Approuvé par 237 voix contre 15 lors d'une session parlementaire de guerre tenue en ligne, l'ancien patron du programme balistique, âgé de 68 ans, prend la tête de la reconstruction de la base militaro-industrielle iranienne — et prévient Washington que ses forces quitteraient la région « à l'horizontale » en cas de nouvelle frappe.
Publié le 18 octobre 2026 · 15:08 GMT
Le parlement iranien a approuvé Mehrdad Akhlaqi Ketabchi comme ministre de la Défense et de la Logistique des forces armées le dimanche 18 octobre 2026, mettant fin à huit mois d'intérim. Les députés ont voté par 237 voix pour et 15 contre, sur 277 suffrages exprimés et sans abstention, selon les chiffres relayés par Press TV.
Le vote s'est tenu en session en ligne : le parlement siège à distance depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, qui a tué le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh aux côtés d'autres hauts responsables, a rapporté Al Jazeera. Le président Masoud Pezeshkian avait proposé la candidature d'Akhlaqi le 5 octobre ; deux commissions parlementaires ont examiné son programme avant le vote, et la séance était présidée par Mohammad Baqer Qalibaf, a rapporté Press TV.
Elle place un technocrate de l'industrie de défense âgé de 68 ans à la tête de la reconstruction d'une infrastructure militaro-industrielle lourdement ciblée par les États-Unis et Israël, a rapporté Al Jazeera.
Akhlaqi — orthographié « Akhlaghi » par les médias iraniens et qataris — compte plus de 42 ans au ministère de la Défense et dans ses organismes affiliés, a indiqué la présidence. Il a dirigé trois piliers du complexe d'armement national — le groupe industriel Shahid Bagheri, l'Organisation des industries aérospatiales et l'Organisation des industries de défense — selon Al Jazeera, avec une expertise des missiles balistiques, de la propulsion à propergol solide et de la production militaro-industrielle.
On lui attribue un rôle dans l'expansion des familles de missiles balistiques Sejjil et Zolfaghar et d'armes de précision telles que le missile Almas et la bombe guidée Yasin, a rapporté Al Jazeera. Le porte-parole du ministère, le général de brigade Reza Talaei-Nik, a déclaré ce mois-ci que sa nomination reflétait le besoin iranien d'augmenter la quantité et la qualité des armes stratégiques, en particulier missiles et drones.
Son parcours a attiré l'attention internationale : il est sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne pour son travail dans la défense iranienne, selon Reuters, et par les Nations unies, selon Al Jazeera — des mesures imposées en 2007 pour des activités présumées liées aux missiles balistiques et au nucléaire, selon Times Now.
Dans le programme présenté aux députés, Akhlaqi s'est engagé à reconstruire l'infrastructure militaro-industrielle, à accélérer les technologies de défense et à élargir la coopération avec le secteur privé, a rapporté Reuters. Avant le vote, il a rencontré de hauts commandants militaires — dont le commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution, le général Ahmad Vahidi — pour recenser leurs besoins, a rapporté Al Jazeera.
Ses premières déclarations publiques comme ministre ont été belliqueuses. « Si l'ennemi américain commet une nouvelle erreur de calcul, la réponse du vaillant peuple iranien et des combattants de l'islam sera surprenante et d'une ampleur considérable », a-t-il déclaré, ajoutant que Téhéran s'était préparé contre l'usage potentiel de la « mère de toutes les bombes » américaine. « Le président américain devrait se concentrer sur le retrait en sécurité de ses forces de notre région. S'il largue une seule bombe, il verra combien de ses soldats quitteront la région à l'horizontale », l'a cité Reuters ; l'AFP l'a par ailleurs rapporté prévenant d'« énormes dommages » pour les États-Unis et la région si Washington reprenait sa campagne.
La mécanique de la période d'intérim n'est que partiellement publique : Reuters a rapporté que Majid Ebn al-Reza avait pris la relève après la mort de Nasirzadeh ; Press TV l'a identifié comme le général de brigade Seyyed Majid Ibn al-Reza, nommé par intérim par Pezeshkian ; Al Jazeera a rapporté qu'il deviendra l'adjoint d'Akhlaqi. Aucune déclaration officielle n'a détaillé la répartition des responsabilités entre les deux hommes.
