Aller au contenu principal
ÉditionÉdition française·English edition
Cyrus le Grand : le conquérant qui laissa ses sujets prier
Encyclopédie universelle

Cyrus le Grand : le conquérant qui laissa ses sujets prier

Il bâtit la première superpuissance du monde — et la gouverna avec une tolérance inouïe.

Cyrus le Grand (mort en 530 av. J.-C.) fonda l’empire perse achéménide, la première vraie superpuissance de l’histoire — de la mer Égée à l’Indus — et fut le pionnier d’un modèle impérial fondé sur le respect des religions et des coutumes des peuples conquis plutôt que sur la terreur.

Après la prise de Babylone en 539 av. J.-C., il libéra les captifs juifs qui y étaient détenus et finança la reconstruction de leur temple — l’acte qui lui valut le titre de « Messie » dans la Bible hébraïque, le seul non-Juif ainsi honoré. Son Cylindre, proclamation d’argile de la tolérance, trône au British Museum comme la plus célèbre charte des droits du monde antique.

Bâtir la première superpuissance

Cyrus commença comme roi vassal du petit État perse d’Anshan. Vers 550 av. J.-C., il renversa son grand-père Astyage de Médie, puis avança avec une rapidité stupéfiante : la Lydie et son roi richissime Crésus tombèrent en 547, et Babylone — la plus grande cité du monde — lui ouvrit ses portes en 539. En une décennie, il avait assemblé un empire sur trois continents.

Son génie était autant administratif que militaire. Il maintint les fonctionnaires locaux, divisa l’empire en satrapies dirigées par des gouverneurs perses contrôlés par des inspecteurs royaux, et construisit la Voie royale et le système postal qui permettaient aux ordres de traverser l’empire en quelques jours. Alexandre le Grand copierait ce modèle deux siècles plus tard.

La politique de la tolérance

Là où les rois assyriens avaient déporté et terrorisé, Cyrus afficha la clémence. Le Cylindre de Cyrus rapporte sa restauration des dieux et des temples de Babylone, et son édit libérant les Juifs — le fameux « décret de Cyrus » — permit aux exilés de rentrer à Jérusalem. C’était de la stratégie autant que du principe : des sujets satisfaits ne se révoltent pas.

L’historien grec Hérodote, pourtant peu ami de la Perse, l’appela « un père » pour ses peuples. La Cyropédie de Xénophon, biographie partiellement romancée, en fit le modèle du souverain idéal — lecture obligatoire des hommes d’État, de Rome à l’Italie de la Renaissance.

L’empereur modèle

Cyrus mourut en 530 av. J.-C. en campagne dans le nord-est, apparemment contre les Massagètes ; son tombeau à Pasargades se dresse toujours en Iran. Son fils Cambyse puis Darius Ier achevèrent la machine impériale qu’il avait conçue, gouvernant le plus grand empire que le monde eût encore vu.

Deux millénaires et demi plus tard, il reste le rare conquérant dont on se souvient pour ce qu’il épargna plutôt que pour ce qu’il saisit — revendiqué comme héros par les Iraniens, les Juifs et les défenseurs des droits humains, même si les historiens notent les limites de sa tolérance : elle s’appliquait aux peuples qui se soumettaient, pas à ceux qui résistaient.

Sources

Dans tout le Bureau

Comment le christianisme a-t-il conquis Rome ?Comment l'homme a-t-il apprivoisé le feu ?Comment l'islam s'est-il étendu si vite ?Émirats arabes unis — Fiche paysAfghanistan — Fiche paysAlbanie — Fiche paysHistoire de Émirats arabes unis — ChronologieHistoire de Afghanistan — Chronologie