Au lendemain de l'investiture du gouvernement El Mansouri, Sa Majesté le Roi a présidé le Conseil des ministres à Rabat et adopté les orientations du projet de loi de finances 2027 : 4,7 % de croissance, 0,7 % d'inflation, cinq priorités.
Publié le 17 octobre 2026 · 23:20 GMT
Samedi 17 octobre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé un Conseil des ministres au Palais royal de Rabat, annonce un communiqué du Cabinet royal. Le Conseil était consacré aux orientations générales du projet de loi de finances 2027. À l'entame des travaux, et en vertu de l'article 49 de la Constitution, le ministre des Finances Fouzi Lekjaa a présenté à Sa Majesté le Roi les grandes lignes du projet. Communiqué du Cabinet royal via Sahara News (17 oct. 2026) Le Desk, avec la MAP (17 oct. 2026)
C'était le premier Conseil des ministres du gouvernement conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri — première femme cheffe du gouvernement du Maroc — dont le Roi avait nommé les 32 ministres la veille au palais de Rabat. L'investiture a scellé la majorité parlementaire issue des élections du 23 septembre, et le Conseil a donné au nouvel exécutif sa première feuille de route économique en vingt-quatre heures. Reuters (16 oct. 2026)
Le projet 2027 intervient, selon le communiqué, dans « un environnement international profondément instable, marqué par le coût des conflits géostratégiques, la montée du protectionnisme et la concurrence autour de l'énergie, de la technologie et du financement ». L'économie nationale devrait croître de 4,7 % fin 2026, avec une inflation de 0,7 % et un déficit ramené à 3 % du PIB. Finances News Hebdo (17 oct. 2026)
Le projet s'articule autour de cinq priorités énoncées dans le communiqué du Cabinet royal. Premièrement, le pouvoir d'achat et un État social durable : réforme structurelle des marchés et des prix dès 2027, extension de la couverture santé, aide sociale directe accrue, santé et éducation publiques mises à niveau, et aide directe au logement. Deuxièmement, la jeunesse : un programme national intégré 2027-2031 orientant les jeunes Marocains vers la formation, l'incubation d'entreprises, le financement et les marchés — le communiqué qualifie la jeunesse de « l'un des défis les plus importants et les plus urgents de cette phase ». Communiqué du Cabinet royal via Sahara News (17 oct. 2026) Aloborlakom (17 oct. 2026)
Troisièmement, la régionalisation avancée : une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, dotée de 25 milliards de dirhams, conformément aux orientations royales sur le transfert des compétences aux régions et la Charte nationale de déconcentration administrative. Le Desk, avec la MAP (17 oct. 2026)
Quatrièmement, la souveraineté stratégique — eau, énergie, alimentation, numérique : sécurité hydrique, renouvelables accélérées, initiative marocaine de l'hydrogène vert, feuille de route gazière, sécurité alimentaire et souveraineté numérique. Cinquièmement, une économie forte finançant les ambitions sociales et souveraines : financements des grands projets, écosystèmes industriels souverains, réformes institutionnelles et équilibres budgétaires préservés — avec les mécanismes d'appui de la Charte de l'investissement consacrés et l'accent sur les micro, petites et moyennes entreprises. Communiqué du Cabinet royal via Sahara News (17 oct. 2026)
Le communiqué fixe l'architecture stratégique du projet, pas son arithmétique. Le volet recettes — quels impôts augmentent, lesquels baissent, comment le déficit sera ramené à 3 % du PIB — n'a pas été dévoilé ; ces détails apparaîtront avec le dépôt du texte intégral au Parlement. La ventilation régionale des 25 milliards de dirhams n'a pas été précisée : quelles provinces démarreront en premier, et selon quel calendrier, reste à voir. Le Desk, avec la MAP (17 oct. 2026)
Reste ouverte la conception de la réforme structurelle des marchés et des prix promise pour 2027, la mesure la plus directement liée à l'engagement sur le pouvoir d'achat. La gouvernance du nouveau programme intégré pour la jeunesse — qui le pilote, comment il absorbe la mosaïque de dispositifs existants, et comment son financement est sécurisé sur l'horizon 2027-2031 — déterminera s'il rompt avec les programmes fragmentés dont le communiqué reconnaît lui-même les insuffisances. Et le calendrier parlementaire reste à annoncer, dans la séquence constitutionnelle qui commence par ce Conseil. Finances News Hebdo (17 oct. 2026)
Il ne s'agissait pas d'un rituel budgétaire de routine. C'était le premier acte économique du gouvernement El Mansouri — le premier exécutif marocain dirigé par une femme — présidé par le Roi en personne. Le message est la continuité assumée : la même discipline macroéconomique — 4,7 % de croissance, 0,7 % d'inflation — désormais au service du pouvoir d'achat, de la jeunesse et des régions.
