Aller au contenu principal
ÉditionÉdition française·English edition
Le Fil

L'Amérique quitte l'Irak après 23 ans

La dernière grande base américaine en Irak ferme mercredi, mettant fin à une présence militaire entamée avec l'invasion de 2003 — tandis que le Premier ministre irakien exige des milices pro-iraniennes qu'elles rendent leurs armes le jour même.

Personnel américain sur une base en Irak — une médecin de combat aidant des aviateurs sur le site opérationnel de Marez
Personnel américain sur une base en Irak — une présence qui s'achève mercredi

L'essentiel

  • La dernière grande base américaine en Irak ferme mercredi 30 septembre — mettant fin à une présence militaire entamée avec l'invasion de 2003. Les troupes de combat américaines s'étaient retirées en 2011, étaient revenues en 2014 pour combattre l'État islamique, et partent désormais pour de bon. Reuters ; The Wall Street Journal ; Xinhua
  • Ce retrait parachève un accord conclu en 2024 entre Bagdad et Washington pour mettre fin à la mission militaire de la coalition anti-EI. La phase finale se concentre dans le nord de l'Irak, autour de la base aérienne de Harir, près d'Erbil. Reuters ; Xinhua ; Press TV
  • Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a fixé la même échéance du 30 septembre pour que les milices pro-iraniennes rendent leurs armes — « aucune justification à leur existence après le 30 septembre ». Le 1er octobre, dit-il, ouvrira une ère sans troupes étrangères. The Wall Street Journal ; Xinhua
  • Les milices célèbrent le départ américain comme leur victoire — l'un de leurs commandants parle d'une « victoire historique » et d'une « page noire » qui se tourne — tout en avertissant que tout soldat américain resté sur place « repartira dans un cercueil ». Les alliés de Téhéran s'attendent à ce que le vide profite à leur cause. Reuters ; Press TV
  • La guerre entre Washington et Téhéran continue de déborder sur l'Irak : plus de 600 attaques ont frappé des installations diplomatiques et militaires américaines en Irak durant les deux premiers mois du conflit, et l'ambassade américaine à Bagdad émet désormais des alertes aux enlèvements environ deux fois par semaine. The Wall Street Journal

Vingt-trois ans, 1 700 milliards de dollars et 4 500 Américains morts — et mercredi, la dernière grande base américaine en Irak ferme ses portes.

La phrase mérite qu'on la laisse résonner, parce qu'elle contient un quart de siècle d'histoire américaine : l'invasion de 2003, la « mission accomplie » prématurée, la guerre civile, le retrait de 2011, le retour de 2014 face à l'État islamique, et maintenant le départ — pour de bon, cette fois, si l'on en croit les communiqués. Troupes et équipements quittent la base aérienne de Harir, près de la capitale kurde Erbil, depuis début septembre ; les autres partenaires de la coalition, dont l'Allemagne, ont déjà plié bagage. Et Bagdad a rejeté une demande américaine de dernière minute visant à conserver une partie des forces, selon des responsables irakiens. Même la fin est négociée — et même la négociation est un refus.

Le départ avait été convenu en 2024, sous la présidence de Joe Biden, et il est exécuté par Donald Trump, qui l'a dit crûment en juillet : « Nous ne pensons plus avoir besoin de l'armée là-bas. » La courbe est vertigineuse — de plus de 170 000 soldats au pic de l'invasion à zéro. En vingt-trois ans, l'Amérique est passée de l'occupation à l'absence, en brûlant au passage 1 700 milliards de dollars et 4 500 de ses soldats.

Le nœud

Voici le pari caché derrière la cérémonie. Le Premier ministre Ali al-Zaidi — homme d'affaires de 41 ans arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à la présence étrangère — a adossé une seconde échéance au même jour : les milices pro-iraniennes doivent rendre leurs armes d'ici le 30 septembre. « Aucune justification à leur existence après le 30 septembre », a-t-il déclaré. Le 1er octobre, dit-il, ouvrira une ère sans troupes étrangères — ni américaines, ni miliciennes.

