Le roi Mohammed VI a mis fin dimanche aux fonctions de la ministre déléguée en vertu de l'article 47 de la Constitution, à la demande de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri — premier ajustement d'un cabinet nommé 48 heures plus tôt, et test de la réactivité du nouvel exécutif.
Publié le 19 octobre 2026 · 06:05 GMT
La carrière ministérielle de Madiha Khayr a duré exactement 48 heures. Nommée vendredi 16 octobre ministre déléguée chargée de la formation professionnelle et de la qualification dans le nouveau gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, la députée istiqlalienne de Béni Mellal a vu ses fonctions prendre fin dimanche 18 octobre par décision de Sa Majesté le roi Mohammed VI. Un communiqué du Cabinet royal, relayé par la MAP, indique que le Souverain a accepté une demande en ce sens de la cheffe du gouvernement, conformément à l'article 47 de la Constitution. Le communiqué ne donne aucune raison à cette décision.
Quelques heures après sa nomination, des documents personnels attribués à Khayr — dont un prétendu certificat médico-légal daté du 12 juin 2004 — ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux marocains, et certains médias ont ressuscité des articles de presse de 2004 évoquant une affaire judiciaire dans la région de Fquih Ben Salah. L'authenticité et le contexte de ces documents n'ont pas été confirmés de manière indépendante. S'en est suivie la sortie ministérielle la plus rapide de la mémoire récente du Maroc : le premier ajustement du cabinet El Mansouri, avant même que le gouvernement ait présenté son programme au Parlement.
L'article 47 de la Constitution de 2011 encadre les nominations et les démissions ministérielles. Il prévoit que le Roi peut, de sa propre initiative et après consultation du chef du gouvernement, mettre fin aux fonctions d'un ou plusieurs ministres — et que la cheffe du gouvernement peut elle-même demander au Roi de mettre fin aux fonctions d'un ministre. La séquence de dimanche a suivi la seconde voie : l'initiative est venue d'El Mansouri, la décision du Souverain.
Voici ce qui est établi : Khayr, députée du parti de l'Istiqlal élue à Béni Mellal, avait été désignée le 8 octobre présidente du groupe parlementaire de son parti — un poste et un siège parlementaire qu'elle a abandonnés pour entrer à l'exécutif. Avant la politique, elle avait travaillé à l'Office national des aéroports (ONDA) et occupé le poste de secrétaire générale de l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile. Elle est titulaire d'un master en commerce international.
Dimanche soir, le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, a expliqué la lecture de l'exécutif : le gouvernement avait « suivi la circulation d'informations judiciaires et médicales personnelles » concernant Khayr après sa nomination ; la démission était une réponse « urgente » issue d'une « évaluation politique et institutionnelle conjointe » des quatre composantes de la coalition ; et son objectif était de recentrer le débat public sur le programme du gouvernement et les attentes des citoyens, avant l'investiture parlementaire.
Ce que l'on ne sait pas : l'authenticité et le contexte des documents diffusés au sujet de Khayr n'ont jamais été établis de manière indépendante — aucune autorité médicale ou judiciaire ne les a confirmés, et le gouvernement ne les a pas détaillés. On ne sait pas si la démission était causalement liée à ces documents ou à une évaluation politique distincte ; le communiqué royal ne donne aucune raison, et l'explication du porte-parole, tout en pointant la polémique, s'arrête avant toute affirmation causale. On ne sait pas qui remplacera Khayr, quand, ni de quel parti. Et on ne connaît pas la chaîne complète de filtrage qui avait validé sa nomination le 16 octobre — la question que le débat d'investiture pressera le plus probablement.