L'engagement central d'Akhlaqi — élargir la coopération avec le secteur privé — ne repose sur aucun plan publié : aucun calendrier, aucun partenaire nommé, aucun chiffre budgétaire. La capacité de la base militaro-industrielle à absorber de nouvelles capacités privées au rythme de la guerre reste une question ouverte, pas un fait établi.
La menace de la « mère de toutes les bombes » reste de seconde main : CNN a rapporté cette semaine que des plans de frappe américains pourraient inclure la bombe GBU-43/B contre les infrastructures énergétiques et les sites nucléaires iraniens si le président Trump ordonne une reprise des combats, comme l'a relayé Reuters. Washington ne les a pas confirmés.
Parce qu'en Iran, le ministre de la Défense n'est pas d'abord un commandant de terrain — il dirige le ministère qui fabrique et achète les armes. Nommer un industriel du programme balistique plutôt qu'un général en uniforme indique où Téhéran situe le goulot d'étranglement : la production, pas le commandement. Après huit mois d'une guerre qui a lourdement ciblé son infrastructure militaro-industrielle, la direction iranienne place un ingénieur de production à la tête de l'atelier.
Le calendrier précise le signal : cette nomination intervient alors que Téhéran impose ses conditions sur le détroit d'Ormuz et que les plans de frappe américains présumés — y compris la GBU-43/B « mère de toutes les bombes » — dominent l'environnement de menace. Un ministère dirigé par l'homme des programmes Sejjil et Zolfaghar vise un objectif avant tout : davantage de missiles, plus vite, plus difficiles à intercepter.
Il y a aussi une dimension diplomatique : un technocrate sous sanctions onusiennes, américaines et européennes n'est pas une nomination conçue pour courtiser la table des négociations, mais pour un système d'achat à l'épreuve des sanctions. L'Iran signale qu'il entend combattre et reconstruire sous sanctions indéfiniment. Le refus iranien de toute solution militaire coexiste avec les pétroliers en feu : les deux camps lisent l'escalade de la même façon.
Trois signaux sont lisibles. D'abord, la production avant le commandement : la pénurie la plus aiguë de l'Iran en temps de guerre n'est pas de généraux mais d'armes, et toute la carrière du nouveau ministre est faite d'armes. Les lignées Sejjil et Zolfaghar comptent ici : des systèmes à propergol solide et de précision permettant de frapper à distance sans supériorité aérienne. Placer leur parrain industriel à la tête du ministère est un pari sur le volume et la qualité des armes stratégiques.
Ensuite, la sanctuarisation anti-sanctions comme doctrine. Akhlaqi vit sous sanctions internationales depuis près de deux décennies et n'a jamais compté sur l'accès aux chaînes d'approvisionnement occidentales. La promesse de faire appel au secteur privé suggère un élargissement de la base industrielle nationale — une posture d'économie de guerre, pas une posture diplomatique.
Enfin, l'escalade rhétorique comme dissuasion. L'imagerie « à l'horizontale » et l'avertissement des « énormes dommages » sont calibrés pour le cycle de décision de Washington, arrivant précisément au moment où les plans de frappe américains présumés — y compris la GBU-43/B — dominent l'environnement de menace. Téhéran dit à la Maison-Blanche que le prix d'un second round se mesure en victimes américaines et en retombées régionales. La crédibilité de la menace dépend du programme de production dont Akhlaqi hérite : une rhétorique de dissuasion sans missiles n'est que du bruit.
Surveiller d'abord le détroit d'Ormuz : un ministère axé sur la production et une voie d'eau contestée forment une combinaison combustible. Surveiller ensuite la Russie et la Chine : un chef des achats endurci aux sanctions pourrait approfondir la dépendance de Téhéran vis-à-vis de partenariats non occidentaux, et les sanctions onusiennes déjà inscrites au dossier d'Akhlaqi donnent à Pékin et à Moscou une raison formelle de garder leurs distances — ou de l'ignorer entièrement. Surveiller enfin le parlement iranien : une législature de guerre votant à distance vient de démontrer qu'elle fonctionne toujours comme organe de confirmation.
Akhlaqi prend le ministère immédiatement ; les premières étapes observables seront des annonces de production — essais de missiles, déploiements de défense aérienne, contrats d'achat — plutôt que des discours. La commission de la sécurité nationale du parlement, qui a examiné son programme, sera son premier public de contrôle. Côté américain, la question est de savoir si les plans de frappe présumés avancent ou reculent : les conditions iraniennes sur Ormuz et le refus d'une solution militaire sont les deux signaux iraniens à suivre. La prochaine phase de la guerre s'écrira autant dans la production des usines que dans les dégâts des batailles.