Des panneaux célébrant la fin de la présence américaine ont fleuri dans Bagdad dès lundi. Mais les milices ne désarment pas — elles paradent. Les alliés de Téhéran ont salué ce départ comme une victoire, et le commandant de la force Qods iranienne se serait rendu à Bagdad cette semaine pour des entretiens à huis clos sur le plan de désarmement du gouvernement. Quand le parrain iranien des milices vient « discuter » de leur désarmement, on peut douter que le désarmement soit à l'ordre du jour.

« Le 30 septembre, nous célébrerons la fin d'une page noire de l'histoire de l'Irak et l'échec de l'occupation à imposer sa volonté à notre pays. » — Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak

Comment on en est arrivé là

2003 : l'invasion, les armes de destruction massive qui n'existaient pas, la chute de Saddam Hussein en trois semaines — et puis le vide. La dissolution de l'armée irakienne, la débauge des institutions, la guerre civile entre sunnites et chiites, Al-Qaïda en Irak. 2011 : le retrait d'Obama, présenté comme la fin de la guerre — et puis le vide, à nouveau, d'où a surgi l'État islamique, qui a pris Mossoul en 2014 avec quelques centaines d'hommes face à une armée fantôme. 2014 : le retour américain, la coalition anti-EI, cinq ans de guerre aérienne et terrestre. 2017 : la chute du califat. Et depuis : une présence résiduelle, quelques milliers d'hommes, officiellement en mission de « conseil » — officieusement en cible.

Car la guerre entre Washington et Téhéran, entrée dans son huitième mois, a fait de l'Irak un champ de bataille : miliciens et forces iraniennes ont lancé plus de 600 attaques contre des installations diplomatiques et militaires américaines rien que pendant les deux premiers mois du conflit. L'ambassade américaine à Bagdad — la plus grande du monde, une forteresse de 42 hectares — émet désormais des alertes aux enlèvements environ deux fois par semaine. Une équipe du Wall Street Journal a quitté la capitale ce mois-ci après une menace de ce type. Quand les journalistes évacuent, c'est que la guerre n'est plus une abstraction.

L'accord de 2024 prévoyait cette fin : Bagdad et Washington convenaient de mettre fin à la mission militaire de la coalition anti-EI, par étapes, avec une phase finale concentrée dans le nord, autour de Harir. Ce qui n'était pas prévu, c'est que la fin coïnciderait avec une guerre ouverte entre les États-Unis et l'Iran — faisant du retrait non pas une conclusion, mais un repositionnement en pleine bataille.

Le prisme : cinq dimensions

1. Géopolitique — le vide et ceux qui le remplissent

Les experts irakiens de la sécurité préviennent que ce départ retire le seul contrepoids à l'influence de Téhéran. C'est l'analyse dominante à Bagdad : les Américains partis, les milices pro-iraniennes — le Hachd al-Chaabi et ses factions — deviennent la force armée la plus puissante du pays, face à une armée régulière affaiblie et divisée. L'Iran, qui a passé vingt ans à tisser ses réseaux en Irak — milices, partis, tribus, économie — récolte ce que Washington sème en partant.

Les milices célèbrent le départ américain comme leur victoire — l'un de leurs commandants parle d'une « victoire historique » et d'une « page noire » qui se tourne — tout en avertissant que tout soldat américain resté sur place « repartira dans un cercueil ». La rhétorique est claire : ce n'est pas un retrait négocié, c'est une expulsion. Et les alliés de Téhéran s'attendent à ce que le vide profite à leur cause — plus d'influence à Bagdad, plus de marge pour frapper les intérêts américains restants, plus de poids dans la guerre régionale.

Les Kurdes, eux, redoutent un vide que les cellules dormantes de l'État islamique pourraient exploiter. Le Kurdistan irakien — allié historique de Washington, protégé en partie par la présence américaine — se retrouve exposé : face à Bagdad, face aux milices, face à la Turquie qui bombarde régulièrement le PKK dans le nord. Les autorités irakiennes affirment avoir démantelé une cellule présumée de l'EI qui préparait des attentats synchronisés avec le retrait — un rappel que le califat a laissé des braises, et que les braises attendent le vent.

