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Édition du matin

Macron et Steinmeier : l'adieu qui verrouille l'Europe

À Bordeaux aujourd'hui, deux dirigeants en fin de parcours organisent leur succession : le couple franco-allemand parie que l'espace et la dissuasion porteront la souveraineté européenne au-delà de leurs mandats.

Le palais du Reichstag à Berlin, siège du Parlement allemand
Le palais du Reichstag à Berlin, siège du Parlement allemand
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Points clés

  • Visite d'État : Frank-Walter Steinmeier était en France les 8 et 9 octobre, première visite d'État en France d'un président fédéral allemand depuis treize ans. Présidence fédérale allemande
  • Journée bordelaise : le 9 octobre, les deux présidents ont visité The Exploration Company (capsule Nyx, contrat de lancement Ariane 6 signé début septembre), ArianeGroup et le Laser Mégajoule. WIT FM / Présidence fédérale allemande
  • Steinmeier à l'Élysée : les Allemands resteront de bons Européens malgré les changements ; l'Allemagne ne réussira que comme une Allemagne européenne, étroitement intégrée dans l'UE. AFP
  • Contexte : l'extrême droite a pris les rênes d'un parlement régional en Saxe-Anhalt, une première depuis 1945 ; Le Pen mène les sondages avant la présidentielle française d'avril. AFP / Reuters
  • Arrière-plan stratégique : l'Allemagne doit participer cette année à un exercice nucléaire conventionnel français ; Macron a invité en mars les partenaires européens à approfondir la coopération sur la dissuasion nucléaire. TBS News / SRN News

Le matin du 8 octobre, sous les honneurs militaires de l'Arc de Triomphe, Emmanuel Macron a accueilli Frank-Walter Steinmeier pour la première visite d'État en France d'un président fédéral allemand depuis treize ans. Une journée de cérémonial à Paris, des entretiens à l'Élysée, un dîner d'État. Puis, ce vendredi, Bordeaux : capsules spatiales, moteurs de fusée et le laser qui simule les essais nucléaires français. Mais sous la chorégraphie se cache une vérité plus dure, que les deux hommes ont dite à voix haute. Arrivés au pouvoir en 2017, ils partiront au printemps 2027, et ils utilisent leurs derniers mois pour verrouiller l'agenda de souveraineté européenne dans des institutions qui leur survivront.

La séquence parisienne de jeudi a suivi toute la grammaire du cérémonial. Après l'accueil à l'Arc de Triomphe et le dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, les deux présidents se sont entretenus à l'Élysée avant une conférence de presse commune à 12h15. Steinmeier a ensuite rencontré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, déambulé dans la capitale, s'est entretenu avec la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, puis avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon. Le soir, les deux couples présidentiels ont visité le Panthéon avant le dîner d'État à l'Élysée, selon le programme publié par la présidence fédérale allemande.

Vendredi appartient au Sud-Ouest. Vers 11 heures, les deux chefs d'État visitent The Exploration Company près de Bordeaux, la start-up franco-allemande qui construit la capsule réutilisable Nyx, destinée à concurrencer les américains SpaceX et Blue Origin dans le fret spatial, et qui a signé début septembre un contrat de lancement avec ArianeGroup pour un vol à bord d'Ariane 6, selon la radio bordelaise WIT FM. Direction ensuite ArianeGroup, le groupe aérospatial européen qui produit notamment des moteurs à propergol solide pour lanceurs civils et militaires. Après une étape à l'hôtel de ville de Bordeaux pour dévoiler une plaque commémorative en l'honneur d'Henri Salmide et un déjeuner offert par le maire Thomas Cazenave, les présidents gagnent le site du Barp pour le Laser Mégajoule, l'installation de recherche qui simule les essais nucléaires et travaille sur la fusion, chargée de garantir la pérennité de la dissuasion nucléaire française depuis l'arrêt définitif des essais en 1996. Retour à Berlin dans la soirée.

Deux dirigeants sur le départ ont installé le mobilier stratégique pour que leurs successeurs aient plus de mal à démonter la pièce.

La symbolique est volontairement lourde. La visite intervient soixante-quinze ans après l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la République fédérale d'Allemagne, et la présidence allemande y voit le message commun que les deux pays restent attachés à une Europe forte, démocratique et souveraine. C'est aussi, selon l'agence allemande dpa, un double adieu : les deux hommes sont arrivés au pouvoir en 2017 et partiront au printemps 2027. Steinmeier a présenté le voyage, avant de quitter Berlin, comme une sorte de visite d'adieu à Macron, qu'il a qualifié d'Européen convaincu et de bon ami.