Fouzi Lekjaa, l'ancien ministre délégué au budget devenu ministre des Finances, est aussi le technocrate chargé par le Roi d'organiser la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal — liant les dépenses publiques à la plus grande vitrine internationale du Royaume, comme l'a relevé Le Monde. Le Monde (17 oct. 2026) Sa présentation place les finances du Royaume entre les mains de l'homme qui doit financer à la fois un Mondial et un État social.
Pour la région, le langage du projet est une déclaration de doctrine : la souveraineté — sur l'eau, l'énergie, l'alimentation et les infrastructures numériques — conçue non comme une autarcie mais comme une résilience face à un monde instable. Les paris du Maroc sur l'hydrogène vert, les renouvelables et le tourisme supposent un État capable de planifier à long terme — et le projet 2027 est le point où cette planification rencontre la ligne budgétaire.
La lecture de Magna part de l'institution. En vertu de l'article 49 de la Constitution, le Conseil des ministres est le lieu où l'orientation stratégique du Royaume est formellement fixée avant que le gouvernement ne l'exécute — et où le Roi préside en personne. Un Conseil consacré au projet 2027, présidé par Sa Majesté au lendemain d'une investiture, est l'expression la plus claire de la distribution du pouvoir au Maroc : la monarchie définit l'horizon, le gouvernement marche vers lui.
Cinq priorités dessinent un arc délibéré — du coût de la vie à l'emploi des jeunes, au développement des régions, à la sécurité hydrique et énergétique, et aux équilibres budgétaires : géopolitique, macroéconomie, démographie, histoire et technologie en une seule séquence.
Le risque est celui de l'exécution. L'histoire récente du Maroc compte des programmes ambitieux fragmentés au contact de l'administration — l'appel du communiqué à dépasser « les programmes sectoriels fragmentés, dont les insuffisances sont apparues » est un aveu d'une franchise inhabituelle. Le test ne sera pas les orientations du Conseil mais les décrets : qui pilote le programme jeunesse, comment les 25 milliards sont alloués, et si la réforme des prix survit aux intérêts établis. Communiqué du Cabinet royal via Sahara News (17 oct. 2026)
D'abord, la piste parlementaire. Le projet entre désormais dans la séquence constitutionnelle : dépôt au Parlement, examen en commission, débat et adoption. La majorité conduite par le PAM, issue des élections du 23 septembre, donne au gouvernement les chiffres, mais le débat budgétaire sera le premier test de résistance de la nouvelle coalition.
Ensuite, la piste de l'investissement. En consacrant les mécanismes d'appui de la Charte de l'investissement, le projet s'adresse directement au capital privé — national et étranger. L'hydrogène vert, les renouvelables et la feuille de route gazière sont les dossiers que les investisseurs surveilleront.
Puis, la piste territoriale. L'enveloppe territoriale de 25 milliards de dirhams — y compris l'effort de développement du Royaume dans ses provinces du Sud — est la traduction financière de la régionalisation avancée. La façon dont les régions l'absorberont façonnera le débat sur la décentralisation pour des années.
Enfin, la piste de la crédibilité. Un objectif de déficit de 3 %, énoncé sous la présidence du Roi, est un engagement dont les marchés et les agences de notation tiendront le Maroc comptable.