2. Macroéconomie — le coût de vingt-trois ans

1 700 milliards de dollars. C'est le coût estimé de la guerre d'Irak pour les États-Unis — sans compter les soins aux vétérans pour les décennies à venir, qui doubleront peut-être la facture. C'est l'une des guerres les plus chères de l'histoire américaine, pour un résultat que les historiens débattront pendant un siècle : un Irak « libéré » de Saddam, livré au chaos, puis à l'influence iranienne — exactement l'inverse de l'objectif affiché en 2003, qui était de créer un allié démocratique au cœur du Moyen-Orient.

Pour l'Irak, le coût est incommensurable : des centaines de milliers de morts — les estimations varient, toutes sont effroyables —, des millions de déplacés, des infrastructures détruites et reconstruites et redétruites, une économie pétrolière qui n'a jamais réussi à se diversifier. Le pétrole irakien coule toujours — le pays reste l'un des grands producteurs de l'OPEP — mais la rente alimente la corruption plus que le développement. Le départ américain ne change rien à cette équation : il la rend seulement plus lisible, sans le voile de la présence étrangère.

3. Démographie — les générations de la guerre

Il y a en Irak une génération entière qui n'a connu que la guerre : née sous les sanctions des années 1990, enfant sous l'invasion, adolescente sous l'EI, jeune adulte sous les milices. Cette génération — urbaine, connectée, furieuse — a manifesté en 2019-2020 contre la corruption et l'influence iranienne, et elle regarde le départ américain avec un mélange de soulagement et d'angoisse : soulagement de voir partir l'occupant, angoisse de rester seule face aux milices.

Les 4 500 Américains morts ont leurs familles, leurs villes, leurs monuments. Les centaines de milliers d'Irakiens morts ont leurs fosses communes, leurs veuves, leurs orphelins. La démographie de la guerre, c'est aussi cela : des pyramides des âges tronquées, des générations marquées, des traumatismes transmis. Le 1er octobre, sans troupes étrangères, l'Irak devra affronter seul ses démons — et ses démons sont nombreux.

4. Histoire — les départs qui ressemblent à des défaites

L'histoire des retraits américains est une litanie d'images : Saïgon 1975, les hélicoptères sur les toits ; Kaboul 2021, la foule sur le tarmac. Bagdad 2026 ne sera ni l'un ni l'autre — c'est un retrait négocié, planifié, exécuté dans l'ordre — mais il portera la même question : à quoi ont servi vingt-trois ans ?

Le parallèle afghan est inévitable et trompeur. Inévitable, parce que les deux guerres ont suivi le même arc : invasion, occupation, contre-insurrection, retrait, effondrement partiel. Trompeur, parce que l'Irak n'est pas l'Afghanistan : il a un État — dysfonctionnel mais réel —, une armée — faible mais existante —, des revenus pétroliers, une société civile. Le scénario catastrophe n'est pas écrit. Mais le scénario optimiste non plus : l'Iran n'avait pas d'équivalent en Afghanistan, et l'Iran est désormais l'acteur dominant du jeu irakien.

Il y a aussi l'histoire longue : 2003-2026, c'est la parenthèse américaine au Moyen-Orient qui se referme. De l'invasion néoconservatrice au désengagement trumpien, en passant par le retrait obamien et le retour anti-EI, l'Amérique aura passé un quart de siècle à essayer de façonner l'Irak — pour le laisser, au final, aux mains de son ennemi principal. Les historiens y verront peut-être la plus grande ironie stratégique du siècle.

5. Structure — l'architecture du vide

Le vide laissé par les Américains n'est pas un vide : c'est une architecture de pouvoirs qui se rééquilibre. Les milices pro-iraniennes, déjà intégrées formellement aux forces de sécurité via le Hachd al-Chaabi, vont étendre leur emprise — sur les ministères, sur l'économie, sur les frontières. L'armée régulière, sous-équipée et politisée, ne pourra pas les contenir. Le gouvernement d'al-Zaidi, qui a promis le désarmement des milices pour le 30 septembre, devra choisir : affronter ses propres alliés — suicide politique — ou entériner leur domination — capitulation.