L'Élysée inscrit la visite dans le prolongement du 26e Conseil des ministres franco-allemand tenu à Brühl les 16 et 17 juillet 2026, et y voit la preuve de la détermination des deux pays à poursuivre leurs engagements stratégiques communs au service de la sécurité de l'Europe et des Européens, tout en soulignant le rôle essentiel des liens entre leurs sociétés pour soutenir leur ambition européenne commune. La chorégraphie dit la continuité. Les discours ont dit quelque chose de plus pressant.

Que se sont réellement promis les deux présidents ?

À la conférence de presse commune à Paris, l'engagement central de Steinmeier était une réassurance. Alors que l'extrême droite allemande vient de prendre les rênes d'un parlement régional en Saxe-Anhalt, une première depuis 1945, le président allemand a lancé à Macron : les Allemands resteront de bons Européens, malgré tous les changements auxquels ils sont confrontés, économiques, politiques et en matière de sécurité. Il a décrit la montée des extrêmes dans les deux pays et la polarisation de leurs sociétés comme une réalité amère et oppressante, qui ne facilite pas l'exercice du pouvoir.

Cet engagement comptait parce que le réarmement allemand inquiète Paris. En France, on redoute un décrochage : une montée en puissance militaire allemande qui se ferait aux dépens de l'autonomie stratégique européenne plutôt qu'à l'intérieur d'elle. Steinmeier a répondu frontalement, martelant que l'Allemagne ne pourra réussir que comme une Allemagne européenne, étroitement intégrée dans l'Union européenne. La veille, lors d'une réception à l'ambassade d'Allemagne le 7 octobre au soir, il avait appelé les deux pays à faire avancer l'Europe ensemble, avertissant que les démocraties européennes sont défiées comme elles ne l'ont pas été depuis la Seconde Guerre mondiale, de l'extérieur comme de l'intérieur, et que la seule réponse est une politique européenne forte et unie pour la défense de la dignité humaine, de la paix, de la liberté et de la démocratie.

Derrière le cérémonial, la substance est le plus dur des pouvoirs : l'espace et la dissuasion. L'Allemagne doit participer cette année à un exercice nucléaire conventionnel français, une première pour des troupes allemandes, et la France s'est engagée à continuer de financer intégralement sa dissuasion nucléaire. En mars, Macron a annoncé une augmentation de l'arsenal nucléaire français et invité les partenaires européens à renforcer la coopération sur la dissuasion, une initiative française à laquelle plusieurs pays ont répondu, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède, le Danemark et la Norvège. La France est le seul État doté de l'arme nucléaire dans l'Union européenne à vingt-sept depuis le Brexit, ce qui donne à Paris une carte unique et à Berlin une raison unique de la garder près de lui. Suivez l'arc plus large du marchandage sécuritaire franco-allemand sur nos pages Allemagne et France.

Pourquoi cette visite compte-t-elle maintenant ?

Parce que le sol politique sous le moteur franco-allemand bouge des deux côtés du Rhin, et que les deux dirigeants savent que leurs successeurs ne sont pas encore désignés. En Allemagne, la percée régionale de l'extrême droite à l'Est est entrée dans les livres d'histoire. En France, Marine Le Pen menait déjà les sondages avant l'élection présidentielle d'avril, et les enquêtes la donnent à l'Élysée si son rival d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon la rejoignait au second tour. À domicile, le gouvernement de Macron est pris en étau entre un mouvement lycéen devenu violent, un objectif de déficit de cinq pour cent du PIB et un rendement de l'obligation à dix ans qui a brièvement franchi cinq pour cent, un plus haut de vingt-quatre ans qui fait regarder Paris par les investisseurs comme on regardait autrefois Athènes.

Le volet défense-industriel raconte la même histoire de tensions. Le programme commun d'avion de chasse de cent milliards de dollars s'est effondré en juin, et les relations entre Macron et le chancelier Friedrich Merz sont marquées depuis des mois par des divergences sur le budget, l'industrie et la défense. Dans ce contexte, la visite d'État ressemble moins à une célébration qu'à un plan de succession : deux dirigeants sur le départ qui installent le mobilier stratégique, exercices communs, coopération spatiale, liens entre sociétés, pour que leurs successeurs aient plus de mal à démonter la pièce. Le couple franco-allemand parle même d'une seule voix sur le commerce : Paris et Berlin ont conjointement appelé l'Europe à renforcer ses défenses commerciales face à la Chine, un tournant que nous avons suivi dans notre analyse de l'arme commerciale franco-allemande.

Le calendrier ajoute la pression. Les dirigeants européens se réunissent au Conseil européen à Bruxelles les 15 et 16 octobre, avec Macron qui rassemble au préalable les dirigeants libéraux de l'UE. Ce que les deux présidents auront posé à Bordeaux sera lu la semaine prochaine par chaque capitale qui décidera de la part de l'agenda de souveraineté qu'elle accepte de financer.

