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Al-Khwarizmi : l'homme dont le nom est devenu « algorithme »
Encyclopédie universelle

Al-Khwarizmi : l'homme dont le nom est devenu « algorithme »

Un savant de Bagdad a écrit le livre de l'algèbre et légué son nom latin à tous les algorithmes.

Al-Khwarizmi (v. 780–v. 850) était un savant persan de la Maison de la sagesse de Bagdad : son livre sur l'al-jabr fonda l'algèbre, et son nom latinisé, Algoritmi, donna le mot « algorithme » — la procédure pas à pas derrière chaque programme. Il diffusa aussi les chiffres indiens dits arabes.

Sous le calife abbasside Al-Ma'mun, au début du IXe siècle, Al-Khwarizmi écrivit sur les mathématiques, l'astronomie et la géographie, à l'époque où Bagdad était le plus riche centre du savoir sur terre. Son traité d'algèbre, vers 830, fut traduit en latin au XIIe siècle et enseigné dans les universités européennes pendant des siècles.

Un savant de la Maison de la sagesse

Al-Khwarizmi naquit vers 780 au Khwarezm, région d'oasis au sud de la mer d'Aral, dans l'actuel Ouzbékistan et Turkménistan. Il gagna Bagdad, capitale du califat abbasside, où le calife Al-Ma'mun (règne 813–833) avait fondé la Bayt al-Hikma — la Maison de la sagesse — bibliothèque, bureau de traduction et institut de recherche sans égal à son époque.

Les savants y traduisaient en arabe les œuvres grecques, persanes et indiennes, puis les dépassaient. Al-Khwarizmi y travailla comme astronome et responsable de la bibliothèque, circulant entre les mathématiques de l'Inde, l'astronomie de la Perse et la géométrie de la Grèce, pour les fondre en quelque chose de neuf.

Al-jabr : naissance de l'algèbre

Vers 830, il écrivit le « Kitab al-Mukhtasar fi Hisab al-Jabr wal-Muqabala » — le Livre abrégé du calcul par la restauration et la comparaison. Ce fut le premier traité systématique de résolution des équations du premier et du second degré : règles, exemples résolus, démonstrations géométriques. « Al-jabr », la restauration d'un membre brisé, devint « algèbre ».

Le livre était pratique et non abstrait : il résolvait des problèmes d'héritage selon le droit islamique, de commerce, d'arpentage et de creusement de canaux. Traduit en latin en 1145 par Robert de Chester, il fit entrer l'algèbre en Europe, où le mot et la méthode restèrent.

Algoritmi : les chiffres et l'algorithme

Son traité d'arithmétique expliquait le système décimal positionnel indien — les chiffres de 0 à 9 et la notation de position qui rend le calcul moderne possible. Sa traduction latine circula sous le titre « Algoritmi de numero Indorum » — Al-Khwarizmi sur les nombres indiens — et les lecteurs prirent le nom de l'auteur pour la méthode elle-même. D'où « algorithme ».

Il compila aussi des tables astronomiques, le Zij al-Sindhind, pour prédire les positions du soleil, de la lune et des planètes, et écrivit le « Kitab Surat al-Ard » (L'image de la Terre), une géographie donnant les coordonnées des villes et des repères du monde connu.

L'héritage

Chaque smartphone fonctionne grâce à deux de ses dons : les chiffres avec lesquels nous comptons et les algorithmes par lesquels les machines décident. L'algèbre et le système décimal fondent les mathématiques, les sciences et l'informatique modernes — les notes de travail d'un savant bagdadien du IXe siècle, toujours aux commandes du monde.

Un cratère de la Lune porte son nom, Al-Khwarizmi, et ses livres survécurent dans des manuscrits latins que les savants européens copièrent pendant quatre cents ans.

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