La lentille occidentale : un industriel prend la tête des achats La couverture occidentale, menée par la dépêche Reuters depuis Dubaï, y voit un tournant technocratique : un vétéran de l'industrie aérospatiale à la tête de l'appareil de production et d'achat de défense. L'angle des sanctions domine, et ses premières déclarations belliqueuses sont lues comme du théâtre de dissuasion destiné à Washington. Le magazine israélien Israel Defense ajoute : une « figure civilo-industrielle plutôt qu'un commandant militaire », sanctionnée depuis 2007, à la tête d'un appareil qui a « subi de lourds coups au début du conflit ».
La lentille orientale : recherchée, introuvable Aucun reportage indépendant sur le vote n'a été trouvé dans l'environnement informationnel oriental : trois passes de recherche sur Xinhua, CGTN, NHK, Kyodo et CNA (en anglais) n'ont retourné aucune couverture de la confirmation du 18 octobre. La perspective orientale est donc honnêtement absente, non reconstruite. Pékin et Moscou traitent normalement de telles nominations via les canaux multilatéraux déjà présents dans le dossier — l'architecture de sanctions de l'ONU — plutôt que par un reportage rapide en anglais.
La lentille du Sud global : la mécanique du vote, vue de la région Le reportage régional porte les détails que les dépêches compressent : le correspondant d'Al Jazeera à Téhéran a fourni toute la mécanique — 237 pour, 15 contre, un parlement à distance, Ebn al-Reza rétrogradé adjoint — et la profondeur du parcours. Press TV est à l'origine de la chronologie de la nomination : la proposition de Pezeshkian du 5 octobre, les examens en commissions, la présidence de Qalibaf. La chaîne nigériane News Central TV, reprenant l'AFP, montre comment l'histoire se lit depuis l'Afrique : un ministre prévenant d'« énormes dommages » si Washington reprend sa campagne.
Mehrdad Akhlaqi Ketabchi, 68 ans, est le nouveau ministre iranien de la Défense et de la Logistique des forces armées, confirmé par le parlement le 18 octobre 2026. C'est un technocrate de l'industrie de défense avec plus de 42 ans au ministère et dans ses organismes affiliés, ayant dirigé le groupe industriel Shahid Bagheri, l'Organisation des industries aérospatiales et l'Organisation des industries de défense. Son expertise porte sur les missiles balistiques, notamment les familles Sejjil et Zolfaghar.
Le parlement iranien, qui siège en ligne depuis le début de la guerre le 28 février, a voté par 237 voix pour et 15 contre sur 277 suffrages exprimés, sans abstention. Le président Masoud Pezeshkian l'avait proposé le 5 octobre ; les commissions de la sécurité nationale et de la politique étrangère ainsi que de l'industrie et des mines ont examiné son programme, et le vote était présidé par le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf.
Akhlaqi est sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne pour son travail dans le secteur de la défense iranien, selon Reuters. Al Jazeera rapporte qu'il est également sous sanctions des Nations unies, et Times Now rapporte que l'ONU les a imposées en 2007 pour des activités présumées liées aux missiles balistiques et au nucléaire. Sa direction du groupe Shahid Bagheri et des organisations des industries aérospatiales et de défense fonde ces mesures.
Le ministre de la Défense dirige le ministère qui fabrique et achète les armes : choisir un industriel du programme balistique signale que Téhéran voit la production — et non le commandement — comme son goulot d'étranglement en temps de guerre. Son engagement : reconstruire l'infrastructure militaro-industrielle, accélérer les technologies de défense, associer les entreprises privées. Ses déclarations belliqueuses, prévenant d'« énormes dommages » en cas de nouvelle frappe américaine, sont une dissuasion calibrée à l'intention des décideurs américains.
Selon Akhlaqi, Téhéran s'est préparé contre l'usage éventuel par les États-Unis de la bombe GBU-43/B — la « mère de toutes les bombes » — contre l'Iran. CNN a rapporté que des plans de frappe américains pourraient inclure cette arme contre les infrastructures énergétiques et les sites nucléaires iraniens si Trump ordonne une reprise des combats. Akhlaqi a prévenu que si les États-Unis « larguent une seule bombe », leurs soldats quitteraient la région « à l'horizontale ».