Sud:
Sud; Depuis Rabat et l'Oriental, l'histoire est un récit de développement national : un port pour l'est du pays à la hauteur du Tanger Med de l'ouest, des emplois promis aux jeunes et une instruction du Souverain pour que les bénéfices atteignent chaque province concernée. L'accent porte sur la répartition, qui gagne, où et à quelle vitesse, plutôt que sur le tonnage.
Le consensus
- Ce sur quoi nous nous accordons
- Ce sur quoi nous sommes d'accord : le 28 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a examiné deux projets portuaires méditerranéens à Rabat, Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs entre en service dans les prochains jours, et Tanger Med 3, dont la construction est sur le point de commencer, avec des capacités publiées de 3,5 millions de conteneurs par an pour le premier terminal de Nador West Med et de 4,5 millions par an pour Tanger Med 3.
- Ce sur quoi nous ne nous accordons pas
- Ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord : faut-il lire les projections publiées comme une transformation déjà en cours ou comme une promesse restant à tenir. Le Cabinet Royal présente un système portuaire qui ancrera l'industrie manufacturière, l'énergie et l'emploi ; la lecture sceptique note que la zone industrielle de Nador West Med compte une usine en activité, et que ses chiffres d'emplois et d'investissements sont des prévisions qui dépendent de l'arrivée dans les délais des opérateurs, des entreprises et de la formation.
- Ce que nous savons
- Ce que nous savons : les chiffres du communiqué du Cabinet Royal, 54 milliards de dirhams investis à Nador West Med ; un second terminal de 1,8 million de conteneurs par an en avril 2027 ; un stockage d'hydrocarbures pouvant atteindre 4 millions de mètres cubes et un terminal de gaz naturel liquéfié de 5 milliards de mètres cubes par an ; Tanger Med 3 à 8 milliards de dirhams avec 1 200 mètres de quais dans le cadre d'une concession Maersk-APM ; et 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects attendus à court terme.
- Ce que nous ignorons encore
- Ce que nous ne savons pas encore : la date de la première escale commerciale, les premières routes et les premiers volumes de fret à Nador West Med ; le phasage détaillé de Tanger Med 3 au-delà de son ouverture rapportée à la mi-2031 ; et si les prévisions à plus long terme, près de 50 000 emplois directs à Nador West Med d'ici 2035-2036 et un complexe de Tanger Med de 20 millions de conteneurs par an, seront tenues dans les délais.
- Ce que nous anticipons
- Ce que nous attendons : les premières escales à Nador West Med dans les prochains jours, suivies du terminal de l'ouest en avril 2027 et des opérations énergétiques à partir de la mi-2027 ; des travaux en cours à Tanger Med 3 avec son programme plus large avançant vers les jalons passagers et fret de 2029 ; et des programmes de formation et des bénéfices provinciaux surveillés d'aussi près que le nombre de conteneurs, comme mesure de la réussite des ports pour les régions qui les entourent.
Questions et réponses
Qu'a examiné Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Rabat le 28 octobre 2026 ?
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé une séance de travail au Palais Royal de Rabat sur l'avancement de deux grands projets portuaires : Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs doit entrer en service dans les prochains jours, et Tanger Med 3, dont la construction est sur le point de commencer. La réunion faisait suite à un examen antérieur des grands projets portuaires nationaux en janvier.
Quand Nador West Med ouvre-t-il réellement ?
Le premier terminal à conteneurs, à l'est, entre en service dans les prochains jours suivant la réunion du 28 octobre 2026, avec des premières escales commerciales attendues d'ici fin octobre 2026. Sa capacité à terme est de 3,5 millions de conteneurs par an. Un second terminal, à l'ouest, de 1,8 million de conteneurs par an, doit entrer en service en avril 2027.
Qu'est-ce que Tanger Med 3 ?
Tanger Med 3 est un nouveau port qui sera construit à l'ouest de Tanger Med 2 pour un coût estimé à 8 milliards de dirhams. Son terminal, connu sous le nom de TC5, disposera de 1 200 mètres de quais et ajoutera 4,5 millions de conteneurs par an de capacité dans le cadre d'une concession signée avec Maersk-APM. Le360 rapporte qu'il doit ouvrir à la mi-2031.
Combien d'emplois les deux projets portuaires créeront-ils ?
Nador West Med doit créer 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects à court terme, selon le communiqué du Cabinet Royal. Des prévisions à plus long terme rapportées par Le360 portent l'emploi direct à près de 50 000 postes d'ici 2035-2036, avec 90 000 emplois au total en comptant l'emploi indirect. Il s'agit d'objectifs, et non d'emplois déjà créés.