Cette démission est le premier vrai test de stress de la nouvelle configuration politique marocaine. El Mansouri — première femme à diriger un gouvernement marocain, à la tête d'une coalition à quatre (PAM, PPS, USFP, Istiqlal) qui contrôle 207 des 395 sièges — a choisi la vitesse plutôt que l'hésitation : la polémique a été neutralisée en un seul week-end, avant la présentation de son programme au Parlement lundi. Le calendrier institutionnel ne pardonne pas : un conseil des ministres consacré au projet de loi de finances 2027 venait d'être présidé par le Souverain, et le vote d'investiture ne laisse aucune place à un scandale de personnel prolongé.
Cela compte aussi par la manière dont c'est arrivé. L'article 47 a été activé à la demande de la cheffe du gouvernement, et non imposé unilatéralement par le palais — un détail de procédure au poids politique réel. Il signale que la nouvelle Première ministre entend assumer la composition de son gouvernement, et que les partis de la coalition — l'Istiqlal a accepté le départ d'une des siennes sans bataille publique — privilégient le lancement aux carrières individuelles.
Trois lectures sont possibles, et aucune n'est officiellement confirmée comme décisive. La première est l'hygiène institutionnelle : un gouvernement âgé de 48 heures a détecté un risque réputationnel et l'a écarté avant qu'il ne définisse le lancement. La deuxième est la gestion de coalition : l'acceptation rapide de l'Istiqlal suggère que les quatre partis s'étaient entendus, à l'avance, sur une doctrine de tolérance zéro pour les polémiques de nomination — une police d'assurance rationnelle pour une coalition dont la légitimité repose sur le fait d'être le premier gouvernement marocain dirigé par une femme. La troisième est l'échec du filtrage : les documents qui ont fait tomber Khayr dataient de 2004 et étaient déjà dans le domaine public ; qu'ils n'aient surgi qu'après la nomination interroge le contrôle préalable.
Ce qui frappe, c'est la chorégraphie. Le communiqué du Cabinet royal est laconique — aucune raison, aucun successeur nommé. La déclaration du porte-parole, quelques heures plus tard, fournit le cadrage politique : urgence, évaluation conjointe, recentrage sur le programme. Cette séquence en deux temps — l'acte souverain, puis l'explication gouvernementale — est un rythme institutionnel marocain bien rodé : la monarchie fournit la forme constitutionnelle, l'exécutif élu fournit la substance politique. El Mansouri en sort avec une autorité renforcée plutôt qu'écornée : c'était sa demande. L'agenda intérieur du Royaume — de l'éradication du travail des enfants à la Coupe du monde 2030 — ne peut se permettre un lancement distrait, et le message du week-end à chaque ministre du cabinet de 32 membres était sans équivoque.
La question immédiate est la succession. Le portefeuille de la formation professionnelle et de la qualification — rattaché à l'Éducation nationale sous Nabil Benabdallah — se retrouve sans titulaire 48 heures après la naissance du gouvernement, dans un pays où le chômage des jeunes et l'inadéquation des compétences figurent parmi les priorités déclarées de l'exécutif. Il faudra trouver un remplaçant rapidement, et le filtrage qui a failli une fois sera surveillé deux fois.
Le deuxième effet concerne l'Istiqlal. Le parti a sacrifié une présidence de groupe parlementaire et un siège pour cette nomination, et n'en a retiré que 48 heures de gouvernement. Son acceptation publique de la décision suggère que la compensation — peut-être dans les nominations déléguées à venir ou dans l'espace politique — a été réglée en privé. Sinon, la blessure pourrait se rouvrir pendant le débat d'investiture.
Le troisième est le précédent. El Mansouri vient de démontrer, dès son premier week-end, qu'elle demandera au Souverain de retirer un ministre plutôt que d'absorber une polémique. Chaque ministre du cabinet de 32 membres — et chaque parti de la coalition — en a pris note.