La lecture 5D

Géopolitique et histoire d'abord. Soixante-quinze ans après la reprise des relations diplomatiques en 1951, le couple met en scène la continuité dans les lieux exacts où la souveraineté devient physique : la capsule qui portera le fret européen en orbite sur une fusée européenne, le laser qui permet à la France de moderniser sa dissuasion sans un seul essai réel depuis 1996. Le message, adressé aussi bien à Washington qu'à Moscou, est que le pilier européen de la dissuasion se construit au grand jour, devant les caméras, avec le président allemand aux côtés du français.

Macroéconomie et structure. L'économie sous le cérémonial est industrielle et budgétaire. Le contrat de septembre entre The Exploration Company et ArianeGroup est un pari que l'Europe peut faire émerger sa propre réponse à SpaceX ; les milliards du réarmement allemand en sont le versant demande. Mais la marge de manœuvre française est rétrécie par ses finances publiques : avec des coûts d'emprunt au plus haut depuis des années dans toute la zone euro, Paris a besoin du poids industriel et financier de Berlin pour porter tout agenda de souveraineté qui ne serait pas payé en discours.

Démographie. Troisième focale : la rue. Sociétés polarisées, mouvement de la jeunesse en France, percée régionale de l'extrême droite en Allemagne : le capital politique disponible pour les grands projets européens se rétrécit à domicile au moment où leur justification géopolitique grandit. C'est pourquoi le plaidoyer de Steinmeier, que les Allemands resteront de bons Européens, s'adressait autant aux électeurs de son propre pays qu'à son hôte. Une souveraineté construite par des dirigeants dont les électeurs glissent vers les extrêmes est une souveraineté construite sur une minuterie.

À surveiller

D'abord, le Conseil européen des 15 et 16 octobre : le langage de souveraineté de Bordeaux survivra-t-il au contact de vingt-sept budgets ? Ensuite, la participation allemande annoncée à l'exercice nucléaire français, le test concret de la réalité de la coopération de dissuasion. Puis le contrat entre The Exploration Company et Ariane 6, là où les ambitions spatiales réutilisables de l'Europe rencontrent le manifeste de lancement. Et enfin, la succession : avec les deux présidences qui changent de mains au printemps 2027, la question n'est pas ce que Macron et Steinmeier se sont promis, mais ce que leurs successeurs accepteront de garder.

Prisme occidental

La presse occidentale a lu la visite comme un théâtre de réassurance assumé. La couverture française et allemande a mis en avant le cérémonial, les soixante-quinze ans de réconciliation et l'engagement de Steinmeier que les Allemands resteront de bons Européens, présentant le voyage comme la preuve que le couple franco-allemand fonctionne encore comme stabilisateur de l'Europe. La presse financière, notamment Reuters et Le Monde, a replacé la visite dans la tension budgétaire française et la rue en colère, suggérant que le faste ne cache pas une présidence à court de marge à domicile.

Le commentaire anglo-américain a poussé le scepticisme plus loin, décrivant le sommet comme deux dirigeants sur le départ posant pour l'Histoire pendant que les fractures structurelles, le programme d'avion de chasse effondré, les tensions Macron-Merz, la poussée de l'extrême droite, restent sans réponse. Dans cette lecture, Bordeaux est moins un programme qu'une photographie : utile comme signal aux marchés et aux alliés, mais n'engageant aucun successeur à rien.

Prisme oriental

Aucun média oriental, russe, chinois ou autre, n'a accordé à cette visite d'État une couverture significative que nous ayons pu vérifier, ce qui est en soi un signal : pour Pékin comme pour Moscou, un somet cérémonial franco-allemand passe après la machinerie quotidienne des tarifs, des exercices et des flux d'énergie.

Lus comme analyse, les deux capitales décrypteraient Bordeaux de la même manière. Moscou noterait le fil de la dissuasion, le Laser Mégajoule, le rôle allemand dans un exercice nucléaire français, l'annonce de mars de Macron sur l'arsenal, comme la confirmation que l'Europe construit un pilier nucléaire autonome, et l'intégrerait à sa propre signalisation. Pékin lirait le fil spatial et commercial, la capsule Nyx, l'appel commun franco-allemand à des défenses commerciales renforcées face à la Chine, comme une Europe qui répète son découplage technologique. Ni l'un ni l'autre ne serait surpris ; tous deux traiteraient le cadrage d'adieu comme la preuve que les vraies décisions appartiennent aux successeurs.

Prisme du Sud global

La couverture du Sud, notamment celle du bangladais TBS News, a cadré l'histoire sous l'angle de l'autonomie militaire : des troupes allemandes rejoignant pour la première fois un exercice nucléaire français, la France finançant intégralement sa dissuasion, une Europe cherchant son indépendance à l'égard de la protection américaine. Pour les lecteurs du Sud global, la visite se lit comme une Europe qui s'arme pour un monde où les garanties américaines sont négociables, une évolution suivie avec intérêt dans des capitales qui se demandent depuis longtemps ce que ferait concrètement une Europe stratégiquement autonome.