La structure régionale, elle, bascule : sans les Américains en Irak, la guerre contre l'Iran perd sa plateforme terrestre avancée. Les frappes viendront du Golfe, des porte-avions, d'Israël — plus loin, plus cher, moins précis. Téhéran le sait : chaque kilomètre de distance gagné est une marge de sécurité. Le retrait d'Irak n'est pas seulement la fin d'une guerre : c'est un repositionnement dans une autre.

Harir, la dernière base

La base aérienne de Harir, près d'Erbil — la capitale du Kurdistan irakien — est la dernière grande installation américaine en Irak. C'est d'ici que partaient les avions de la coalition contre l'État islamique, d'ici que les conseillers américains formaient les peshmergas kurdes, d'ici que les drones surveillaient les mouvements des milices. Sa fermeture n'est pas symbolique : c'est la fin de la capacité américaine à projeter de la puissance aérienne depuis le sol irakien.

Le choix de Harir comme dernière base n'était pas un hasard : le Kurdistan irakien est la région la plus pro-américaine d'Irak — les Kurdes n'ont jamais oublié que les États-Unis les ont protégés de Saddam Hussein dans les années 1990. C'est aussi la région la plus stable, la plus éloignée des milices pro-iraniennes du sud. En se repliant sur Harir, les Américains s'étaient déjà retirés — géographiquement, politiquement — du reste de l'Irak. La fermeture de la base n'est que l'officialisation d'un retrait déjà accompli.

Pour les Kurdes, le départ est une trahison annoncée : ils avaient misé sur la présence américaine comme garantie contre Bagdad, contre les milices, contre la Turquie. Sans les Américains, le Kurdistan se retrouve seul — avec son pétrole disputé, ses frontières contestées, ses voisins hostiles. L'histoire kurde est une longue suite d'abandons par les grandes puissances ; 2026 en ajoute un chapitre.

Al-Zaidi, 41 ans, et le pari du désarmement

Ali al-Zaidi, 41 ans, est le plus jeune Premier ministre de l'histoire irakienne — un homme d'affaires propulsé au pouvoir sur la promesse de mettre fin à la présence étrangère. Son pari est double : faire partir les Américains — c'est fait — et désarmer les milices pro-iraniennes d'ici le 30 septembre — c'est une autre histoire.

Le désarmement des milices est la promesse que tous les Premiers ministres irakiens ont faite et qu'aucun n'a tenue. Les milices — le Hachd al-Chaabi et ses factions — ne sont pas des bandes armées : ce sont des institutions, intégrées aux forces de sécurité, présentes au Parlement, propriétaires d'entreprises, contrôlant des pans entiers de l'économie. Les désarmer, ce serait démanteler un État dans l'État — avec un État qui n'a pas les moyens de le faire.

Al-Zaidi le sait — et c'est pourquoi sa déclaration — « aucune justification à leur existence après le 30 septembre » — est autant un message aux Américains (« partez, je gère ») qu'aux milices (« je vous ai à l'œil »). Mais les milices ne désarment pas : elles paradent. Et le commandant de la force Qods iranienne, en visite à Bagdad cette semaine, n'est pas venu discuter désarmement — il est venu s'assurer que le désarmement n'aura pas lieu. Le Premier ministre de 41 ans joue contre des adversaires qui ont vingt ans d'avance.

Les 600 attaques contre les installations américaines en deux mois — le chiffre donne le vertige : dix par jour, en moyenne. C'est une guerre de harcèlement systématique, destinée à rendre la présence américaine intenable — et elle a réussi : les Américains partent. Les milices ont gagné la guerre d'usure, comme les talibans avant elles, comme les insurgés irakiens avant eux. La leçon est ancienne : une armée expéditionnaire finit toujours par partir ; ceux qui restent, ce sont les locaux.

Ce que les capitales en pensent

Washington présente le retrait comme l'exécution d'un accord — la fin d'une mission accomplie, pas une fuite. En privé, le Pentagone s'inquiète du vide et de ce que l'Iran en fera. Téhéran célèbre : vingt-trois ans après l'invasion qui visait à l'encercler, c'est l'encercleur qui s'en va. Bagdad affiche la souveraineté retrouvée — « une ère sans troupes étrangères » — tout en sachant que la souveraineté, sans armée pour la défendre, est un mot. Erbil s'inquiète en silence. Et les capitales du Golfe calculent : un Irak sous influence iranienne renforcée, c'est un front de plus dans la guerre régionale.