La séquence constitutionnelle est fixée : les orientations générales adoptées en Conseil des ministres précèdent le dépôt du projet au Parlement, où le programme du gouvernement et le budget sont débattus puis votés. Les prochaines semaines apporteront le texte intégral du projet de loi de finances 2027, la première présentation du ministre des Finances devant les élus, et les examens en commission où le volet recettes — la partie que le communiqué n'a pas dévoilée — deviendra public. Finances News Hebdo (17 oct. 2026)
Trois dossiers à surveiller : la gouvernance du programme jeunesse — l'étiquette de « nouvelle génération » marque-t-elle une rupture réelle ? Les premières mesures sur les prix — jusqu'où l'engagement pénètre-t-il la vie quotidienne ? Et les premières allocations de l'enveloppe territoriale — quelles provinces le gouvernement développe-t-il en premier ?
La lecture occidentale : la continuité sous une nouvelle direction Reuters sur la nomination, Le Monde sur la composition : l'Occident présente le Conseil comme une continuité institutionnelle — le Roi préside, un technocrate présente, les chiffres tiennent. Le Monde s'attarde sur Lekjaa, le haut fonctionnaire ayant rallié le PAM victorieux deux mois avant le scrutin, désormais chargé des cordons de la bourse et de l'organisation du Mondial 2030. Le Monde (17 oct.
La lecture orientale : une absence remarquable Aucune couverture indépendante d'origine orientale de ce Conseil n'a été trouvée au moment de la publication. Les recherches ciblées — CNA, couverture asiatique de The Hindu, dépêches indexées de NHK et Kyodo — n'ont rien retourné sur le Conseil du 17 octobre ni sur le projet 2027. Une procédure marocaine intérieure sans enjeu de grande puissance ne figure tout simplement pas à l'agenda médiatique de l'Orient : une absence réelle, et non un échec de recherche.
La lecture du Sud : le contrat social en cinq priorités Les rédactions marocaines — Le Desk sur la dépêche MAP, Finances News Hebdo, Aloborlakom, L'Entreprise du Maroc — ont centré le contrat social : pouvoir d'achat, jeunesse, régions, et les 25 milliards de dirhams pour les programmes territoriaux. Le Desk, avec la MAP (17 oct. 2026) La presse arabophone a insisté sur le soutien aux PME et sur le programme d'aide directe au logement.
Présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Palais royal de Rabat, le Conseil a examiné et adopté les orientations générales du projet de loi de finances du Maroc pour 2027. Le ministre Fouzi Lekjaa en a présenté les grandes lignes. Le Conseil a fixé cinq priorités — pouvoir d'achat, jeunesse, régions, souveraineté et solidité économique — avec 4,7 % de croissance, 0,7 % d'inflation et un déficit visé à 3 % du PIB.
Premièrement, la restauration du pouvoir d'achat et de l'État social, avec une réforme structurelle des marchés et des prix dès 2027. Deuxièmement, un programme national intégré pour la jeunesse 2027-2031 pour la formation et l'emploi. Troisièmement, la régionalisation avancée et une nouvelle génération de programmes de développement territorial, dotée de 25 milliards de dirhams. Quatrièmement, la souveraineté stratégique sur l'eau, l'énergie, l'alimentation et le numérique, dont l'hydrogène vert. Cinquièmement, une économie forte préservant les équilibres macroéconomiques et budgétaires.
Le Conseil s'est tenu le 17 octobre, au lendemain de l'investiture du gouvernement conduit par Fatima Ezzahra El Mansouri — première femme cheffe du gouvernement du Maroc, nommée par le Roi après les élections législatives du 23 septembre. Le projet de loi de finances 2027 est donc la première feuille de route budgétaire du nouvel exécutif, présentée par son nouveau ministre des Finances, Fouzi Lekjaa, et adoptée sous la présidence du Roi en Conseil des ministres.
Le communiqué du Cabinet royal consacre 25 milliards de dirhams à l'accélération de la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, le bras financier de la priorité de régionalisation avancée. Les médias marocains, dont Le Desk, l'ont signalée comme l'engagement le plus concret du projet. La ventilation régionale et le calendrier n'ont pas été dévoilés ; les premières allocations révéleront quelles provinces le nouveau gouvernement entend développer en premier.