El Mansouri présente son programme gouvernemental devant les deux chambres du Parlement lundi 19 octobre — l'étape constitutionnelle qui précède le vote d'investiture. L'épisode Khayr planera sur cette présentation : l'opposition interrogera le filtrage ; la majorité invoquera la réactivité. Un successeur au portefeuille de la formation professionnelle devra être nommé, et l'équilibre interne de la coalition — quel parti fournit le remplaçant — sera le premier vrai test du pacte à quatre conclu après les élections du 23 septembre. Au-delà de la semaine, la crédibilité du gouvernement se mesurera à son programme : pouvoir d'achat, intégration des jeunes et la route des 20 milliards de dollars vers la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.
Les agences occidentales n'ont pas encore repris l'histoire — Reuters, AP et AFP n'ont publié aucun article sur Khayr ce cycle — mais leur couverture de la transition fournit le cadre. Le Monde (17 oct.) lisait le nouveau gouvernement comme une continuité dans les portefeuilles souverains et un renouvellement dans les portefeuilles économiques, avec Fouzi Lekjaa aux finances et un nouveau ministère de l'intelligence artificielle confié à Ahmed Rahhou. Dans cette lecture occidentale, la démission de Khayr s'inscrit dans un schéma : une Première ministre qui protège un lancement soigneusement calibré.
Aucun média oriental — Xinhua, NHK, Kyodo, CNA, The Hindu — n'a rapporté cette démission à ce stade. Cette absence est en soi informative : dans l'environnement informationnel oriental, la sortie en 48 heures d'une ministre d'un royaume partenaire relève de la gestion du personnel intérieur, et non d'un signal géopolitique. Si elle était couverte, la lecture orientale insisterait presque certainement sur la non-ingérence et le fonctionnement ordonné des mécanismes constitutionnels — le cadre exact que le communiqué laconique du Cabinet royal a été rédigé pour soutenir.
L'environnement informationnel marocain a porté l'histoire de bout en bout, en français et en arabe, en quelques heures. Le Desk a reconstitué le parcours de Khayr et les documents de 2004 ; Challenge.ma a publié le communiqué du Cabinet royal in extenso ; LeNew.ma et The North Africa Post ont relayé le cadrage « urgent » du porte-parole ; Walaw et AkalPress, en anglais, ont porté la nouvelle à la diaspora. La lecture intérieure dominante est institutionnelle : un gouvernement qui agit vite pour protéger son programme, une coalition qui absorbe la perte, et un souverain qui arbitre dans les bornes constitutionnelles.
Le 18 octobre 2026, le roi Mohammed VI a mis fin à ses fonctions de ministre déléguée chargée de la formation professionnelle, à la demande de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri (article 47 de la Constitution). Le Cabinet royal n'a donné aucune raison. Le porte-parole Samir Belfkih a indiqué que la coalition avait procédé à une évaluation conjointe « urgente » après la circulation d'informations personnelles concernant Khayr, pour recentrer le débat sur le programme du gouvernement.
L'article 47 de la Constitution de 2011 encadre les nominations et les démissions ministérielles. Il permet au Roi de mettre fin aux fonctions d'un ministre de sa propre initiative après consultation du chef du gouvernement — et permet au chef du gouvernement de demander au Roi de mettre fin aux fonctions d'un ministre. Dans le cas de Khayr, c'est la seconde voie qui a été utilisée : la demande est venue d'El Mansouri, la décision du Souverain.
Députée du parti de l'Istiqlal élue à Béni Mellal, désignée le 8 octobre 2026 présidente du groupe parlementaire de son parti — un poste qu'elle a quitté pour entrer au gouvernement. Titulaire d'un master en commerce international, elle avait auparavant travaillé à l'Office national des aéroports (ONDA) et occupé le poste de secrétaire générale de l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile.
El Mansouri présente son programme gouvernemental devant les deux chambres du Parlement le 19 octobre, avant le vote d'investiture. Un successeur au portefeuille de la formation professionnelle et de la qualification devra être nommé — ce choix testera l'équilibre de la coalition à quatre. La crédibilité du gouvernement se mesurera ensuite à son programme : pouvoir d'achat, intégration des jeunes et préparatifs de la Coupe du monde 2030.