Ce qu'il faut surveiller

Le 1er octobre : à quoi ressemblera vraiment le premier jour sans Américains ? Si les milices défilent dans Bagdad, le message sera clair. Si elles se font discrètes, c'est qu'un arrangement a été trouvé — et il faudra en chercher le prix.

Le désarmement des milices promis par al-Zaidi : personne n'y croit, mais sa non-réalisation sera le test de l'autorité du Premier ministre. Un chef qui fixe une échéance et ne la fait pas respecter a perdu — aux yeux de tous.

L'EI : les cellules dormantes attendent les moments de transition. Tout attentat spectaculaire dans les semaines qui viennent sera lu comme le premier test du « sans Américains ».

Et c'est bien là la question à laquelle personne à Bagdad ne sait répondre : à quoi ressemblera vraiment le 1er octobre ? Vingt-trois ans après, l'Irak va découvrir ce que c'est que d'être seul avec son histoire — et son histoire, jusqu'ici, ne lui a jamais fait de cadeaux.

Prisme occidental

À Washington, le pari est que la fin de la mission fera disparaître la cible sur le dos des Américains — plus de troupes, plus d'otages, plus de saisons à 600 attaques. Le fait que le bureau du Journal à Bagdad vienne de partir pour une menace d'enlèvement en dit long sur le risque que cette politique accepte. L'arithmétique est nette ; la logique de sécurité qui la porte, beaucoup moins.

Prisme oriental

Téhéran lit ce départ comme une victoire achetée avec patience et milices — vingt ans de pression, et les Américains partent selon un calendrier fixé par Bagdad. Le déplacement discret du commandant de la force Qods à Bagdad cette semaine était l'autre moitié de l'histoire : le contrepoids disparu, la question n'est plus de savoir si l'influence iranienne grandira, mais à quel point elle s'affichera.

Prisme du Sud global

Pour Bagdad, le 1er octobre est le jour de la souveraineté — un Premier ministre qui tient ce que chaque gouvernement irakien promet depuis 2003. Pour les Kurdes et les sunnites, c'est le jour où le renseignement, les drones et l'appui aérien repartent avec les Américains. Pour la région, c'est le prochain test grandeur nature : les forces irakiennes, et non les bases étrangères, tiendront-elles la ligne ?

Le consensus

Ce sur quoi nous sommes d'accord
L'échéance du 30 septembre, l'accord de 2024 entre Bagdad et Washington, le retrait de 2011 et le retour de 2014, les 4 500 Américains morts et le pic de 170 000 soldats, l'exigence parallèle de Zaidi envers les milices, les plus de 600 attaques des deux premiers mois de la guerre, les panneaux de célébration dans Bagdad.
Ce sur quoi nous divergeons
Le retrait met-il fin aux violences ou les déplace-t-il simplement — Washington déclare la mission accomplie ; les alliés de Téhéran parlent de victoire et s'attendent à peser davantage. Les milices désarmeront-elles : le Premier ministre l'exige le jour même où elles célèbrent.
Ce que nous savons
Les termes de l'accord ; le point focal de Harir dans la phase finale ; le refus irakien d'une prolongation américaine ; les avertissements des commandants de milices à tout soldat qui resterait.
Ce que nous ne savons pas encore
S'il restera du personnel américain en Irak après aujourd'hui sous une forme ou une autre — conseillers, contractants, dispositifs de sécurité discrets. Ce qu'il adviendra si les milices ignorent l'échéance de désarmement. Si l'État islamique tentera de profiter des coutures du nouveau dispositif.
Ce à quoi nous nous attendons
Des rassemblements de célébration à Bagdad le 1er octobre ; une échéance de désarmement qui glissera ou sera « réinterprétée » ; la première attaque post-retrait, quand elle viendra, donnera le ton de tout ce qui suivra.
Chargement de la discussion…