La lecture du Sud est aussi la plus transactionnelle. Une Europe qui construit ses propres capsules, ses propres fusées et ses propres exercices de dissuasion est une Europe capable d'offrir au Sud des partenariats sans Washington dans la pièce, des services de lancement à la coopération de défense. La question posée au Sud n'est pas de savoir si Macron et Steinmeier sont amis, mais si la souveraineté mise en scène à Bordeaux est à vendre, et à quel prix.

Le consensus

Ce sur quoi nous nous accordons

Les deux présidents ont publiquement présenté la visite comme un réengagement pour une Europe forte, démocratique et souveraine, ancré dans soixante-quinze ans de réconciliation franco-allemande, et tous deux s'accordent à faire de l'espace et de la dissuasion le cœur dur de cet agenda de souveraineté.

Ce sur quoi nous ne nous accordons pas

Les analystes et commentateurs divergent sur la nature de la visite : tournant réel ou adieu cérémonial. La presse française et allemande insiste sur la profondeur de l'amitié ; le commentaire international note les tensions non résolues, du programme d'avion de chasse effondré aux divergences entre Macron et le chancelier Merz, et doute du pouvoir d'engagement de deux dirigeants sur le départ.

Ce que nous savons

Nous savons le programme : les cérémonies parisiennes du 8 octobre, les entretiens à l'Élysée et la conférence de presse commune, les visites bordelaises du 9 octobre à The Exploration Company, ArianeGroup et au Laser Mégajoule. Nous savons les engagements livrés : la réassurance allemande d'une Allemagne européenne et la participation annoncée de l'Allemagne à un exercice nucléaire conventionnel français.

Ce que nous ignorons encore

Nous ne savons pas encore si la coopération de dissuasion annoncée se concrétisera en exercices communs, comment le Conseil européen des 15 et 16 octobre recevra l'agenda de souveraineté, ni si les successeurs des deux dirigeants maintiendront les engagements après les transitions du printemps 2027.

Ce que nous anticipons

Nous nous attendons à ce que l'imagerie de Bordeaux soit recyclée au Conseil européen, à une annonce formelle du rôle allemand dans l'exercice nucléaire français dans les prochains mois, et à ce que le couple franco-allemand continue de parler d'une seule voix sur les défenses commerciales, tandis que le véritable verdict de cet adieu appartiendra aux successeurs.

Questions et réponses

Pourquoi cette visite d'État est-elle qualifiée d'adieu ?

Les deux hommes sont arrivés au pouvoir en 2017 et partiront au printemps 2027, à la fin de la présidence de Macron et du mandat de Steinmeier à la présidence fédérale allemande. Steinmeier lui-même a présenté le voyage comme une visite d'adieu à Macron, qu'il a qualifié d'Européen convaincu et de bon ami. Les successeurs n'étant pas encore connus, la visite est largement lue comme une tentative de verrouiller les engagements communs dans les institutions avant la passation.

Qu'est-ce que le Laser Mégajoule, et pourquoi les deux présidents s'y sont-ils rendus ?

Le Laser Mégajoule, au Barp près de Bordeaux, est l'installation française qui simule les essais nucléaires et travaille sur la fusion. Elle fonde la crédibilité de la dissuasion nucléaire française depuis l'arrêt définitif des essais réels en 1996. Y emmener le président allemand signale à quel point le partenariat franco-allemand de dissuasion a progressé : l'Allemagne, longtemps tenue à distance des affaires nucléaires françaises, est désormais invitée au cœur de la machine.

L'Allemagne participera-t-elle vraiment à un exercice nucléaire français ?

Plusieurs médias, citant des responsables des deux côtés, indiquent que l'Allemagne rejoindra cette année un exercice nucléaire conventionnel français, une première pour des troupes allemandes. Macron a annoncé en mars une augmentation de l'arsenal nucléaire français et invité les partenaires européens à approfondir la coopération sur la dissuasion, suscitant l'intérêt de pays comme le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique. L'annonce formelle du rôle allemand est attendue dans les prochains mois.

Qu'est-ce qui pourrait défaire les engagements de Bordeaux ?

Deux risques dominent. D'abord la politique intérieure : la percée de l'extrême droite en Saxe-Anhalt et l'avance de Le Pen dans les sondages signifient que les successeurs pourraient ne pas partager l'engagement européen actuel. Ensuite la réalité industrielle : l'effondrement en juin du programme commun d'avion de chasse a montré que la coopération franco-allemande peut échouer au niveau des usines. Le Conseil européen des 15 et 16 octobre testera la résistance du langage de souveraineté face à vingt-sept budgets.

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